Lecture en cours : « Tout ou rien », de Varlam Chalamov, l’auteur de « Récits de la Kolyma » (immense livre). Chalamov a passé dix-sept ans au Goulag.
Ce livre présente des notes à propos du sens de l’écriture, la façon d’écrire et en particulier d’écrire de la poésie. C’est toujours intéressant de voir comment un écrivain écrit.
Comme j'aime recopier des passages de livres, j'en ai recopié plusieurs sur un cahier.
En voici quelques uns : « Depuis longtemps j’ai pris l’habitude de noter le vers et la strophe, à peine ont-ils pris corps dans mon cerveau sur le premier objet qui me tombe sous la main : boîte d’allumette, morceau de journal… L’important c’est : tout de suite. Qui sait s’il n’y a pas quelque part dans le cerveau une sorte d’entrepôt pour poésies ébauchées, en voie d’achèvement ou achevées. » (1)
Il avait toujours un crayon et un bout de papier sur lui.
Ce qui comptait pour lui, c’était « l’effet de présence » (2)
Je citerai également ici aujourd'hui deux phrases de la préface, signée Christiane Loré : « L’art est l’instrument du bien. L’œuvre d’art n’est pas seulement un verdict, elle est une résurrection. » (3)
(1) Varlam Chalamov : Tout ou rien, traduit du russe et présenté par Christiane Loré, Collection Slovo, Editions Verdier, 1993, p. 112
(2) Id, p. 13
(3) Id, p. 18
Commentaires
merci de ce partage
bon week-end ( ensoleillé ) à tous et toutes
Bonjour, chère Irène, et merci pour ce commentaire.
Bon dimanche!
J'aime les dictaphones pour cela.... L'instantané...
Mais j'écris aussi sur mon téléphone. Ai créé un groupe WhatsApp avec moi-même pour cela.
Depuis le décès de mon mari, j'écris beaucoup en instantané, la fulgurance des pensées, des émotions, des sentiments. Du manque surtout.
Mais j'ai aussi un cahier ouvert et un crayon toujours prêt à la maison.
Bonne fin de semaine Marie.
Bonjour, chère Jo-Elle, et merci pour ce commentaire. Le dictaphone est vraiment pratique, c'est vrai. Les rares fois où j'oublie mon carnet, j'utilise aussi le téléphone.
Bon dimanche.
L’écriture permet d’échapper au réel, on comprend que cela l’a aidé à survivre. Agréable journée
Bonjour, chère Jauneyris, et merci pour ce commentaire. Je ne partage pas tout à fait votre avis : l'écriture ne permet pas d'échapper au réel, d'après moi ; c'est parce qu'on a échappé au réel qu'on peut écrire.
Bon dimanche.
J’ai aimé cette remarque de Chalamov :
vouloir toujours noter IMMÉDIATEMENT
une pensée, une phrase, une perle de poésie,
glanées dans notre environnement proche
ou plus lointain, contemporain ou venu
du fond des âges .
En m’endormant cette nuit, me trottait dans la tête
une phrase musicale qui me remplissait de joie
et ce matin…impossible de m’en souvenir,
« peccato » comme disent nos cousins italiens !
Il faudra en inventer d’autres, n’est-ce pas, chère Marie ?
Douce fin de semaine sous ces ciels de printemps !
Bonjour, chère Fiorenza, et merci pour ce commentaire.
Cette remarque de Chalamov m'a fait réfléchir car je ne note pas systématiquement, justement, ce que je vois ou ce que je ressens. Je ne crains jamais de perdre ce à quoi j'ai pensé... Je pense que cela reste en moi et que cela reviendra un jour si j'en ai besoin.
Bon dimanche.
"Qui sait s’il n’y a pas quelque part dans le cerveau une sorte d’entrepôt pour poésies ébauchées..." l'idée est plaisante, et de là le "tout de suite", de peur qu'elle s'échappe à nouveau dans les méandres de nos cerveaux.
Avons-nous tous cette sorte d'entrepôt, ignoré ?
Merci, Marie, bonne fin de semaine, fleuri.
Bonjour, chère Colo, et merci pour ce commentaire. Il me semble que nous l'avons tous, cet "entrepôt"...
Bon dimanche.
merci pour ces partages
Bonjour, chère Barbara, et merci pour ce commentaire.
Bon dimanche !
Merci de ce partage, j'ai aussi plein de petits carnets partout au cas ou !
Bonne journée
Bonjour, chère Livia, et merci pour ce commentaire.
Bon dimanche !
Oui, il est certain que si on ne note pas tout de suite, c'est perdu. Parfois même j'avais de magnifiques poèmes ou musiques qui naissaient dans des rêves, et au réveil j'étais désespérée, car je ne pouvais plus les ramener à mon esprit.
Bonjour, chère Mayalila, et merci pour ce commentaire. Parfois, c'est dommage, oui. Mais cela n'incite-t-il pas à retravailler son texte ? rechercher ?
Bonne fin de dimanche.
si tu savais le nombre de "petits papiers" ainsi notés que je conserve précieusement !
amitié .
Bonjour, chère Marie-Claude, et merci pour ce commentaire.
J'aime les "petits papiers" !
Bonne fin de dimanche.
L'art qu'il soit peinture, musique, sculpture, écriture, est une évasion, parfois un moyen de lutter contre les fractures, les siennes et celles du monde.
Bonjour, chère Sedna, et merci pour ce commentaire.
Bonne fin de dimanche.
Dans ma tête j'avais lu chamallow et je me disais: "chouette des bonbons!" C'est vrai que c'est moins poétique!
Mdr je viens d'écrire la même chose
(pourtant je suis pas "bonbon ")
Bonjour, chère Chêne vert, et merci pour ce commentaire.
Bonne fin de dimanche.
j'ai lu Chamallow
C'est grave docteur?
j'avais "lu" Chamallow...ah gourmandise quand tu nous tiens....merci pour cette belle découverte, j'avoue que je ne connais pas du tout cet auteur russe. pour ma part je n'écris pas, je me sens limitée avec les mots, je dessine, tout, tout le temps....bises.celine
Bonjour, chère Céline, et merci pour ce commentaire.
C'est un moyen d'expression aussi, le dessin !
Bonne fin de dimanche.
L'oeuvre d'art n'est pas une marchandise !
Impressionnant il me fait penser à Etty Hillesum.
Bises