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CONTEMPLER / Pages du ciel

  • Les azurs bleus, les azurs verts.

    On aimerait pouvoir, comme les Inuits pour la neige, avoir à sa disposition des centaines de mots pour parler avec précision du bleu du ciel, car il y a bleu et bleu. Le bleu n’est jamais simplement bleu.
    Au-dessus de Bois-Soleil, en haut du raidillon pris sur la gauche après les champs qui ne sont encore que de terre ocre rouge, c’est le bleu du début de février quand c’est le début du jour. C’est bien du bleu, mais si pâle – convalescent peut-être après les jours d’hiver ? On le voit, ce ciel, sur certaines aquarelles de la Sainte Victoire que Cézanne a peintes, allant au motif sur les chemins caillouteux là-bas comme ici de cette Provence aride.
    Quand il est midi et qu’on s’installe sur une large pierre plate pour le contempler, le bleu est alors plus affirmé mais il reste léger. Il n’a pas encore, il est trop tôt dans l’année, l’intensité de l’azur estival.
    L’azur. C’est le ciel. Un ciel bleu azur. Les bleus du ciel sont-ils tous des azurs ? Des azurs … Mais où donc a-t-on déjà vu ce mot azur au pluriel ? …. Ah oui, Rimbaud, dans Le bateau ivre : « Dévorant les azurs verts ».

  • Pages du ciel.

    Le jour se lève.
    Est-ce la saison qui veut que les aubes soient de ce rose-là quand le basculement de la nuit au jour se fait en un fragment de temps ?
    Tout est léger alors dans la nuée.
    C’est beau.
    C’est un instant.
    Les nuages affluent ensuite, certains vivement, d’autres à la traîne. Le plus délicatement possible, ils participent à la fête du renouveau quotidien en posant çà et là quelques impastos afin de rendre ce rose plus brillant que tout.
    C’est encore plus beau.
    C’est juste le temps d’un souffle car le soleil alors se lève et met ses éclats dans les éclats de l’aube.
    Il fait grand jour alors.