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Gourmandise de mots

  • Crime et Châtiment - compagnon


    Relecture de « Crime et Châtiment », de Dostoïevski, dans les deux tomes édités en Folio achetés il y a cinquante ans et déjà relu quatre fois. La traduction est de D. Ergaz. Les pages ont jauni. Certains passages, pour les retrouver plus facilement, sont marqués par des morceaux de fiches Bristol dépassant du livre :
    la lecture de la résurrection de Lazare par Sonia à la demande de Raskolnikov
    la longue conversation entre Porphyre Petrovitch et Raskolnikov au cours de laquelle Porphyre dit à Raskolnikov qu’il sait très bien que c’est lui le meurtrier
    la scène de la dispute entre Amalia Ivanovna et Catherine Ivanovna (quelle splendeur dans l’écriture, l’utilisation magistrale du discours indirect),
    celle où Svridigaïlov enferme Dounia puis la laisse partir...

    D’autres passages sont marqués par des post-it, des soulignements au crayon 3B utilisé depuis toujours pour la lecture ou pour prendre des notes dans les petits carnets, des pages cornées.

    Ces personnages si familiers, Raskolnikov en premier, qui croient donner un sens à leur vie en prenant des décisions terribles qu’ils s'imaginent raisonnables et qu'ils s'évertuent à justifier...
    Sur une fiche Bristol bleue du format du livre, de l’écriture de ma jeunesse, la liste des personnages avec mention de leur rôle dans l’histoire ; des précisions ajoutées au fur et à mesure des relectures, ainsi pour Sonia dont je n’avais pas du tout perçu, à la première lecture (j’étais trop jeune), le rôle essentiel dans le roman : le mot compassion est accolé à son prénom.

    Compagnonnage tout au long d’une vie avec "Crime et Châtiment"…

  • Reiner Kunze

    "Chardon argenté

    S’en tenir
    à la terre

    Ne pas jeter d’ombre
    Sur d’autres

    Etre dans l’ombre des autres
    une clarté" (1)

    Grâce à ma lecture de « Boîter jusqu’au ciel », d’Albert Stricker, j’ai découvert le poète Reiner Kunze. J’ai lu ce poème hier soir, après une après-midi passée auprès de personnes fragiles et esseulées dont certaines ne peuvent déjà plus communiquer.
    J’ai toutefois parfois
    senti une légère pression de mes doigts par leurs doigts,
    remarqué un frémissement à la commissure des lèvres qui pouvait peut-être être un sourire,
    comme l’éclat fugace d’un regard qui regardait mon regard.
    Parce que c’était une force
    une lumière
    un élan
    qui m’étaient offerts,
    je les ai remerciées comme je pouvais moi-même le faire :
    en me penchant vers elles,
    en serrant leur main,
    en leur souriant,
    en plongeant mon regard dans leur regard,
    en allant vers leur lumière à partir de mon ombre.





    (1) Reiner Kunze, Un Jour sur cette terre, Edition Cheyne, 2001, traduction Mireille Gansel, préface d’Emmanuel Terray