Sur le chemin du retour, samedi, je regardais la forêt que nous traversions. Le paysage était vert et serein. Nous n’étions pas si loin de l’abbaye du Thoronet, un lieu que j’aime infiniment et que je visite de temps en temps au hasard de mes allers et venues dans le Var.
La pierre nue de ces bâtisseurs du XII° siècle.
Qui est toujours là.
Et nous aussi nous y sommes restés un long moment.
En rentrant à la maison, j’ai repris ce livre qu’un ami cher m’avait fait connaître alors que j’étais toute jeune : "Les pierres sauvages", de Fernand Pouillon. Au début du livre : « C’est aujourd’hui, après quatre heures de marche que nous sommes arrivés au Thoronet, forêt sereine et grave, verte vallée, étroite et peu profonde, traversée par un ruisseau dont le cours, au lieu-dit, va vers le levant. » (1)
(1) Fernand Pouillon, Les pierres sauvages, Ed. du Seuil, 1964, p. 9
Gourmandise de mots
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Thoronet
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Temps présent et temps passé
Quelques vers de T.S. Eliot pour la journée. J’aime beaucoup ces vers que je relis régulièrement. Je les partage avec vous ce matin avec Joie :
« Le temps présent et le temps passé
Sont tous deux présents peut-être dans le temps futur
Et le temps futur contenu dans le temps passé.
Si tout temps est éternellement présent
Tout temps est irrémissible.
Ce qui aurait pu être une abstraction
Qui ne demeure un perpétuel possible
Que dans un monde de spéculation.
Ce qui aurait pu être et ce qui a été
Tendant vers une seule fin, qui est toujours présente.
Des pas résonnent en écho dans la mémoire
Le long du corridor que nous n’avons pas pris
Vers la porte que nous n’avons jamais ouverte
Sur le jardin de roses. Mes paroles font écho
Ainsi, dans votre esprit. »
(1) T.S. Eliot, Quatre Quatuors, Burnt Norton, in La terre vaine et autres poèmes, traduit de l’anglais par Pierre Leyris, Edition Bilingue, collection dirigée par Alain Mabanckou, Ed. Points Seuil, 1976, p. 161