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la question du lundi

  • La question du lundi. Routo.


    On est en train de lire avec un immense plaisir Ma transhumance, Carnets de routo, d’Antoine de Baeque. Il s’agit d’un carnet de marche : l’auteur a refait la routo, la route de la transhumance d’Arles à Vinabio, marchant parfois ou avec les troupeaux et leurs bergers. Mais marchant. En exergue, une phrase de Giono, abondamment cité dans l’ouvrage : « Ne cherche pas, va ; va devant toi, marche, tout ça c’est sur la route » (1). Plus de 400 km.
    On en parlait dimanche autour d’une table amie et la conversation a tourné autour de la marche. Il y avait là de grands randonneurs qui feraient le routo sans difficulté ; des marcheurs accomplis mais qui désormais évitent les fortes dénivellations et préfèrent les petites balades. Et de ces nouveaux marcheurs qui ont appris durant le confinement à aller chercher le pain à pied, par exemple, parce que cela les faisait sortir, puis qui ont fait le tour de leur quartier. Un petit tour, deux petits tours, et maintenant souvent des petits tours, de plus en plus de grands tours.

    D’où la question du lundi : depuis le confinement, habitués de la marche ou pas, marchez-vous plus qu’avant ?



    (1) Jean Giono, L’eau vive, Gallimard, 1943, in Antoine de Baeque, Ma transhumance, Carnets de routo, Arthaud, 2019.

  • La question du lundi. Contempler.


    Il est parfois difficile de résister à l’appel du faire. Dans notre monde connecté, l’incitation à l’activité, voire l’activisme, est constante, que ce soit pour les grands ou pour les petits. Dans la semaine, les journées sont denses ; le samedi et le dimanche, si on ne travaille pas, on cherche parfois quoi faire après avoir fait les courses, fait du sport, fait du ménage… Le lundi, au bureau, on entendra parfois la question : alors, qu’est-ce que vous avez fait ce week-end ?
    Face à cela, la tentation serait grande de répondre : rien. Mais il pourrait y avoir une autre possibilité, que ce soit pour les jours chômés ou les autres : pourquoi ne pas regarder autour de soi. S’asseoir, regarder. Déjà, regarder… Les gens avec qui on vit, l’endroit où on vit… Puis, porter le regard un peu plus loin, l’ouvrir à l’horizon, et pousser jusqu’à la contemplation.

    D’où la question du lundi : aujourd’hui, qu’allez-vous contempler ?