Vers Evenos, le parfum de la marjolaine que les pas frôlent le long du chemin.
Cela sent si bon dans cette mi-ombre que l’envie point de rester là.
D’autres sentiers, pourtant, attendent avec leurs propres trésors : ils seront heureux aussi d’être visités et d’offrir leur propre beauté et leurs propres senteurs.
Et oui : en les foulant,
des papillons blancs volettent çà et là et c’est beau quand ils se détachent sur les flancs verts de la Colline qui mènent le regard jusqu’à la mer
cela sent le pin, la figue et l’olivier,
le bogue tombé au sol, légèrement acidulé ;
parfums du vert.
Et le marron ramassé mis dans la poche a dans son brillant le parfum de l’enfance dans la Colline qui fut toujours verte.
Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour
-
Parfums du vert
-
Qui marche à ton côté
En marchant à la fin du jour, sentiment de plénitude.
Quelques vers de T.S. Eliot reviennent en mémoire :
« - Quel est donc ce troisième qui marche à ton côté ?
Lorsque je compte il n’y a que nous deux
Mais lorsque je regarde au loin la route blanche
Il y a toujours un autre qui glisse à ton côté
Enveloppé d’un manteau brun, le chef voilé
Je ne sais pas si c’est un homme ou une femme
- Qui est-ce donc qui marche à ton côté ? »
(1) T.S. Eliot, La Terre vaine, traduit de l’anglais par Pierre Leyris, Ed. du Seuil, 1969, p. 85