Chalamov, tout au long de sa vie, lecteur…
Bibliothèques fréquentées de son enfance à son arrestation et son départ pour la Kolyma (1) :
Enfant, la première bibliothèque ouvrière de sa ville natale, Vologda, ouverte dans une ancienne prison, en 1917. Il y fait si froid l’hiver que les « livres aux reliures dorées » sont « recouvertes de givre » ; « les rayonnages fléchissaient sous le poids des bouquins aux reliures scintillantes ornées d’arabesques compliquées : les œuvres complètes d’Alexandre Dumas, de Fenimore-Cooper… Que de merveilles ! » (2).
Il y a aussi la bibliothèque municipale, où on emprunte un livre après avoir l’avoir demandé « en se référant à des fiches » (3).
Puis, à Moscou, alors que Chalamov s’y installe en 1923, la bibliothèque Lénine, où il va pour étudier.
Une autre, à Moscou toujours « dans laquelle j’ai lu pendant treize années d’affilée. (…) J’ai grandi dans cette bibliothèque. » (4)
Depuis cette lecture, je repense à toutes les bibliothèques fréquentées quand j’étais jeune moi-même
Celle constituée d'un unique rayonnage au fond de la salle de classe dans mon école,
celle de ma ville natale installée dans une grande maison bourgeoise de plusieurs étages dont le parquet grinçait sous chaque pas,
celle du CDI de mon lycée où il ne fallait pas faire le moindre bruit,
celle de Beaubourg à Paris et une autre dans le XVI° arrondissement dont je sortais les bras lourdement chargés.
(1) La Kolyma : Région extrême-orientale de la Russie (Sibérie) où se trouvaient les camps de travail (le Goulag)
(2) Chalamov, Mes Bibliothèques, traduit du russe par Sophie Bénech, Ed. Interférences, 1992, p. 12
(3) id, p. 14
(4) p. 16
Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour
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Chalamov : Mes bibliothèques. 2
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Fragilité/Force : réponses aux commentaires
Chers amis,
Merci pour vos commentaires sur la note « Fragilité/force ».
A demain pour une nouvelle publication.
Bon début de week end.
@Barbara : Oui, c’est pareil.
@Céline : C’est vrai que c’est magique de la voir. Quand je l’ai reçue, déjà, j’ai été éblouie. Et chaque matin, je me réjouis de la voir encore là. Elle vit sa vie tranquillement.
@Colo : La vie est ainsi faite de force et de fragilité. Mais l’adversité peut-elle démolir définitivement ou bien avons-nous toujours quelque part quelque chose qui va reprendre vie ?
@Jauneyris : Quel rappel ! Mais oui !
@Elisabeth : Merci !
@Claudeleloire : On pense parfois que les puissants sont les plus forts. Dans un certain sens, oui. Mais leur puissance est-elle au service de la vraie vie, soit, de la poésie ?
@Irène : Merci !
@Livia : C’est tout un ensemble. Des éléments qu’on ne peut pas séparer les uns des autres.
@Zoé : C’est ravissant. Bien sûr, elle était plus belle à son arrivée. Mais je la laisse vivre tranquillement, s’effacer tranquillement. J’aime beaucoup le mot « opiniâtre ».
@Sedna : Comme le roseau.
@Chêne vert : Sa fabrication reste un mystère merveilleux pour moi. Je ne l’entretiens pas du tout : je la laisse à l’air libre, libre elle-même.
@Mayalila : Les incendies sont dans le centre-Var, hélas. Terribles. Pour l’instant, chez moi, tout va bien. Merci.
@Tania : C’est très symbolique, ce fil. Il est si fin et pourtant si solide.
@Cardamone : Je l’espère, cette descendance. Elle sera peut-être là au prochain printemps.
@Piro : Il ne s’agit pas d’une couronne, mais d’une guirlande. Et elle est encore là alors qu’effectivement, on a tous pu jouer avec les akènes en soufflant dessus quand nous étions enfants. Elle m’amène sa force, d’une certaine façon.
@Ecureuil bleu : Ravissante. Très délicate.
@Béa Kimcat : Elle me comble à chaque regard porté sur elle. C’est une Joie.