Quel régal de relire Don Quichotte ! Je suis tout à la fois plongée dans l’histoire et en même temps cette histoire me ramène au monde puisqu’il y a là de la vie et, finalement, beaucoup, beaucoup d’humanité.
Ainsi d’un de mes passages préférés du tome 1, dans le chapitre XVIII, quand « don Quichotte vit au loin un épais nuage de poussière qui s’avançait vers eux » et qu’il voit comme « une armée innombrable (…) composée de gens de toutes les nations » (1).
Et le voilà à raconter à Sancho ce qu’il en est : l’armée est commandée par l’illustre Alifanfaron, empereur de la grande île de Taprobane ; face à lui, son ennemi, Pentapolin à la Manche Retroussée ; il y a là aussi un chevalier aux armes dorées, Laurcalco, seigneur du Pont-d’Argent, le grand-duc de Quirocie, le chevalier Brandabarbaran de Boliche, seigneur des trois Arabies, et Timonel de Carcassonne, …
On entend aussi « le hennissement des chevaux, la sonnerie des clairons, le roulement des tambours » (2)
Sancho l’écoute. Il y croit un instant, d’ailleurs, à ce qu’il y a là une formidable armée.
C’est comme quand on raconte une histoire à un enfant.
Et puis Sancho arrête de rêver et ramène le grand don Quichotte à la réalité.
Mais n’est-on pas bien quand on lit de belles histoires de batailles, d’amour, de chevaliers allant sauver la veuve et l’orphelin ?
Lire, c’est quand même chouette.
(1) Cervantès : L'ingénieux hidalgo, Don Quichotte de la Manche, Ed. Seuil, 1997, Préface de Jean-Claude Chevalier, Traduction d'Aline Schulman, p. 162
(2) id
Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour
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Don Quichotte. 2. Comme quand on raconte une histoire à un enfant
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Soutien : Réponses aux commentaires
Merci pour vos commentaires sur la note Soutien.
Comme vous avez pu le remarquer, je réponds désormais aux commentaires sous la forme d’une publication en raison des dysfonctionnements qui ne permettent presque plus des réponses au coup par coup.
Bon jeudi !
@Irène : C’est merveilleux de pouvoir faire cela. Une leçon pour tous.
@Christine : Merci pour ce témoignage très fort et très attendrissant. J’ai vécu cela aussi quand j’ai perdu mes parents. J’étais comme portée.
@Odile : C’est exactement ce que je ressentais aussi quand je faisais partie de l’équipe de funérailles d’une paroisse où j’étais alors. Donner, mais recevoir au centuple…
@Bon Ap chez Mamounette : Il n’y a aucun geste de gentillesse qui soit inutile.
@Fiorenza : Je l’espère ! Je n’ai pas toujours conscience de semer des petits cailloux, mais vous m’y faites réfléchir. Et j’aime beaucoup ce mot « fraternité ». Je suis heureuse de le voir là, sur cette page du blog.
@Sedna : C’est très gentil. Mais que serait ce blog sans vous et les autres lecteurs et lectrices qui y viennent avec tant de fidélité ?
@Livia : C’est merveilleux d’être tourné vers les autres.
@Chêne vert : Dans les deux sens, oui ! En fait, quand on est gentil, ça va déjà beaucoup mieux.
@Jauneyris : Maintenant on parle plus souvent des aidants : on reconnait leur rôle, qui n’est pas toujours facile.
@Mayalila : C’est la base de la vie, il me semble.
@Véronique : Les mains se tendent, les mains s’étreignent… L’humanité est là.
@Elisabeth : On ne peut se contenter de rester seul dans son coin, c’est vrai.
@Pétronille : Qui le sait ? Il y a quelque chose qui se passe. Et c’est l’étonnement.
@Tania : Toute vie est dans l’échange.
@Zoé : Oui. Et nous avons tous besoin de réconfort, quelles que soient nos vies, nos croyances, nos âges.
@Andrée : C’est parce que j’aime bien faire cela.
@Pahi : Un sourire, pour moi, c’est le minimum qu’on puisse faire. Dans ce monde où tant de personnes sont isolées et laissées pour compte, cela redonne de l’humanité que de regarder quelqu’un et de lui sourire.