Marcher le long de la mer d’un gris d’acier un jour de tempête.
Les crêtes des vagues sont aigues comme des couperets :
juste le temps de l’orage
les mouettes les survolent mais ne s’en approchent pas
les bateaux sont bien tous rangés dans la Rade
et les poissons sont à l’abri tout au fond de l’eau, loin du grondement du ressac.
Juste le temps de l’orage car
après la pluie, il y aura le beau temps, c’est certain,
comme après les mimosas ce seront les amandiers qui fleuriront
et bouleverseront les cœurs comme une autre tempête.
Il y a toujours des tempêtes.
Bonheur du jour
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Jour de tempête
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BWV 1178 et 1179
C’est ce qui distingue l’être humain de la machine : la capacité
d’être surpris
de s’émerveiller
d’éprouver de la joie.
C’est ce que j’ai ressenti en apprenant la découverte de deux œuvres de Bach désormais classifiées BWV 1178 et 1179.
Bach est émerveillant, bien sûr, et encore plus quand on peut accéder à des œuvres écrites
quand il avait 20 ans
dont on ne soupçonnait pas l’existence :
un trésor.
Les partitions retrouvées sont de la main d’un de ses élèves qui avait le rôle de copiste : c’est cette écriture qui a fini par en permettre l’authentification formelle.
Une époque où tout se faisait à la main.
L’émerveillement se poursuit quand on peut écouter ces deux chaconnes jouées par des musiciens si heureux de le faire et pour eux-mêmes et pour ceux qui les écouteront.
La Joie aussi signale l’Homme.