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Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour

  • Ce qui est vivre


    Ce qui est vivre fait battre le cœur
    frissonner de joie
    arrondir les joues d’un sourire
    ressentir une émotion.
    Et d’ailleurs, l’émotion, on peut
    la parler
    l’exprimer d’un regard
    d’un geste
    ou
    si elle ne peut se traduire en mot
    la signaler par un souffle un peu plus court
    des mains qui se joignent
    ou cette façon qu’ont certains personnages peints sur certaines icônes,
    de pencher imperceptiblement un visage qui reste impassible mais ne dit pas rien.

    Chaque jour vivons,
    faisons vivre
    allons chercher au plus profond des êtres
    cet espace intact du possible frémissement
    et offrons-lui la possibilité d’être.

  • Choisir d’être à contre-courant


    Le silence et la solitude (choisie), je trouve que cela vaut de l’or à notre époque, d’autant que j’ai eu du mal à arriver à vivre comme je le souhaitais.
    J’y pensais alors que je faisais le tour de la presqu’île du Gaou et que je marchais ensuite vers le Mont Salva, mon sac sur le dos dans lequel j’avais glissé les poésies de T.S. Eliot que j’ai pris un moment pour lire, assise au pied d’un arbre.
    Bien que ce soit une joie pour moi de vivre ainsi dans un grand silence intérieur, je reconnais que ce n’est pas toujours facile d’être à contre-courant.
    Ainsi du texte que j’ai écrit durant vingt ans, qui est en train d’être préparé pour devenir livre, et qui sera seul aussi. Il lui faudra du courage à lui aussi pour trouver son chemin.
    Au moins, pour cela aussi, il me ressemblera.