Le silence et la solitude (choisie), je trouve que cela vaut de l’or à notre époque, d’autant que j’ai eu du mal à arriver à vivre comme je le souhaitais.
J’y pensais alors que je faisais le tour de la presqu’île du Gaou et que je marchais ensuite vers le Mont Salva, mon sac sur le dos dans lequel j’avais glissé les poésies de T.S. Eliot que j’ai pris un moment pour lire, assise au pied d’un arbre.
Bien que ce soit une joie pour moi de vivre ainsi dans un grand silence intérieur, je reconnais que ce n’est pas toujours facile d’être à contre-courant.
Ainsi du texte que j’ai écrit durant vingt ans, qui est en train d’être préparé pour devenir livre, et qui sera seul aussi. Il lui faudra du courage à lui aussi pour trouver son chemin.
Au moins, pour cela aussi, il me ressemblera.
Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour
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Choisir d’être à contre-courant
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Ne vient qu’une fois
La fraîcheur de la fin de la nuit.
L’aube qui point derrière la colline puis allume le jour en rose avant de laisser la part belle au bleu.
Et c’est alors qu’il y a de la rosée sur les herbes,
que le ressac se fait son sur le bord de la mer,
et que le rouge-queue, réveillé, rappelle que le faîte du toit est son chez lui.
Oui, voilà, c’est le matin,
celui dont Emily Dickinson disait qu’il « ne vient qu’une fois ». (1)
Oui encore :
demain, fraîcheur de la fin de la nuit, aube qui point derrière la colline, rosée sur les herbes, ressac sur le bord de la mer, rouge-queue,
et puis… quoi d’autre ? Autre chose. Ce sera un autre matin qui ne sera qu'une fois.
(1) Emily Dickinson, Quatrains et autres poèmes brefs, NRF Poésie Gallimard, 2000, p. 197