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Bonheur du jour

  • Suggestion pour les « lecteurs » chinois


    Je n’ai pas l’impression que les « lecteurs » de Chengdu ou d’autres villes de Chine aient lu cette note-ci, publiée en 2016. Je la remets en me disant que cela nourrirait peut-être une IA affamée de poésie ?

    Vendredi 23 décembre 2016.
    Passer d’un ciel à l’autre.

    Passer d’un ciel à l’autre : du ciel de l’instant présent, celui qui nous enchante depuis plusieurs décennies maintenant ; à celui-là qui inspire tous les autres.
    On le reconnaît d’emblée car il est unique par la forme de ses nuages au-dessus des montagnes et par les teintes anthracites qui signalent l’avancée du jour.
    Ici aussi, mer et ciel se mêlent : c’est un même monde.
    On sait comment cela sera : le matin gris ; l’émergence de nappes ensoleillées ; le bourgeonnement des nuages aussi joufflus que les vagues en rouleaux ; l’étirement du ciel qui se fatigue puisque le jour s’avance et que bientôt il fera nuit noire, non, nuit Bleu de Prusse.
    Et on notera dans le petit carnet des pages et des pages de ciel, sans oublier l’horizon. Ici, on a toujours aimé regarder le lointain.


  • Miel, lumière et rameaux bénits


    Au marché de La Seyne, Papoter un bon moment avec l’apicultrice qui y vient chaque semaine à propos de son miel de bruyère ou, pour être plus précise, du miel de bruyères des abeilles. Il n’y en a pas pour l’instant : ces dames sont en train de butiner la bruyère. Alors, nous attendrons le courant du mois de mai.

    Lumière magnifique du grand jour du Sud quand le Mistral souffle si fort qu’on pourrait soi-même, si on ne s’accrochait pas au grillage de la maison au moment d’aller chercher le courrier, ployer comme les houppiers des pins ou tourbillonner comme les feuilles.

    Rapporter de la messe des Rameaux des rameaux bénits
    pour la maison – on fera brûler les anciens
    pour celles et ceux qui, ne pouvant se déplacer, en ont demandé.