Lecture en cours : « Tout ou rien », de Varlam Chalamov, l’auteur de « Récits de la Kolyma » (immense livre). Chalamov a passé dix-sept ans au Goulag.
Ce livre présente des notes à propos du sens de l’écriture, la façon d’écrire et en particulier d’écrire de la poésie. C’est toujours intéressant de voir comment un écrivain écrit.
Comme j'aime recopier des passages de livres, j'en ai recopié plusieurs sur un cahier.
En voici quelques uns : « Depuis longtemps j’ai pris l’habitude de noter le vers et la strophe, à peine ont-ils pris corps dans mon cerveau sur le premier objet qui me tombe sous la main : boîte d’allumette, morceau de journal… L’important c’est : tout de suite. Qui sait s’il n’y a pas quelque part dans le cerveau une sorte d’entrepôt pour poésies ébauchées, en voie d’achèvement ou achevées. » (1)
Il avait toujours un crayon et un bout de papier sur lui.
Ce qui comptait pour lui, c’était « l’effet de présence » (2)
Je citerai également ici aujourd'hui deux phrases de la préface, signée Christiane Loré : « L’art est l’instrument du bien. L’œuvre d’art n’est pas seulement un verdict, elle est une résurrection. » (3)
(1) Varlam Chalamov : Tout ou rien, traduit du russe et présenté par Christiane Loré, Collection Slovo, Editions Verdier, 1993, p. 112
(2) Id, p. 13
(3) Id, p. 18
Bonheur du jour
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Chalamov
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Universel
Beaucoup d’émotion lors du dernier concert de l’association Operaria de La Seyne sur mer, ce dimanche.
Les artistes ont donné une représentation magnifique par sa qualité mais aussi par son professionnalisme : quelle générosité d’offrir ainsi tout son talent au public, pour qu’il soit heureux, que son âme s’envole vers la beauté le temps du récital !
Et tout ceci était d’autant plus émouvant qu’ils s’agissaient pour la plupart d’artistes exilés de leur pays en raison de la guerre.
Quelle force de rester digne, debout, souriant, déterminé à poursuivre son art, la musique dont le langage est universel.
Il nous arrive parfois de nous plaindre de nos petits bobos… C’est donc important de rencontrer des personnes qui ne se plaignent pas et qui continuent à être ce qu’ils sont en dépit du fait que d’autres voudraient qu’ils cessent de l’être.
Si vous êtes curieux, allez donc écouter en particulier la soprano, Odetta Imperialie et le saxophoniste, Danilo Dovbysh. Le site de l'association Pax Musica les présente.