De mémoire, ce matin, ce poème de Verlaine appris il y a longtemps.
Mais je ne me souviens plus :
« blessent » ou « bercent » ?
Tant pis, les deux me vont bien que je préfère "bercent", bien sûr.
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent (bercent ?) mon cœur
D’une langueur monotone.
Tout suffocant et blême
Quand sonne l’heure
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure.
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte,
Deçà, delà,
Pareil à la feuille morte. (1)
(1) Paul Verlaine, Poèmes saturniens
Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour
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De mémoire
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Thoronet
Sur le chemin du retour, samedi, je regardais la forêt que nous traversions. Le paysage était vert et serein. Nous n’étions pas si loin de l’abbaye du Thoronet, un lieu que j’aime infiniment et que je visite de temps en temps au hasard de mes allers et venues dans le Var.
La pierre nue de ces bâtisseurs du XII° siècle.
Qui est toujours là.
Et nous aussi nous y sommes restés un long moment.
En rentrant à la maison, j’ai repris ce livre qu’un ami cher m’avait fait connaître alors que j’étais toute jeune : "Les pierres sauvages", de Fernand Pouillon. Au début du livre : « C’est aujourd’hui, après quatre heures de marche que nous sommes arrivés au Thoronet, forêt sereine et grave, verte vallée, étroite et peu profonde, traversée par un ruisseau dont le cours, au lieu-dit, va vers le levant. » (1)
(1) Fernand Pouillon, Les pierres sauvages, Ed. du Seuil, 1964, p. 9