Je viens de lire d’une traite, puis relu une première fois puis une deuxième fois, « Mes Bibliothèques », de Chalamov.
C’est un court texte d’une cinquantaine de pages, publié aux éditions Interférences.
Un hommage aux livres.
Où qu’on soit, il peut y avoir des livres. Un livre. Deux. Quelques-uns.
Ces lieux qui sont des bibliothèques, quand on n’a soi-même aucun livre
parce qu’on est pauvre
parce qu’on est prisonnier
parce qu’on vit dans un lieu éloigné de tout.
Chalamov était pauvre.
Il fut prisonnier des décennies.
Libéré, il dut vivre loin de tout.
C’est ce à quoi j’ai pensé tout d’abord en lisant ce texte : à savoir que même quand il n’y a qu’un seul livre, il peut être une bibliothèque à lui tout seul pour celui que ce seul livre rejoint et accompagne. « Les livres sont ce que nous avons de meilleur en cette vie, ils sont notre immortalité ». (1)
(1) Chalamov, Mes Bibliothèques, traduit du russe par Sophie Bénech, Ed. Interférences, 1992, p. 53