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chalamov - Page 2

  • Chalamov : Mes Bibliothèques

    Je viens de lire d’une traite, puis relu une première fois puis une deuxième fois, « Mes Bibliothèques », de Chalamov.
    C’est un court texte d’une cinquantaine de pages, publié aux éditions Interférences.
    Un hommage aux livres.
    Où qu’on soit, il peut y avoir des livres. Un livre. Deux. Quelques-uns.
    Ces lieux qui sont des bibliothèques, quand on n’a soi-même aucun livre
    parce qu’on est pauvre
    parce qu’on est prisonnier
    parce qu’on vit dans un lieu éloigné de tout.
    Chalamov était pauvre.
    Il fut prisonnier des décennies.
    Libéré, il dut vivre loin de tout.
    C’est ce à quoi j’ai pensé tout d’abord en lisant ce texte : à savoir que même quand il n’y a qu’un seul livre, il peut être une bibliothèque à lui tout seul pour celui que ce seul livre rejoint et accompagne. « Les livres sont ce que nous avons de meilleur en cette vie, ils sont notre immortalité ». (1)



    (1) Chalamov, Mes Bibliothèques, traduit du russe par Sophie Bénech, Ed. Interférences, 1992, p. 53

  • Chalamov


    Lecture en cours : « Tout ou rien », de Varlam Chalamov, l’auteur de « Récits de la Kolyma » (immense livre). Chalamov a passé dix-sept ans au Goulag.
    Ce livre présente des notes à propos du sens de l’écriture, la façon d’écrire et en particulier d’écrire de la poésie. C’est toujours intéressant de voir comment un écrivain écrit.
    Comme j'aime recopier des passages de livres, j'en ai recopié plusieurs sur un cahier.
    En voici quelques uns : « Depuis longtemps j’ai pris l’habitude de noter le vers et la strophe, à peine ont-ils pris corps dans mon cerveau sur le premier objet qui me tombe sous la main : boîte d’allumette, morceau de journal… L’important c’est : tout de suite. Qui sait s’il n’y a pas quelque part dans le cerveau une sorte d’entrepôt pour poésies ébauchées, en voie d’achèvement ou achevées. » (1)
    Il avait toujours un crayon et un bout de papier sur lui.
    Ce qui comptait pour lui, c’était « l’effet de présence » (2)
    Je citerai également ici aujourd'hui deux phrases de la préface, signée Christiane Loré : « L’art est l’instrument du bien. L’œuvre d’art n’est pas seulement un verdict, elle est une résurrection. » (3)



    (1) Varlam Chalamov : Tout ou rien, traduit du russe et présenté par Christiane Loré, Collection Slovo, Editions Verdier, 1993, p. 112
    (2) Id, p. 13
    (3) Id, p. 18