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écrire des lettres

  • D’autres petites joies


    Bonjour aux lecteurs indonésiens de Miri ainsi qu’aux Singapouriens qui se sont intéressés à une note de 2016, « La coccinelle sur l’hibiscus ». Les Chinois sont toujours aussi réguliers.


    avoir écrit une lettre par jour la semaine dernière
    avoir participé samedi matin au Café-lectures de la Médiathèque du Clos-Saint-Louis
    avoir écouté dans le bus le gazouillis d’un bébé qui a progressivement fait taire toutes les conversations, se poser tous les téléphones et modelé des sourires tendres sur toutes les lèvres
    avoir commencé à installer le coin des simples sur la terrasse : pour l’instant, basilic et ciboulette, d’autant que j’ai des fournisseurs privés pour la sauge et la verveine ; pour le thym et le romarin, il y a la colline.

  • Partage de quelques lignes de Jón Kalman Stefànsson.


    Juste un petit extrait d’un roman de Jón Kalman Stefànsson, Lumière d’été, puis vient la nuit qui fait réfléchir sur le sentiment qu'on éprouve parfois dans notre monde actuel à savoir qu'on vit dans de l'impalpable, que tout est vide :
    « Car il se trouve encore des gens qui s’attellent à écrire des lettres. Nous entendons par là à l’ancienne mode, ils couchent les mots sur le papier, ou les écrivent sur le clavier de leur ordinateur puis les impriment, glissent la feuille dans une enveloppe qu’ils portent au bureau de poste, et que le destinataire reçoit au mieux le lendemain, mais bien souvent beaucoup plus tard. N’est-ce pas là s’accrocher à un monde disparu, une forme de passéisme, une tentative de rallumer des braises depuis longtemps éteintes ? Nous sommes habitués à la vitesse, on écrit les mots sur le clavier, on presse une touche et leur destinataire les reçoit aussitôt. C’est ce que nous nommons réactivité. Dans ce cas, pourquoi prendre la peine d’expédier une lettre par voie postale, une telle lenteur met notre patience à rude épreuve – autrement dit : pourquoi aller quelque part en charrette à cheval alors qu’on dispose d’un bolide ? Les mots stockés dans les ordinateurs sont condamnés à sombrer dans le néant, claquemurés dans des logiciels obsolètes, définitivement perdus quand la machine plante, nos pensées et nos réactions disparaissent. (…) Les messages que nous échangeons par ordinateur auront disparu d’ici à quelques années et la pensée, le sentiment que nous sommes en train de rompre le lien nous obsède, ce fil qui part de notre personne plonge désormais dans le néant, nous créons un vide qui jamais ne se comblera. » (pp. 28/29)