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fleurs - Page 2

  • Un point sur les fleurs.

    En ce début d’été, il est temps de faire un point sur les fleurs.
    Les bougainvillées. En pleine floraison. Les violets sont les plus répandus et les plus envahissants : rustiques, ils sont robustes. Ceux-là ne se contentent pas seulement de franchir les haies, il arrive qu’ils recouvrent quasiment des façades entières. Et c’est beau. Vraiment beau. Leurs fleurs sont froissées et rappellent le papier crépon qu’on prenait, jadis, pour les guirlandes des jours de fête.
    Les agapanthes. Elles ont surgi de nulle part en quelques jours. Blanches ou mauve pâle, elles sont très gracieuses. Quand il y a du vent, elles gigotent gentiment d’un air étonné.
    Les plumbagos. Leurs fleurs bleu ciel sont apparues quand les cigales ont commencé à chanter. Est-ce une coïncidence ? Ou bien n’avait-on jamais remarqué ce tempo ? Eux aussi prennent position sur les haies et sont incontournables. Pourtant, tout cet hiver, ils avaient disparu.
    Les lantanas. Les jaunes sont ici les plus répandus. Du rouge peut border quelques grappes de fleurs toutefois. Ce sont des bouquets paisibles au feuillage vert sage qui balisent un escalier ou une calade.
    Les solanums. Ils font jaillir leurs fleurs bleues comme une fontaine l’eau.
    Les laurier-rose. Ils sont survoltés. Partout, ils vont partout. Peu importe à certains qu’on les désigne sous cette appellation, laurier-rose : ils font éclater des fleurs rouges, jaunes, blanches, qui rappellent les moulins à vent multicolores que les enfants, jadis, tenaient à la main, sur la plage.
    Les lavandes. Belles touffes arrondies. Les fleurs, au sommet de la tige, sont encore fraîches : quand on les frotte du bout des doigts, le parfum se répand, certes, mais la fleur ne s’égrène pas encore pour qu’on puisse la mettre en sachet.
    Les belles-de-nuit. Elles sont là aussi. Quelques buissons blancs. Mais surtout des jaunes et des rose foncé, quasi fuschia. Elles n’ont pas encore bu suffisamment de chaleur pour que leur parfum flotte à la tombée du jour. Bientôt. Et avec elles, tant de souvenirs de nuits d’été.

  • Vers Callelongue.

    Le paysage est aride autant que somptueux. C’est ou blanc ou vert. Les hauteurs pierreuses d’un blanc parfois presque pur, finement découpées par l’érosion, semblent avoir été un jour des vagues pétrifiées au moment de leur éclatement, comme la femme de Loth le fut quand elle s’est retournée. Les sentiers d’éboulis ajoutent leur propre teinte de blanc légèrement grisé. Même la mer en ce jour de temps couvert est vite enfouie dans une brume blanche jusqu’à son horizon informe. Des myrtes aux fruits encore verts, des épineux de toute sorte, quelques pins le plus souvent rabougris.
    Ce paysage est admirable. On s’y sent tout petit. On s’y sent bien. C’est un bel écrin et, pourquoi, on ne sait pas, on se récite le Dormeur du Val de Rimbaud :

    C’est un trou de verdure où chante une rivière
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D’argent ; où le soleil de la montagne fière luit …

    On pense à cet instant qu’on laisserait volontiers ici ses propres cendres car elles y seraient en paix. On regarde un peu partout, comme on visiterait une maison qu’on pourrait faire sienne.
    Bouche ouverte, tête nue…
    La lumière pleut…

    Quand tout à coup, au détour d’une trace, il y a deux fleurs bleues.
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu.

    Elles sont petites, mais si droites, se poussant du col comme pour se grandir. Elles ressemblent à des fleurs de lin car leur bleu est intense. Sans l’être autant que celui de la bourrache ou du bleuet, il en impose dans le décor de pierres blanches.
    On est empêché de les cueillir pour les glisser dans les pages du petit carnet, car elles sont magnifiquement vivantes, ces deux petites fleurs à la tige blanche elle aussi. Elles nous regardent et nous disent : Regarde ce que la volonté peut faire au milieu de toutes ces pierres. Elles ne doutent de rien, les mignonnes.
    Alors, on se tient droite, on se pousse du col pour se grandir, on range dans un des tiroirs de la mémoire vive cette image des deux fleurs plus fortes que la pierre et le pas devient si léger que l’éboulis ne l’emporte pas.