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MOISSONNER / Bonheur du jour quotidien

  • Contemplation, du sol au ciel.

    Les parterres de crocus dans les sous-bois ; on ne peut dire pour certains à peine sortis de terre, s’ils seront mauves ou roses ; les autres, à la franche couleur, laissent admirer leurs pistils et leurs stigmates d’un jaune bien doré.
    Les houx dont certains ont gardé leurs drupes rouges que le soleil de février rend encore plus brillantes que les feuilles dentées qui piquent bien fort quand on en prend une pour la garder en souvenir dans le petit carnet noir ; on sait bien maintenant distinguer le houx du fragon.
    Les yeuses aux troncs tortueux, les pins aux écorces parfois étonnamment claires, les arbousiers aux feuilles fières ; quelques filaires ; les arbres, les arbres, les arbres.
    Les sentes qui vont et viennent, parfois recouvertes d’un épais tapis d’épines et de feuilles pour rendre le pas silencieux.
    Les vaches et leurs veaux ; calmes, tournant la tête pour regarder qui vient ; alors leurs cloches font ding ding.
    Les collines qui plongent et remontent au milieu des roches que le temps a sculpté en formes étonnantes.
    Le ciel, bleu. Sur une large dalle de pierre, simplement contempler le ciel. Un oiseau chante. Juste après, le vent se lève. Le souffle de l'oiseau ?

  • Sans rien dire.

    Dans ce service à l’hôpital où on passe plus de temps à attendre qu’à rendre visite, s’installer dans le « salon » et sortir son tricot. C’est une couverture bébé, blanche, qui alterne point de riz, point mousse, jersey envers. Une infirmière passe, s’avance et s’arrête. Elle regarde le travail déjà bien avancé. On lève la tête vers elle et on lui sourit. Elle a l’air bien las et les épaules tombantes. Elle touche le coin de la couverture et de ses doigts sent combien la laine est douce. Elle reste là sans rien dire. Puis elle sourit aussi. On échange un regard. On tente de transmettre dans le regard qu’on lui tend tout autant de douceur et d’espoir qu’il y en a dans la laine de cette couverture. Puis elle repart.