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Bonheur du jour quotidien

  • Femmes au crochet et au tricot.

    Aller voir une exposition magnifique de Joana Vasconcelos à l’Hôtel des Arts de Toulon. Autour du crochet et du tricot, des œuvres d’art créées, flamboyantes et tendres. Un petit film muet de quelques minutes montre des femmes crochetant et tricotant ; assises en rond ; sur une place ou dans une bibliothèque richement décorée ; n’importe où, en fait car elles font leur monde là où elles sont ; leurs mains s’affairent à un travail qu’on dit humble et que beaucoup méprisent ; il est lent et silencieux ; des mains jeunes ou marquées par l’âge et le travail ; des peaux blanches ou brunes ; des ongles lisses ou cassés, de ceux que plus aucune brosse ne pourra rendre neufs car le travail de force des années durant (retourner la terre, récurer les sols, …) les a marqués à jamais ; les crochets dansent entre les doigts avec une souplesse incroyable pour des tiges de fer ; on tire sur les fils de laine ; on regarde son ouvrage, on compte parfois des mailles, on reprend le rang ; on parle peu ; on sourit beaucoup.
    La vie est posée là, quotidienne et créative ; simplement cohérente.
    C’est beau.

  • Sans piles.

    La maraîchère, au fur et à mesure qu’elle pèse les légumes écrit à la craie blanche, dans un des plateaux en métal de la balance, le montant à payer, puis elle fait le total en comptant de tête. Une fois l’achat réglé, elle efface avec un chiffon puis elle recommence.
    La libraire à qui on s’adresse parce qu’on cherche un livre dont on lui parle vaguement, c’est l’histoire de femmes, au Japon ; elle réfléchit un instant et propose le livre de Julie Otsuko, Certaines n’avaient jamais vu la mer. C’est ça. Puis, en se promenant dans les rayons de sa librairie, se met à énumérer tout un tas de livres qui pourraient nous intéresser.
    La vendeuse de vêtements d’occasion, sur le marché, dont le mètre pend autour du cou. On ne peut pas essayer mais quand elle dit que la robe ou le pantalon nous ira, elle a toujours raison ; elle mesure le vêtement puis le corps avec son mètre et elle dit : « ça ira, vous verrez. »
    Une amie qui cite de mémoire une phrase du monologue de Lucky, dans En attendant Godot, de Beckett.
    Un Papa qui fabrique un livret de chansons pour que ses deux enfants chantent avec lui pendant le trajet en voiture.
    Une famille-tribu qui joue aux petits chevaux à la lueur des bougies pendant l’orage.