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boris cyrulnik

  • A la librairie Baba Yaga.

    On a toujours aimé les librairies et on y prend toujours ses livres, plutôt que de faire appel à une entreprise efficace, certes, mais anonyme ; d’autant plus qu’on a la chance d’habiter tout près de plusieurs librairies qui ont également un bon site internet qu'on peut toujours consulter alors qu’on est encore en pyjama. Il suffit ensuite d’aller chercher les livres au cours d’une promenade ou d’un coup de bateau, voire de se les faire envoyer.
    A la librairie Baba Yaga, à Sanary, on va y fureter souvent. Elle est tout en longueur. Il y a toujours du monde ; il faut se pousser pour laisser passer quelqu’un, ou demander à quelqu’un de se pousser pour pouvoir passer. Les clients parlent à voix haute, ce qui facilite les échanges. Ainsi, à une dame qui disait ne plus se souvenir du titre du dernier Louise Penny, on a pu répondre alors que les libraires étaient occupées à parler à d’autres clients des livres qu’elles avaient lus elles-mêmes. Ainsi de ce monsieur qui, nous voyant hésiter entre deux Paul Cleave, nous en conseille un tout particulièrement. Ainsi de cette autre dame nous faisant remarquer, alors qu’on attend pour commander un livre, que celui qu’on tient dans la main, le dernier Paolo Cognetti, est bien joli, rose comme ça ; et à qui on répond qu’on l’a lu déjà, qu’on veut l’acheter pour l’avoir, qu’on l’a beaucoup aimé, on lui en raconte les grandes lignes, et on lui parle de Le garçon sauvage, elle écarquille les yeux, exprime vivement son envie de le lire, s’adresse à la libraire, qui repart en rayon, mais qui n’en a plus, elle doit le commander, le commande pour la dame. Ainsi de sa propre commande, objet en fait de la visite du jour : Victor Frankel, Découvrir un sens à sa vie. On explique qu’on veut le lire car Boris Cyrulnik le cite plusieurs fois dans son dernier livre, et on a noté un passage. On sort le petit carnet noir :

    « Victor Frankl disait qu’on ne pouvait supporter le monde que si l’on avait « la volonté de sens ». Pendant ses années à Auschwitz, il avait été en agonie psychique. Il s’étonnait de se regarder mourir avec un étrange détachement, et même une certaine curiosité. Il lui a fallu quelques mois pour découvrir que ce qui l’empêchait de se laisser aller à la mort, c’était un arbre au tronc noueux, un coucher de soleil ridiculement beau, le surgissement d’un souvenir d’enfance, une image lointaine qui revenait par surprise. »

    La commande est passée. On reviendra dans quatre jours. On a largement de quoi lire en attendant.

  • Moisson.

    Mettre un bel oignon d’amaryllis dans un des vases en verre.
    Au marché, ne pas résister à la coriandre embaumante et en prendre deux bouquets. L’un ira dans la soupe de légumes, l’autre dans un pesto.
    Aller à la fabrique de pâtes à La Seyne tout autant pour le plaisir de prendre des gnocchis que pour entendre le joli tintement de la clochette quand on ouvre la porte.
    Se régaler de riz au lait.
    Bien emballer le pull blanc dans un carton pour pouvoir le poster ce jour.
    Commencer une liseuse, tout au point mousse, tricotée avec des aiguilles n°15.
    Lire d’une traite Psychothérapie de Dieu, de Boris Cyrulnik.
    Ecrire cinq pages.
    Recevoir du courrier.
    Se dire qu’on va peut-être avoir la force de cirer au moins un meuble.
    Jubiler de voir le cactus de Noël commencer sa jolie floraison blanche.