En lisant l’évangile de mardi, je me suis arrêtée sur ces mots : « Jésus posa son regard sur eux ». (1)
Poser son regard.
Poser son regard sur ceux
qui sont là
celui ou celle qui passe.
En ce moment, je suis confrontée bien souvent à cette absence de regard que les uns ou les autres portent autant sur moi-même que sur d’autres. Il semble n’y avoir aucun moment d’arrêt dans leurs vies mais plutôt une succession de faire
des choses
vite
bien
mieux.
Et puis aussi ne pas poser son regard sur quelqu’un, c’est en quelque sorte nier son existence : ce qui n’est pas regardé n’existe pas.
Mais,
en s’arrêtant,
en posant son regard sur quelqu’un,
on peut aller au-devant d’une découverte.
Et ça, c’est beau, quand même,
le peut-être
le pourquoi pas
l’éventuellement
un horizon.
C’est sans doute prendre un risque, c’est vrai.
Le risque de la rencontre.
(1) Mt, 19, 23-30
Commentaires
Je suis totalement d'accord!
En effet, on vit dans un monde sans regard, surtout dans les grandes villes, on n'existe pas ! peu de regards, encore moins de sourires !
Belle journée
L’avantage de nos petites cités : se parler et donc se regarder,
attitude « presque » unanime que j’ai tendance à poursuivre
à la ville, pour l’amusement de mes proches…
et, dans la plupart des cas, c’est le bon choix ❤️
Comme toujours, le sourire est le jumeau du regard !
Bonjour Marie
J'ai très longtemps habité Paris intra muros où nous ne saluions pas grand monde, les gens de l'immeuble, d'un petit geste de la tête.
Maintenant dans une petite ville du Sud nous nous saluons tous même si nous ne nous connaissons pas. Que de petits bonheurs dans la journée.
Merci Marie.
Oui, surtout en ville car dans nos petits villages, on se salue, juste un mot sur la météo mais c'est sympa quand même. Merci de nous rappeler combien poser son regard sur l'autre fait du bien.
Ne pas regarder l'autre, c'est peut-être nier son existence mais c'est aussi parfois chercher à s'en protéger. "L'enfer, c'est les autres" disait Sartre...
Mais je suis bien d'accord avec vous: regarder l'autre, c'est s'ouvrir à l'inconnu, et faire l'expérience de la rencontre. Pour autant, il ne faudrait pas attendre du regard de l'autre qu'il nous fasse exister, car comme vous le dites bien, ces regards font souvent défaut. Alors, pour exister, plein d'autres choses peuvent nous aider: la nature habitée, la beauté du monde, la puissance de nos lectures!
Un texte très touchant. A force de "voir" les personnes par écrans interposés - même si cela a des vertus, comme le fait de vous lire dans ce blog - on est moins enclins à regarder autrui avec son cœur et dans le partage, l'attention, le temps réel et un lieu de retrouvailles, ou tout simplement dans l'espace public partagé un moment ou un instant. A tous de faire attention à ne pas vivre avec des œillères.
Hier, fait surprenant, j'ai croisé dans ma petite ville une Japonaise habillée en kimono et obi. Je l'ai ostensiblement regardée, par admiration, sans impolitesse de ma part, alors je me suis permis de lui dire qu'elle avait une toilette magnifique. Et elle a souri, émue, m'a remerciée avec un accent prononcé. Il faut oser parler à des inconnus pour les complimenter; cela fait plaisir autant à celui qui donne que celui qui reçoit.
amusant, j' ai complimenté hier une dame ...d' un âge certain, vue pour la 1e fois, sur sa tenue originale ( salopette verte sur t-shirt jaune )
J'aime échanger avec des gens que je croise quand un sujet se présente même si celui-ci est banal.
complètement d' accord, j' aime spécialement les dernières lignes
Un p'tit coucou, chère Marie, pour te remercier !
Ce billet m'émeut, quels bienfaits que de se réserver chaque jour un moment de recueillement avec ce beau livre qu'est la Bible !
C'est vrai que l'on croise fréquemment ces "absences de regard". Je trouve cela d'une tristesse absolue et me demande quelles sont les pensées qui animent ces personnes : sont-elles tristes, soucieuses, malheureuses, à quoi aspirent-elles ?
Le commentaire de "Venise" m'a interpelée aussi. Il m'arrive en effet d'être "transparente" pour certaines personnes et je m'interroge alors : en quoi suis-je dérangeante ?
Mais quel bonheur lorsque mon sourire en déclenche un également, cela illumine la journée ! Par bonheur, cela arrive tous les jours.
Je t'embrasse, chère Marie, et réitère mes remerciements pour ce billet.
On vit dans un monde d'égocentrisme. Les gens ne regardent pas les autres, ils se regardent eux-mêmes, parfois au travers des autres.
tes mots me touchent, poser son regard sur quelqu'un c'est le voir, il devient visible, pas seulement une silhouette presque invisible. belle journée. celine
J'aime cette expression "poser son regard sur quelqu'un" et ta façon de la commenter.
Une question, si tu veux bien : dans quelle traduction as-tu trouvé ce verbe ? Ma Bible de Jérusalem et la TOB donnent : "il fixa son regard sur eux", ce qui correspond à cet "arrêt" dont tu parles, mais dégage moins de douceur. Bonne après-midi, Marie.
Un regard accompagné" d'un sourire, c'est encore mieux.
Et dans la Bible, (Marc, 10, 21) : Il posa sur lui son regard t Il l'aima... Cette autre phrase m'a toujours profondément touchée.
Poser son regard sur quelqu'un d'autre , un sourire, un bonjour, un rayon de soleil ...
Dans une société où la solitude progresse, ces signaux sociaux discrets sont une forme de soin que nous pouvons nous offrir mutuellement.
C'est le problème d'habiter dans des zones peuplées sans doute, où les gens ne se connaissent plus, sont pressés... Ici, notamment quand je promène ma chienne, il y a toujours des échanges de regards et même de salutations avec les personnes rencontrées ; et au super marché, les hôtesses et caissières nous connaissent par cœur (nous aussi), alors ce sont des salutations aussi en commençant par elles, mais pas seulement ; parfois on échange des amabilités aux caisses, dans la file d'attente ; on laisse passer quelqu'un qui est peu chargé. C'est le rêve, quand je pense au cauchemar épouvantable que j'ai vécu le jour où j'ai voulu me rendre au magasin Auchan de Tours Sud... Je me croyais dans un film de Science-Fiction !! Plus aucune humanité !! Mais heureusement il y a eu un gentil garçon qui m'a expliqué où était la porte d'entrée (introuvable ! Que des murs !!) et un autre à l'intérieur qui m'a gentiment montré la pharmacie, que je cherchais sans succès (j'avais 500 mètres de couloirs à enfiler pour y parvenir !)
Je viens de laisser un long commentaire mais ne le trouve pas. Sont-ils filtrés ?
C'était juste pour dire que tout dépend de la densité démographique de là où on habite... Trop de monde noie la personne. Peu de monde la rend attirante.
Il existe des gens qui se regardent. Cela fait du bien de se regarder. Bises