Dans un lieu très éloigné des routes passantes,
près d’un sommet de montagne,
rester au milieu des arbres et des quelques chapelles construites là pour venir s’y ressourcer.
Ici, c’est un sanctuaire.
C’est bien de mettre une majuscule : Sanctuaire.
Et, effectivement, là, on se ressource au milieu d’un silence plein qui nourrit et reconstruit car il est d’une grande densité.
Des oiseaux chantent.
Des petits animaux se faufilent dans les feuilles sans se laisser voir non plus.
Les feuilles murmurent sous le souffle du vent.
En suivant le sentier, on va et on vient entre des tâches de lumière et d’ombre.
Les arbres sont d’accord pour que leurs racines deviennent nos propres racines.
Ils ont tous plusieurs siècles.
Les pierres des chapelles aussi.
Mais les plus âgés sont les montagnes, le ciel, le soleil, les nuages, l’air.
Rencontre féconde.
CONTEMPLER / Liste de contemplation
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Au-Delà du Silence
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Arbre 3
« Bientôt les feuilles se déplissent et, s’étirant de toutes leurs nervures, occupent entièrement leur surface. L’arbre, cette charpente, redevient plante verte, ou plutôt se couvre d’innombrables plantes annuelles que sont, sur lui, ces feuilles, ces fleurs et ces fruits, dont, dans 7 ou 8 mois, il ne subsistera plus rien, sinon cette tige dépouillée, le rameau, sinon peut-être cette graine déposée sur la terre et qui déjà y germe. Les rameaux sont tous identiques, dans leur structure, à l’arbre lui-même ; ils sont la multiplication à l’infini de sa propre image, mais passagère transitoire. Cependant, dès juin-juillet, alors que l’arbre est encore en pleine opulence, se prépare déjà la renaissance de l’an prochain, la pousse qui n’apparaîtra qu’au mois de mars ou d’avril ; c’est donc dès la fin du printemps que se décide ce que sera le printemps suivant. » (1)
J’avais lu il y a bien longtemps ce livre si impressionnant de Rachel Carson, Printemps silencieux.
Depuis quelques jours, relisant ce Larousse des arbres, me promenant au milieu d’arbres,
les admirant,
les saluant,
les touchant,
je ne voudrais pas arriver à me demander si, un jour, nous vivrons un printemps sans arbre.
(1) Jacques Brosse, Larousse des arbres, préface de Jean-Marie Pelt, Ed. Larousse, 2018, p. 519