Marcher le long de la mer d’un gris d’acier un jour de tempête.
Les crêtes des vagues sont aigues comme des couperets :
juste le temps de l’orage
les mouettes les survolent mais ne s’en approchent pas
les bateaux sont bien tous rangés dans la Rade
et les poissons sont à l’abri tout au fond de l’eau, loin du grondement du ressac.
Juste le temps de l’orage car
après la pluie, il y aura le beau temps, c’est certain,
comme après les mimosas ce seront les amandiers qui fleuriront
et bouleverseront les cœurs comme une autre tempête.
Il y a toujours des tempêtes.
CONTEMPLER / Liste de contemplation
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Jour de tempête
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Sous l'amer du Cap
La chance d’habiter au bord de la mer…
c’est de pouvoir marcher, de très bonne heure, sur la plage déserte.
Il fait très froid.
L’air est si clair que tout le paysage a la transparence de l’aube.
Le ciel est si pur que même les mouettes attendent pour s’y lancer, admirant sans doute cette immensité - car il ne faudrait pas croire qu’elles ignorent la Beauté.
La mer est figée, couleur miroir ; elle aussi en attente mais peut-être du soleil plus haut que le Faron, réveil du vent et de ses vaguelettes.
Comme toujours là sous l’amer du Cap, les Deux Frères sont posés sur ce miroir d’eau.
Ils regardent.
Je les regarde.