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bonheur du jour - Page 4

  • Instants uniques.

    L’été, les journées commencent tôt pour qu’on puisse avancer dans le travail avant qu’il ne fasse trop chaud. Le travail, c’est la lessive, le rangement, un peu de ménage, le repassage, le sol lavé, les quelques courses, la maison aérée avant qu’on ne ferme les volets. Ainsi, pendant que deux boutis tournent régulièrement dans la grosse machine de la laverie, on va prendre les légumes pour la ratatouille, le rôti pour le dimanche, le pain pour la journée. Puis, sur le fil de la grande maison bien rangée désormais, on étend ; à deux. La vieille amie tient dans sa bouche une pince à linge et deux autres dans ses mains. Elle conseille de bien fixer le linge, car il est possible qu’il y ait du vent. Puisqu’elle nous a aidés à étendre nos boutis sur son fil, on attend que sa machine se termine. On prend un café dans la cuisine. On essuiera tout à l’heure d’un coup d’éponge une trace de café laissé sur la toile cirée. A deux encore, on étend les draps et l’alèze : il faut profiter du beau temps. On tire sur le tissu bleu et on le fixe bien. De la main, la vieille dame lisse les draps. C’est comme une caresse.
    Le soleil a profité de ce qu’on était occupé pour s’installer : pas de doute, il est temps de fermer les volets. On prend heure pour plier le linge.
    Quand cette heure arrive, les cigales à tue-tête bruissent à qui mieux mieux. On remarque que la pelouse est totalement sèche : l’herbe crisse sous les pas. Les draps ont déjà été enlevés : « Oh, mais j’ai déjà tout refait mon lit, dit-elle, les mains sur les hanches, un peu voûtée dans sa robe de coton sans manches. Et là, j’ai commencé mes confitures d’abricots. Cinq kilos. ». On plie les boutis. Ils sentent le soleil. On entre dans la cuisine où trônent des marmites remplies d’abricots trempant dans le sucre. Malgré l’heure, on boit du café. On aide pour la confiture : tout le monde s’y met. On passe les marmites pleines de la table de la cuisine au plan de travail qui prolonge l’évier. On ressort casser les noyaux en utilisant un marteau qui n’a plus d’âge. On pèle les amandes. On les partage également dans les marmites qu’on recouvre de couvercles hétéroclites. Une fois tout cela fait, on nettoie la toile cirée et on pose les bocaux en verre pour qu’ils soient prêts. On estime bien leur nombre. Ils brillent.
    Dans cette cuisine, rien n’est bien neuf et sur la table, il y a toujours une coupe à fruits, ou un torchon, ou encore autre chose, parce qu’on vit là. On mange. On prépare le repas. On parle. On boit le café.
    Avec tout ça, l’heure est bien avancée. On se fait la bise pour se dire au revoir et on se remercie mutuellement. Promis, demain, on viendra remuer les confitures quand elles cuiront et on aidera à la mise en pots.

  • Moisson.

    De très bonne heure, sur le ponton, en attendant le bateau, profiter de ce qui reste de la fraîcheur de la nuit.
    Nager.
    Aller à pied au marché de La Seyne : courgettes, tomates, poivrons, aubergines, oignons, pour la ratatouille qu’on mangera chaude ou froide, c’est selon. Choisir les légumes au marchand qui vend aussi des fleurs, lobelias, géraniums, gazanias.
    La bouteille d’huile d’olive est vide. La remplir à partir du bidon ramené de Crète par une amie jardinière.
    Lire les poèmes d’Emily Brontë, tout un après-midi, alors que la maison est bien fermée pour se protéger de la chaleur.
    Faire repeindre le grand portail et les deux murs qui lui sont perpendiculaires par deux gentils bricoleurs ; on les a connus tout petits, on les a amenés à la plage alors, on a veillé à ce qu’ils mettent bien leur chapeau et qu’ils se mouillent la nuque avant d’aller à l’eau ; et maintenant, ils sont si grands qu’ils installent facilement une canisse sur la pergola pour qu’on ait moins chaud.
    Brosser les chats.
    Recevoir deux lettres.
    Lire un bel article sur Marie Noël, qui donne envie de relire quelques uns de ses poèmes et de ses textes.
    Envoyer Foutez-vous la paix, de Fabrice Midal, à quelqu’un qui compte beaucoup.
    Ecrire cinq pages.