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contempler

  • Liste de contemplation.

    Les champs de coquelicots bordés de buissons de bourrache.
    Les champs de cistes blancs aux fleurs violettes.
    Le petit sentier qui serpente entre les chênes, parfumé par le thym en fleurs et le romarin.
    Des touffes d’anémones blanches, des touffes de fleurs de lin bleues, d’autres fleurs bleues, peut-être des véroniques.
    Des buissons de genêt d’Espagne.
    Un ciel bleu dans lequel les nuages jouent : ils s’arrondissent, s’étirent, s’effilochent.
    Les abeilles butinent sans être dérangées.
    Les oiseaux chantent. On entend la fauvette.
    Les crottes des biquettes tout le long du sentier.
    Quelques chevaux tranquilles.
    Les collines.
    La mer.
    Grandeur du mois de mai !

  • Les azurs bleus, les azurs verts.

    On aimerait pouvoir, comme les Inuits pour la neige, avoir à sa disposition des centaines de mots pour parler avec précision du bleu du ciel, car il y a bleu et bleu. Le bleu n’est jamais simplement bleu.
    Au-dessus de Bois-Soleil, en haut du raidillon pris sur la gauche après les champs qui ne sont encore que de terre ocre rouge, c’est le bleu du début de février quand c’est le début du jour. C’est bien du bleu, mais si pâle – convalescent peut-être après les jours d’hiver ? On le voit, ce ciel, sur certaines aquarelles de la Sainte Victoire que Cézanne a peintes, allant au motif sur les chemins caillouteux là-bas comme ici de cette Provence aride.
    Quand il est midi et qu’on s’installe sur une large pierre plate pour le contempler, le bleu est alors plus affirmé mais il reste léger. Il n’a pas encore, il est trop tôt dans l’année, l’intensité de l’azur estival.
    L’azur. C’est le ciel. Un ciel bleu azur. Les bleus du ciel sont-ils tous des azurs ? Des azurs … Mais où donc a-t-on déjà vu ce mot azur au pluriel ? …. Ah oui, Rimbaud, dans Le bateau ivre : « Dévorant les azurs verts ».