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boris cyrulnik - Page 4

  • Moisson.

    Pouvoir à son tour soutenir quelqu’un qui a du mal à marcher.
    Ecouter Boris Cyrulnik, invité de la Grande Librairie et remarquer encore une fois sa façon de parler extrêmement paisible et claire.
    Se réjouir du reportage sur la libraire de la Librairie Charlemagne de La Seyne où on se fournit.
    Préparer un gâteau au chocolat spécialement pour une petite fille en visite.
    Guider les lianes souples du chèvrefeuille vers l’intérieur de la terrasse.
    Rempoter le ficus qui a tellement grandi ; avoir de l’aide pour cela, bien sûr.
    Admirer les fleurs de la dame peinte ; elles sont légèrement rosées, et un peu orange.
    S’arrêter sur la route pour humer le parfum incomparable du jasmin.
    Avoir la force d’épousseter toutes les étagères et tous les livres qu’elles supportent.
    Obtenir de la Médiathèque la permission de garder un livre au-delà de la date limite car on ne l’a pas tout à fait fini. Apprendre en même temps que Le lambeau, de Philippe Lançon est disponible et qu’il faudrait venir le chercher.

  • A la librairie Baba Yaga.

    On a toujours aimé les librairies et on y prend toujours ses livres, plutôt que de faire appel à une entreprise efficace, certes, mais anonyme ; d’autant plus qu’on a la chance d’habiter tout près de plusieurs librairies qui ont également un bon site internet qu'on peut toujours consulter alors qu’on est encore en pyjama. Il suffit ensuite d’aller chercher les livres au cours d’une promenade ou d’un coup de bateau, voire de se les faire envoyer.
    A la librairie Baba Yaga, à Sanary, on va y fureter souvent. Elle est tout en longueur. Il y a toujours du monde ; il faut se pousser pour laisser passer quelqu’un, ou demander à quelqu’un de se pousser pour pouvoir passer. Les clients parlent à voix haute, ce qui facilite les échanges. Ainsi, à une dame qui disait ne plus se souvenir du titre du dernier Louise Penny, on a pu répondre alors que les libraires étaient occupées à parler à d’autres clients des livres qu’elles avaient lus elles-mêmes. Ainsi de ce monsieur qui, nous voyant hésiter entre deux Paul Cleave, nous en conseille un tout particulièrement. Ainsi de cette autre dame nous faisant remarquer, alors qu’on attend pour commander un livre, que celui qu’on tient dans la main, le dernier Paolo Cognetti, est bien joli, rose comme ça ; et à qui on répond qu’on l’a lu déjà, qu’on veut l’acheter pour l’avoir, qu’on l’a beaucoup aimé, on lui en raconte les grandes lignes, et on lui parle de Le garçon sauvage, elle écarquille les yeux, exprime vivement son envie de le lire, s’adresse à la libraire, qui repart en rayon, mais qui n’en a plus, elle doit le commander, le commande pour la dame. Ainsi de sa propre commande, objet en fait de la visite du jour : Victor Frankel, Découvrir un sens à sa vie. On explique qu’on veut le lire car Boris Cyrulnik le cite plusieurs fois dans son dernier livre, et on a noté un passage. On sort le petit carnet noir :

    « Victor Frankl disait qu’on ne pouvait supporter le monde que si l’on avait « la volonté de sens ». Pendant ses années à Auschwitz, il avait été en agonie psychique. Il s’étonnait de se regarder mourir avec un étrange détachement, et même une certaine curiosité. Il lui a fallu quelques mois pour découvrir que ce qui l’empêchait de se laisser aller à la mort, c’était un arbre au tronc noueux, un coucher de soleil ridiculement beau, le surgissement d’un souvenir d’enfance, une image lointaine qui revenait par surprise. »

    La commande est passée. On reviendra dans quatre jours. On a largement de quoi lire en attendant.