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Lecture du soir

  • Centre.

    Puisqu’il faut rester tranquille, poser près de soi les poésies d’Emily Dickinson, et quelques livres qui l’évoquent.
    Penser à sa vie de recluse.
    Relire quelques lettres. Lumineuses. Un extrait, Emily Dickinson raconte avoir amené pour se promener une petite fille dans la prairie se trouvant devant sa maison :

    Elle s’est adossée à des murs de trèfle et ils ont cédé, la faisant choir.
    Relire quelques poèmes. Fulgurants. On aimerait écrire comme ça, avec autant de justesse.
    Chaque Vie converge vers un Centre –
    Exprimé – ou muet –
    Existe en toute Nature Humaine
    Un But –

    Manqué – peut-être par la vile Aventure d’une Vie –
    Mais alors –
    L’Eternité rend possible de le tenter
    Encore.
    Converger vers son centre. En voilà un beau projet.

  • Passer la soirée avec Primo et Mario.

    Passer la soirée à lire un petit livre trouvé il y a quelque temps déjà à la librairie Baba Yaga de Sanary : Pour Primo Levi, par Mario Rigoni Stern.
    Comment passer à côté de ce livre qui présente sur sa couverture le nom de deux écrivains qu’on aime tant ?
    Un soir, avant le dîner, la marmelade d’oranges est en train de cuire ; un doux parfum a embaumé la maison. On monte dans le bureau chercher le livre et, debout près de la marmite, on lit ou on touille, c’est selon. On retrouve le style limpide de Mario Rigoni Stern, les interrogations tourmentées de Primo Levi ; et la montagne aussi, en été, en hiver.
    Le livre terminé, on le pose pour remplir les pots de confiture qu’on laisse refroidir, à l’envers, sur la paillasse, et pour préparer le dîner qui se passe tranquillement.
    Après dîner, on relit ce livre court. On aime lire les livres deux fois. On y a remarqué des poèmes de Primo Levi, et on ignorait qu’il en avait écrit. On relève ces vers :

    J’ai deux frères qui ont beaucoup vécu
    Nés à l’ombre des montagnes
    Ils ont appris l’indignation
    Dans la neige d’un pays lointain
    Et ils ont écrit des livres qui ne sont pas inutiles
    Comme moi ils ont affronté la vue
    De la Méduse qui ne les a pas pétrifiés.
    Ils ne se sont pas laissé pétrifier
    Par la lente neige des jours.

    On va recopier ce poème, pour le garder avec soi.