Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Lecture du soir

  • Passer la soirée dans la forêt. Ter.

    La dernière page du livre s’est refermée mais on continuera longtemps à poursuivre la lecture de Dans la forêt, de Jean Hegland. Le silence, après la lecture d’un livre si essentiel, est encore de la lecture.
    La dernière partie du livre est courte mais très dense. Après un temps de stupeur face au cataclysme subi par la société de consommation, un temps d’attente mêlé d’aveuglement, un temps de résistance, puis d’adaptation, vient le temps de l’acceptation : si plus rien ne sera comme avant, il ne s’agit pas de faire avec, de faire au mieux, mais de faire autrement et, oui, d’accepter d’être quelqu’un d’autre, un être tout à la fois neuf et innovant.
    A la fin du livre, les deux sœurs en ont fini avec les carcans. Eva a longtemps voulu être danseuse ; face à un grand miroir, elle a plié son corps à une barre pendant toute sa vie ; enfin, « avec de nouveaux mouvements qui n’avaient pas de noms, elle a dansé la danse d’elle-même, tantôt sauvage, tantôt tendre, tantôt pesante, tantôt sautillante ». Nelly espérait entrer à Harvard ; elle découvre vraiment la forêt et y puise la vie : « Je suis juste un noyau, un grain, un bout de charbon de bois enfoncé dans un morceau de chair qui respire, qui écoute la pluie. Ma vie emplit cet endroit, elle n’est plus pauvre, ni perdue, ni volée, ni n’attend plus de commencer ».
    Elles sont.


  • Passer la soirée dans la forêt. Bis.

    On poursuit la lecture de Dans la forêt, de Jean Hegland.
    De même, on poursuit plusieurs réflexions commencées depuis des années.
    L’une, sur l’essentiel et l’accessoire. Les deux héroïnes de l’histoire sont entourées, dans leur maison, de tout un tas de choses qui ne leur sont plus d’aucune utilité dans leur nouvelle vie ; et, en raison justement de leur nouvelle façon de vivre, elles mesurent combien toutes ces choses auxquelles elles tenaient tant n’étaient que futilité : elles n'avaient pour but que de les occuper, de leur faire tuer le temps. Cela ne les faisait pas vivre vraiment. C’est une critique forte de la société de consommation que ce livre dans lequel les personnages sont au début de l’histoire quasi désincarnés et, bien que vivant dans la forêt, coupés totalement de la nature qui les entoure.
    Les autres réflexions vont et viennent au cours des pages.
    Survivre à la mort d’un être cher. Donner un sens à sa vie. Faire des choix, mais lesquels. Se satisfaire de ce qu’on a.
    On en est à la page 200.