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Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour - Page 678

  • Les pages du ciel.

    En descendant de bon matin l’escalier arrondi, sentir le froid sur le carrelage, sur la rampe de bois et sur le mur. Ouvrir les volets pour regarder le ciel est le premier geste pour rompre le calme de la nuit dans la grande pièce. Dans une sorte de gémellité, le ciel aussi sent le froid. Pour s’en protéger, ce n’est pas un châle autour des épaules qu’il lui faut, mais une couverture tissée de nuages gaufrés – un petit nuage blanc, un petit nuage rose, un petit nuage blanc, un petit nuage rose – et malgré tout légère car elle laisse passer la lueur du jour qui pointe. Et, si on suit les lignes qui s’étirent et se plient, on pourrait faire rouler dans les doigts les franges tout au bout du côté de la mer.


  • La question du lundi : indispensable imperfection.

    Après avoir lu la critique d’un livre d’Alexis Jenni, Vertus de l’imperfection, on a eu envie d’évoquer ici, justement, une des calamités de notre monde moderne : vouloir à tout prix être parfait. Hommes ou femmes, c’est en permanence la course à la performance, que semble dénoncer cet auteur dans son livre.
    Ici, depuis bien longtemps, on a fini par comprendre qu’il n’y avait rien à attendre de bon du côté de cette course-là et on garde un souvenir ému du jour où on a décidé qu’on avait, somme toute, assez peu d’obligations, rien à prouver du tout et qu’il ne servait à rien de se battre contre des moulins.

    Que pensez-vous de cette course à la performance qui défigure les relations humaines d’aujourd’hui ? En êtes-vous heureusement dégagés ?