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CONTEMPLER / Pages du ciel

  • Ciels.


    Maintenant, quand il est de bonne heure le matin et qu’on ouvre les volets, le ciel a encore la couleur de la nuit profonde. Il est limpide. Ainsi, les étoiles brillent à leur aise. Certaines s’assemblent pour former un chariot, par exemple. D’autres se sont déjà éloignées.
    Il y a l’aube.
    Après l’aube, c’est ce moment pendant lequel le ciel organise ce qui sera son jour. Des nuages roses tout vaporeux traînent des pieds pour s’en aller, peut-être, à l’école des nuages. La lune, maintenant gibeuse, s’attarde. Le soleil met tout son temps à pointer. Une ou deux étoiles font semblant d’être un aéronef passant dans un rayon de lumière.
    Puis, c’est le ciel. Bleu.
    Il est là tout le jour, tranquille compagnon.
    Le soir arrive plus tôt. Sans doute a-t-il envie de prendre ses aises, lassé peut-être aussi d’avoir été relégué dans une file d’attente tout au long de l’été. Le ciel en blanchit de surprise mais, avant que tout ne se ferme de nouveaux les nuages colorés profitent de l’instant pour jouer librement. C’est la récréation du soir. En voici des roses, ceux du matin même, c’est certain ; des violets, des gris, des presque rouges, lisses ou bourgeonnant, effilochés ou décoiffés. A l’heure dite, mais quel est donc ce signal qui leur est donné, ils s’éloignent vers le jour d’après qu’ils sont les seuls à apercevoir puisqu’ils sont au-delà de l’horizon. La première étoile apparaît. La lune. Elles restent seules le temps que tout se mette en place. Puis d’autres étoiles. Se disent-elles bonjour ? Bonjour puisque ce soir est le matin de leur nuit. Le ciel reprend sa teinte d'ombre profonde.
    Tout est calme.

  • Les azurs bleus, les azurs verts.

    On aimerait pouvoir, comme les Inuits pour la neige, avoir à sa disposition des centaines de mots pour parler avec précision du bleu du ciel, car il y a bleu et bleu. Le bleu n’est jamais simplement bleu.
    Au-dessus de Bois-Soleil, en haut du raidillon pris sur la gauche après les champs qui ne sont encore que de terre ocre rouge, c’est le bleu du début de février quand c’est le début du jour. C’est bien du bleu, mais si pâle – convalescent peut-être après les jours d’hiver ? On le voit, ce ciel, sur certaines aquarelles de la Sainte Victoire que Cézanne a peintes, allant au motif sur les chemins caillouteux là-bas comme ici de cette Provence aride.
    Quand il est midi et qu’on s’installe sur une large pierre plate pour le contempler, le bleu est alors plus affirmé mais il reste léger. Il n’a pas encore, il est trop tôt dans l’année, l’intensité de l’azur estival.
    L’azur. C’est le ciel. Un ciel bleu azur. Les bleus du ciel sont-ils tous des azurs ? Des azurs … Mais où donc a-t-on déjà vu ce mot azur au pluriel ? …. Ah oui, Rimbaud, dans Le bateau ivre : « Dévorant les azurs verts ».