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pages du ciel

  • Moisson du mardi 15 décembre 2020.

    Recouvrir des oranges de clous de girofle et les poser sous les lampes pour que leur parfum se diffuse dans la maison.
    Chaque matin, regarder le ciel et noter sur un joli carnet reçu en cadeau les différentes teintes : rose, violine, violet, gris de pluie, bleu clair, bleu foncé, avec nuage, sans nuage, etc.
    Relever cette phrase dans L’année du singe, de Patti Smith à laquelle on a répondu spontanément, à voix haute, « non ! » alors qu’on était dans une salle d’attente et tous les gens ont tourné la tête : « Est-il possible que le sang de la bienveillance ne soit pas infini et cesse un jour de couler ? » Patti Smith se pose cette question alors qu’elle est en train d’admirer, encore une fois, le retable de Jan Van Eyck, L’agneau mystique pendant un trajet vers un ami gravement malade et qu’elle pense à lui, à ce monde dans lequel nous vivons et qui est si dur.
    Continuer l’envoi des cartes de vœux, même si certains de ceux qui les recevront n’y répondront pas. L’important est de rester soi-même et de ne pas calquer par principe son comportement sur celui des autres.

  • Ciels.


    Maintenant, quand il est de bonne heure le matin et qu’on ouvre les volets, le ciel a encore la couleur de la nuit profonde. Il est limpide. Ainsi, les étoiles brillent à leur aise. Certaines s’assemblent pour former un chariot, par exemple. D’autres se sont déjà éloignées.
    Il y a l’aube.
    Après l’aube, c’est ce moment pendant lequel le ciel organise ce qui sera son jour. Des nuages roses tout vaporeux traînent des pieds pour s’en aller, peut-être, à l’école des nuages. La lune, maintenant gibeuse, s’attarde. Le soleil met tout son temps à pointer. Une ou deux étoiles font semblant d’être un aéronef passant dans un rayon de lumière.
    Puis, c’est le ciel. Bleu.
    Il est là tout le jour, tranquille compagnon.
    Le soir arrive plus tôt. Sans doute a-t-il envie de prendre ses aises, lassé peut-être aussi d’avoir été relégué dans une file d’attente tout au long de l’été. Le ciel en blanchit de surprise mais, avant que tout ne se ferme de nouveaux les nuages colorés profitent de l’instant pour jouer librement. C’est la récréation du soir. En voici des roses, ceux du matin même, c’est certain ; des violets, des gris, des presque rouges, lisses ou bourgeonnant, effilochés ou décoiffés. A l’heure dite, mais quel est donc ce signal qui leur est donné, ils s’éloignent vers le jour d’après qu’ils sont les seuls à apercevoir puisqu’ils sont au-delà de l’horizon. La première étoile apparaît. La lune. Elles restent seules le temps que tout se mette en place. Puis d’autres étoiles. Se disent-elles bonjour ? Bonjour puisque ce soir est le matin de leur nuit. Le ciel reprend sa teinte d'ombre profonde.
    Tout est calme.