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pages du ciel

  • Pages du ciel.

    Le jour se lève.
    Est-ce la saison qui veut que les aubes soient de ce rose-là quand le basculement de la nuit au jour se fait en un fragment de temps ?
    Tout est léger alors dans la nuée.
    C’est beau.
    C’est un instant.
    Les nuages affluent ensuite, certains vivement, d’autres à la traîne. Le plus délicatement possible, ils participent à la fête du renouveau quotidien en posant çà et là quelques impastos afin de rendre ce rose plus brillant que tout.
    C’est encore plus beau.
    C’est juste le temps d’un souffle car le soleil alors se lève et met ses éclats dans les éclats de l’aube.
    Il fait grand jour alors.

  • Les pages du ciel.

    En descendant de bon matin l’escalier arrondi, sentir le froid sur le carrelage, sur la rampe de bois et sur le mur. Ouvrir les volets pour regarder le ciel est le premier geste pour rompre le calme de la nuit dans la grande pièce. Dans une sorte de gémellité, le ciel aussi sent le froid. Pour s’en protéger, ce n’est pas un châle autour des épaules qu’il lui faut, mais une couverture tissée de nuages gaufrés – un petit nuage blanc, un petit nuage rose, un petit nuage blanc, un petit nuage rose – et malgré tout légère car elle laisse passer la lueur du jour qui pointe. Et, si on suit les lignes qui s’étirent et se plient, on pourrait faire rouler dans les doigts les franges tout au bout du côté de la mer.