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La question du lundi : qu'en pensez-vous ?

Dans la dernière partie de son livre, De l’âme, François Cheng évoque longuement la philosophe Simone Weil et cite des extraits de L’enracinement. Il rappelle que, pour la philosophe, l’homme moderne est un homme déraciné. Prendre conscience de son âme permet de retrouver un enracinement indispensable à la vie.

Justement, en ce moment, on réfléchit beaucoup au sujet des racines. En recopiant cette citation de Simone Weil, on a eu envie de la partager ici et de vous demander ce que vous en pensiez :

« Est criminel tout ce qui a pour effet de déraciner un être humain ou d’empêcher qu’il ne prenne racine. »

Commentaires

  • Bonjour Seraphine, merci du partage autour du beau livre de F. Cheng, "de l'âme". Comme S.Weil, je pense que le déracinement est non seulement criminel, mais mortel, pour un homme. S'enraciner est vital pour se développer, produire du fruit, et s'envoler, un jour. Bon lundi, sur la terre du Sud, Seraphine !

  • De Bretagne où plongent mes racines profondes, j'applaudis
    vivement à cette question du lundi !

    Comme Simone Weill, mais en guise de pirouette,
    Jean Cocteau répondait par cette phrase charmante:
    "L'homme ne chante bien que dans son arbre généalogique"...

    Beau lundi à vous, cher pinson !

  • Simone Weil est si grande que je lui accordais 2 "ailes" !

  • je suis dans la même contradiction qu'on retrouve chez Brassens, j'ai un peu peur des "imbéciles heureux qui sont nés quelque part", à cause de tout ce que ça génère d'idées nationalistes malsaines, et d'un autre côté il y a aussi "la supplique pour être enterré à la plage de Sète", moi aussi je suis revenue vivre dans la ville de mes ancêtres ;-)
    il faut absolument laisser à tous la possibilité de s'enraciner quelque part, donc pas nécessairement là où sont nés leurs ancêtres...

  • Je serais également d'accord avec Brassens . L'essentiel est de trouver son ancrage , peu importe le sol,, et même sans sol ... L'essentiel est de pouvoir tenir bon , dans un amour , un ideal , une foi .
    Jetons bien nos racines !
    Béatrice

  • Je serais également d'accord avec Brassens . L'essentiel est de trouver son ancrage , peu importe le sol,, et même sans sol ... L'essentiel est de pouvoir tenir bon , dans un amour , un ideal , une foi .
    Jetons bien nos racines !
    Béatrice

  • Sans racines, on meurt
    Mais on peut planter ses racines où l'on se sent bien et pas forcément là où la nature nous a fait naître...
    Ça me fait penser à une chanson plus contemporaine, Prendre racines, de Calogero

  • Dès qu'on est pied nu on s'enracine... alors... profitons-en...
    Joyeux lundi.

  • Je trouve la phrase de la philosophe (légèrement différente) dans une chronique que j'ai consacrée au livre de JC Guillebaud "La trahison des lumières".
    Ce dernier y écrit "Le déracinement de la modernité – il résume à lui seul toute l'aventure humaine – n'est pas détestable, c'est l'injonction au déracinement venu du dehors.". Il s'appuie sur la citation de S Weill :"c'est un devoir pour chacun de se déraciner mais c'est toujours un crime de déraciner l'autre.".
    J'approuve le propos de Guillebaud qui dénonce, je cite, "une traduction idéologique et méprisante de la mondialisation" qui provoque la peur et le repli à l'extérieur, synonymes de déracinement.

  • Moi je pense à la très jolie chanson de Maxime Leforestier " Nés quelque part " On ne choisit pas son lieu de naissance et certains doivent en partir de façon tragique , Imaginons nous dans ce malheur et faisons notre devoir d'humain pour qu'ils reprennent racines chez nous .

  • « Est criminel tout ce qui a pour effet de déraciner un être humain ou d’empêcher qu’il ne prenne racine. »
    la famille en excluant un de ses éléments ... nous pouvons appliquer cette sentence de Simone weill
    il y a des petits foyers, hier j'ai vut a un concert des amozones afriqauines aprés la première chanson des groupe de gens se lever et partir, sans aucune civilité. le concert était par fait avec des energies de vie à revendre, puissance vitale aux equinoxes, mais cela tout le monde ne peut suporter, à leur visage et leur corps des structures rigides c'était lever , comme on pouvait imaginer des constructeurs de goulags pour des enfermements, je n'aurai pas cru çà possible, et ppur être là et assis il ne fallait être venue au hasard ..

    tant d'actions que je ne nommerai pas mais oui, oui,

    je suis en deuil pour ces raisons là , les coupeurs de racines et d'humanité.. il me faudra lire ce livre. merci Séraphine

  • je viens de lire toutes les réponses à ta question et la richesse des réponses
    bravo à toi de solliciter l'êtres dans ses racines et ses sens profonds
    je t'embrasse

  • Etre enraciné, bien sûr....Mais pas trop.....Enfin pour moi car j'ai besoin de liberté !

  • Les racines peuvent être très différentes d'un individu à l'autre, lorsque j'étais jeune, à cause du métier de mon père, je n'ai jamais fais plus d'un an dans une même école, il m'arrivait quelquefois de commencer une année scolaire et de la terminer ailleurs, c'était souvent douloureux. Mes grands parents paternels avaient choisi de passer leur retraite dans un hameau pommé de Charentes-maritimes et chaque été, nous nous y retrouvions, très nombreux. Les racines se sont faites là, puis la maison a été vendu, les racines habitent puissamment mes souvenirs. Les racines sont peut être là ou régulièrement on a été joyeux et heureux, c'est un petit havre de paix où venir puiser un réconfort... Belle journée Séraphine. brigitte

  • C'est l'odeur du lilas, dans mes souvenirs, qui m'a fait retrouver à 10000 km de la métropole, mes racines . Car je n'avais pas su ou pu recréer mes racines sur cette île au milieu de l'océan... D'autres y avaient trouvé un(e) conjoint(e), ou fait construire une maison, adopté un enfant, enfin y avaient recréer leurs racines...
    C'est amusant je viens de terminer ce même livre que tu cites ici !!!

  • On recherche tous ses racines, quoi qu'on fasse. Je m'occupais d'une femme handicapée entre 1996 et 2002. Elle n'avait jamais connu sa mère, son père oui, il s'était toujours occupé d'elle. Toute sa vie elle se demandait comment était sa mère, ce qui s'était passé à sa naissance pour que sa mère disparaisse de sa vie. C'est dramatique. Maintenant, avec internet on a accès à la généalogie plus facilement et on peut retrouver ses racines. Bon après midi.

  • Simone Weil a toujours été un modèle pour moi. D'accord avec elle bien sûr

  • Je pense qu'elle a raison.
    J'ai manqué et je manque toujours de racines, mais nul n'est responsable sinon la vie.
    Alors, j'aimerais que nul ne l'aide à briser les racines dont nous avons tellement besoin.
    Passez une douce soirée.

  • Une phrase qui ne peut que nous renvoyer à la situation innommable des migrants......
    D'une grande justesse et toujours d'une grande actualité hélas!

  • Comme catalane les racines sont pour moi très importantes et grâce à cela nous avons garde notre langue et culture, mais il faut être prudent et il y a pour tous, il y en a qui préfèrent chercher son lieu, qui sont toujours nomades, qui aiment la nouveauté...et tous donnent des fruits. Cependant c'est important pour moi qui reste, qui est témoignage, qui transmet...les racines sont pour moi important et je meurs sans elles. En Catalogne on a resté dans sa terre, on a transmis, et la culture est vive. Je rende étonnée de comme en France on change de maison, on change de ville, on change de département...pourtant il semble que cela s'impose chez nous, ma fille est en Londres en ce moment avec son fiancé allemagn, je pourrai jouir de ses enfants s'il y en a... Il fait penser, réellement, mais je pense qu'il fait allusion a ceux qui doivent partir forcés, qui ne sont pas bien revus, qui ne trouvent ses racines où ils doivent demeurer...
    Il fait penser à comme nous recevons ceux qui arrivent, nos voisins.

  • Il me semble que l'histoire de l'humain est l'histoire d'un déracinement. Pour moi, les deuils successifs agissent ainsi, nous privant de nos racines. Elles ne demeurent plus que dans notre souvenir. Sans compter tout le reste, évoqué dans les commentaires.

    Alors, il faudrait s'enraciner au fond de soi, je ne sais pas très bien comment expliquer cela, mais je pense que c'est peut-être ce qu'elle a voulu dire. Puiser dans son propre fond. Pouvoir se ressourcer n'importe où. Etre en face de soi-même, face à soi-même (et je ne veux pas dire, égoïstement). C'est plus facile dans certains lieux, à certains moments. Mais c'est un chemin très austère, voire ascétique. Difficile de le suivre en permanence...

    Mais moi j'y pense.

  • Et donc, en effet, oui, c'est criminel, et sachant que l'homme est un prédateur... C'est sans doute une lutte incessante.

  • Lire François Cheng fait du bien à l'âme.
    Si les migrants viennent ici c'est au départ pour sauver leurs vies. Leurs racines sont chez eux pour la plupart. Ou alors ils transportent leur terre ici. Mon quartier devient une terre musulmane. Les familles sont solidaires et. Paisibles.
    Bises

  • Pour comprendre le déracinement, il faut avoir vécu "ailleurs" assez longuement.
    Et il y a des "ailleurs" consentis et d'autres subis.

    La généalogie révèle et pointe les déracinements de nos aïeux. Quels courages...
    Le déracinement est aussi un moyen de se "sauver", de rester "saufs".
    L'Homme est adaptable et s'adapte. cela se passe beaucoup mieux si ses congénères l'aident et le soutiennent.

    D'où l'intérêt de la 2ème partie de la phrase citée.

    Ensuite on ne peut devenir que "sain et sauf". Et les racines s'enfoncent dans un autre terreau. La Vie va de l'avant et ne s'attarde avec hier...

    Voir le Musée de l'Immigration, Porte Dorée à Paris. Tout le monde devrait y aller et y réfléchir

  • Je n'y suis jamais allée, mais je vous remercie de me le signaler.
    Bonne fin de journée.

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