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Avec la vieille dame.

Dans le parc de la grande maison où on est venu se reposer quelques jours, s’installer sous les tilleuls pour écrire quelques cartes postales.
On les étale sur la table en pierre et on se met à écrire tranquillement, s’arrêtant quelques fois pour écouter le chant des oiseaux.
Une vieille dame, pensionnaire de cette grande maison – on l’a vue à plusieurs reprises déjà – s’avance de son pas hésitant et lent. On la regarde et on lui fait un petit signe de la main. Elle répond avec un large sourire et marche un peu plus vaillamment.
Elle s’approche de la table et du banc et dit bonjour dans sa langue chantante. On lui répond et on lui sourit. Alors, elle continue à parler et demande qui on est, d’où on vient, pour combien de temps on est là, et pourquoi. A chaque question, on répond. On lui fait une place sur le banc et elle s’assied. Elle touche les cartes postales et elle dit qu’elle aimait tant en écrire, aussi, mais elle ne peut plus – elle montre sa main déformée par l’âge – et puis il n’y a plus personne à qui elle pourrait en envoyer. On lui demande qui elle est, d’où elle vient, pour combien de temps elle est là, et pourquoi. A chaque question, elle répond. Au fur et à mesure, elle s’anime. On finit par rire ensemble et quand arrive le moment de rentrer, on marche d’amble dans la grande allée, comme deux amies. On écrira les cartes postales une autre fois.



Commentaires

  • Et peut être il y en aura une qui sera destinée à cette brave dame, car si elle n'en écrit plus, elle ne doit pas en recevoir beaucoup non plus.
    J'aime ces rencontres surprise ou il suffit d'un regard, d'un sourire pour que le dialogue naisse, il y a une foule de personnes très intéressantes que l'on ne voit pas quand on ne prend pas le temps de regarder la vie autour de nous
    Amicalement
    Claude

  • Bonjour Marie, j'espère que ce changement de cadre te fait du bien, peu à peu. Justement une carte voyage en ce moment, la poste est lente en été, comme nous avec la chaleur.
    Le rire réunit, rend complices, bien heureuse pour toi de cette rencontre.

  • J'ai appris l'expression "on marche d'amble" ce matin, je suis contente.
    Votre récit me fait penser à ma parente du nord qui vient de nous quitter, elle ne pouvait plus écrire - 99 ans et une telle "pêche" que je n'ai réalisé son âge qu'en faisant la soustraction lors des derniers voeux d'anniversaire que je lui ai adressés.
    Oui, c'est vrai ce que dit Claude, on reçoit plutôt du courrier si on en écrit. Mais cette petite-cousine, j'ai continué à lui écrire jusqu'au dernier moment.
    Merci pour cette jolie anecdote, moi aussi j'adore écrire des cartes postales!

  • C'est gentil de faire sourire les vieilles Dames, le ciel s'ouvre!
    Belle journée

  • Quelle jolie peinture, quelle douceur dans ces mots... une parenthèse enchantée pour deux personnes.

  • Je découvre aussi l'expression... merci !
    Une belle rencontre, c'était un beau partage.
    Bonnes vacances à vous.

  • Bonnes vacances Marie. Ces rencontres sont de petits miracles. Nous sommes tous frères. Le grand âge isole souvent. Le corps qui se décrépit, les proches qui disparaissent et ceux qui vivent loin.
    Bises et merci

  • Une bien belle rencontre, un sympathique partage... une carte postale supplémentaire, peut-être ;)
    Belle journée Marie, bisous, câlins à tes Félins

  • Merci pour ce si beau et si doux texte, Marie. J'ai été touchée par ce bel effet d'un seul sourire. J'espère que ce séjour vous fait du bien. Bientôt des nouvelles de la minette.

  • Comme votre nouvelle amie, je vous remercie de ce message souriant :
    nous oublions tellement vite la mise à l'écart de nos aînés...
    lorsque nous avons la chance d'être bien entourés !

    Belle et nouvelle douce journée, chère Marie-Bonheur !

  • Les personnes âgées, surtout les femmes (les hommes s'expriment peu en général) sont des livres ouverts sur la vie, leur histoire est celle de l'humanité toute entière, les écouter nous recadre souvent dans notre quotidien. Un jour, peut-être, nous serons de celles-là...

  • En effet, il est des jours où un peu de procrastination ne fait pas de mal aux uns en apportant plaisir et réconfort aux autres. Passez un bel été

  • J'aime ces rencontres où le partage devient un vrai bonheur et se fait amitié au fil des rencontres .
    Belle journée!

  • C'est une magnifique rencontre pour toutes les deux ... Je vous souhaite une belle amitié !

  • Cette vieille dame aurait pu être ma gand-mère à travers cette description ...
    Quant à moi j'aime tant écrire et recevoir des cartes postales !

  • je les écrivais pour maman ces cartes postales qu'elle tenait à envoyer lors des fêtes de fin d'année, elles les signait de son écriture tremblante ...le bonheur tient parfois à si peu de choses, une rencontre sur un banc par exemple ...
    bonnes vacances !
    amitié .

  • Remettre à demain était en effet indispensable, ce qui compte c'est le présent, la rencontre, le partage et le plaisir des rencontres...Je ne sais pas où tu es partie pour quelques jours mais repose-toi bien loin de la grosse chaleur...

  • Bonjour Madame BonheurDuJour ! Merci pour votre passage dans mon blog et votre petit commentaire sympathique. J'adore écrire aussi et j'essaye d'inciter mes potes blogueurs/gueuses à écrire parfois avec moi selon le vocabulaire du XIXème siècle. Retrouver les mots anciens, les vieilles expressions de Zola ou Maupassant est un grand plaisir. Claude le Penseur a bien joué le jeu et c'est un échange génial qui s'établit ainsi entre blogueurs. Il me serait agréable de correspondre ainsi avec vous. Vous verrez que je vis au XIXème siècle et qu'il m'arrive parfois de me rendre au 21ème siècle avec ma machine à voyager dans le temps. Tout a bien changé !
    Sinon je suis très casanière mais il m'arrive parfois de faire LA rencontre importante, précieuse et chaleureuse avec qui je vais pouvoir échanger durant deux heures. J'en "prends" alors pour deux mois et celà me suffit. La dernière étant un monsieur qui vivait sur un ancien site en friche magnifique, au bord de la Charente, tout près de l'endroit où peignait Gustave Courbet, et qui a su nous expliquer tout le passé de ce patrimoine industriel. Je privilégie la qualité à la quantité. Ca fait un bien fou.
    Je vous salue bien bas, madame la blogueuse au si joli pseudonyme.

  • Un récit tout charmant. Se parler, échanger et se sourire. Ce sont des choses simples qui font du bien.
    On a oublié tout cela et personnellement cela me fait mal. On s'isole très facilement aujourd'hui. Quel dommage !

  • Tu sais si bien rencontrer chacun, chacune d'entre nous
    Merci à toi et joli dimanche.
    Bises.
    Den

  • Un joli moment de rencontre et de partage... le reste peut attendre, en effet, il n'y a aucune urgence. Belles vacances Marie, à bientôt. brigitte

  • Je ne sais pas si vous êtes encore en séjour de repos dans cette maison mais j'imagine très bien la scène. Vraisemblablement, j'aurais fait la même chose. Un écrivain que j'aime bien a rencontré sa meilleure amie dans une maison de convalescence (dans l'EDG, c'était plus courant qu'aujourd'hui je crois), comme quoi...

  • Dans le poème d'Aragon (chanté par ferrat) nous dormirons ensemble... Il emploie cette expression à propos de pas - avec le tien / comme il va l'amble. À l'époque, j'avais cherché la signification du terme.

  • On dirait un conte, un joli conte - c'est magnifique de prendre le temps de parler à une vieille dame - dans nos sociétés de vitesse, être vieux, c'est comme être invisible. Quel dommage, on a tant à apprendre des anciens.

  • J'adore vraiment ce petit bonheur et j'aimerais être capable d'en faire autant…

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