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parler

  • Avec la vieille dame.

    Dans le parc de la grande maison où on est venu se reposer quelques jours, s’installer sous les tilleuls pour écrire quelques cartes postales.
    On les étale sur la table en pierre et on se met à écrire tranquillement, s’arrêtant quelques fois pour écouter le chant des oiseaux.
    Une vieille dame, pensionnaire de cette grande maison – on l’a vue à plusieurs reprises déjà – s’avance de son pas hésitant et lent. On la regarde et on lui fait un petit signe de la main. Elle répond avec un large sourire et marche un peu plus vaillamment.
    Elle s’approche de la table et du banc et dit bonjour dans sa langue chantante. On lui répond et on lui sourit. Alors, elle continue à parler et demande qui on est, d’où on vient, pour combien de temps on est là, et pourquoi. A chaque question, on répond. On lui fait une place sur le banc et elle s’assied. Elle touche les cartes postales et elle dit qu’elle aimait tant en écrire, aussi, mais elle ne peut plus – elle montre sa main déformée par l’âge – et puis il n’y a plus personne à qui elle pourrait en envoyer. On lui demande qui elle est, d’où elle vient, pour combien de temps elle est là, et pourquoi. A chaque question, elle répond. Au fur et à mesure, elle s’anime. On finit par rire ensemble et quand arrive le moment de rentrer, on marche d’amble dans la grande allée, comme deux amies. On écrira les cartes postales une autre fois.



  • Etre à la hauteur de soi-même.

    Laisser parler quelques jeunes gens qui ont besoin de s’épancher. Dans ce monde si dur, décrocher un emploi est si difficile et même une nouvelle formation met la barre si haute et les candidats sont si nombreux que l’objectif semble inaccessible.
    Les laisser parler, oui, le temps qu’il faut.
    Bien les écouter – ils en ont tant besoin.
    Puis, leur parler. De la vie. Du travail. D’eux. Se permettre de leur donner quelques conseils pour mieux organiser leur temps et ne pas avoir l’impression d’être dans une course effrénée ; pour mieux se considérer aussi et ne pas laisser les discours négatifs prendre le pouvoir sur leurs projets. C’est la vie qui est dure, ce ne sont pas eux qui ne sont pas à la hauteur. Et plutôt que de toujours faire la liste de ce qu’on n’a pas encore fait, on peut, le soir, faire la liste de ce qu’on a fait. C’est déjà pas mal. Car ce qui est important surtout, c'est d'être à la hauteur de soi-même.
    Et leur dire aussi qu’ils sont formidables.