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  • Au grand marché de Sanary.


    Comme chaque mois, aller à plusieurs au grand marché du mercredi à Sanary en prenant le bus. La descente près de la plage permet d’accéder très vite aux allées qu’il est d’usage de faire suivant un trajet précis et immuable, d’autant qu’il est encore bonne heure et qu’on a tout son temps. Au passage, bien qu’on n’en ait pas besoin, on ne résiste pas qui à une jolie robe d’été, qui à un chapeau de paille, qui à une nième marinière.
    Puis, on va regarder les toiles cirées car, sans qu’on comprenne pourquoi, c’est régulièrement qu’il faut en changer et c’est toujours qu’on a totalement oublié de prendre les bonnes dimensions de la table ; on passe chez la mercière prendre une bobine de fil blanc cassé et du ruban pour tenir ensemble les enveloppes d’une correspondance ; on choisit chez un maraîcher un beau bouquet de basilic, des abricots et des pêches, et des petites courgettes rondes et d’autres jaunes car elles sont vraiment très jolies et cela fera joli dans le plat ; on attend du poissonnier qu'il tourne et retourne les daurades – elles sont toutes magnifiques – pour enfin en prendre une qu’on lui demande de garder le temps qu’on aille faire un tour voir ce qu'il a, le marchand de laines, cette fois-ci, et prendre un café en terrasse.
    Là, sur la terrasse ombragée, s’asseoir et regarder les gens passer tout en papotant comme on le fait depuis qu'on s'est retrouvé à l'arrêt de l'autobus. Quand il est bientôt l’heure du retour, on termine le verre d’eau qui accompagnait la tasse, on rassemble les affaires, on récupère la daurade au passage, on file jusqu’à l’arrêt de bus tout en croisant, comme à l’aller, moult personnes à qui on dit bonjour et à qui on demande comment elles vont à moins qu’elles aient dit bonjour en premier en demandant comment on va ce qui fait qu’on répond au bonjour et qu'on affirme que oui, tout va bien, merci et on demande et vous ? etc.
    Comme c’est souvent le cas en juillet, le mercredi, le bus est en retard. Pendant le trajet, l’air embaume le basilic qui dépasse du panier et se balance au gré des cahotements du voyage.
    Puis, une fois à la maison, on s’assied, on a chaud, on boit de l’eau fraîche et quand on a repris ses esprits, on cuisine et pendant que ça cuit, on cherche le mètre ruban pour prendre enfin les dimensions de la table puisqu’on retournera le mois prochain au grand marché.