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Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour - Page 1166

  • Passer la soirée avec Ivy, Beatrix, Thea, Imogen et Rosamund.


    Passer la soirée à lire La pluie avant qu’elle tombe, de Jonathan Coe.
    Etre heureuse d’avoir lu ce beau livre qui fait réfléchir sur l’essentiel de la vie : être là pour ceux qu’on aime.
    Connaître déjà Ivy, Beatrix, et Thea, pour avoir rencontré tant de leurs semblables, ces mères qui furent des filles malheureuses et ne peuvent accepter l’idée que leurs propres filles soient heureuses, elles.
    Connaître bien Rosamund, qu’on a déjà rencontré aussi au fil des ans, qui tente l’impossible, veut espérer et refuse le « on n’y peut rien, de toute façon ».
    Reconnaître cette petite Imogen, car il y en a tant, qui porte sur ses épaules le fardeau trop lourd de rompre la chaîne de la haine.
    Réfléchir, oui, réfléchir à ce qu’on fait de sa vie, aujourd’hui, maintenant, et pointer ces moments où on a réussi à la rompre soi-même, la chaîne de la haine et espérer qu’il y en aura de plus en plus de ces moments-là, pour atteindre tous les moments du jour.

  • C’est dimanche : Inviter de la famille pour le café.

    C’est dimanche.
    Inviter de la famille à la maison, pour le café, à l’occasion de la visite de cousins qui vivent loin.
    Aller à La Praline chercher des gâteaux : des petits opéras, des petits mille-feuilles, des petits éclairs au café, des petites tartelettes au citron.
    Faire des biscuits au gingembre et d’autres à la lavande.
    Sortir les jolies tasses à café, les petites cuillères en argent et petites serviettes en lin, carrées, toutes fines qu’on repasse à nouveau pour qu’elles soient impeccables.
    Dresser sur la table comme un buffet ; repasser aussi la nappe blanche.
    Quand tout est prêt, attendre. Tapoter un coussin, bouger un bibelot, juste un peu, arranger les fleurs dans le vase.
    Les entendre arriver.
    Accueillir tout ce petit monde, faire des bises, poser les sacs, les vestes, sur le lit dans la chambre.
    Dire merci pour les fleurs.
    Tout en mettant les fleurs dans des vases, veiller à ce que tout le monde soit bien installé : sur le canapé, sur des chaises pour ceux qui ne veulent pas être trop enfoncés, dans les fauteuils pour d’autres.
    Les laisser se parler, se donner des nouvelles, puis se souvenir du temps passé.
    Faire le service, comme la jeune fille de la maison.
    Puis, quand vers quatre heures, les plus âgés donnent le signal du départ, raccompagner jusqu’aux voitures, dire au revoir en embrassant sur les deux joues, en faisant signe de la main.
    Rentrer.
    Ranger.
    C’était bien. Ils étaient contents.