Qui n’a pas de voisin ? Qu’il soit à quelques kilomètres, à 50 mètres, à l’étage au-dessous ou au-dessus, sur le même palier, juste derrière une haie. « Le voisin est celui qui habite, se trouve près d’une autre personne habituellement ou occasionnellement », comme l’indique le Trésor informatisé de la langue française. Au pluriel, les voisins sont ceux qui se trouvent près les uns des autres.
Pendant longtemps, dans les campagnes, on connaissait son premier voisin. Il y avait des échanges de réciprocité basés sur le fait qu’on pouvait avoir besoin les uns des autres. Il y avait quand même des inconvénients à cette absence d’anonymat : tout le monde était au courant de tout et il n’est peut-être pas forcément très satisfaisant d’avoir des relations avec certaines personnes « au cas où ». Mais l’avantage était qu’on n’était pas seul. D’ailleurs, on ne se pensait pas seul : on appartenait à un groupe, sinon à une communauté, celle du hameau, du village, de la rue, du quartier.
Aujourd’hui, n’a-t-on pas tendance à faire en sorte de s’en sortir tout seul, tout le temps et de surtout ne pas demander d’aide. On croise des voisins, certes, mais on se contente, de part et d’autre, d’un signe de tête et d’un léger sourire en guise de bonjour.
Connaissez-vous votre premier voisin ? Connaissez-vous son prénom et son nom ? Et, en cette période de Noël, savez-vous s’il n’est pas seul ? Ou sait-il que vous l’êtes peut-être ?
Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour - Page 669
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La question du lundi : le premier voisin.
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Jouer
De bon matin, partir ramasser des bois flottés. Sur la plage, le vent souffle. En regardant du côté du Mai, on ne voit que nuages gris foncé : la tempête se prépare. On sort les sacs. On commence la récolte. On va et vient entre le sable sec et la grève en escaladant des buttes d’algues qui sentent bon l’iode. On a le nez vers le sol. « On le prend, celui-là ? », « Et celui-là ? » « Oh, regarde, il est beau, lui ! » « Et celui-là ! On dirait une fronde ! » « Eh ! Là ! Là ! regarde, il est tout blanc ! » De petits pas en petits pas, on longe la plage. Quand les mouettes sont tout près, on leur court après pour qu’elles s’envolent. On rit. On s’approche aussi de l’eau, pas trop mais assez tout de même pour tenter/risquer de mouiller les chaussures. Alors on crie. On recule en riant. On avance de nouveau. Le grain se rapproche et le vent se prend pour le marchand de sable. Tout à coup, on trouve un grand bois flotté, bien droit : c’est évident, on y attache un des sacs vides et voilà un drapeau. Il claque dans le vent. On court. On court mais peut-on jamais rattraper le vent ? Quand on a les joues rouges, on est près de la pinède. Les pommes de pins sont aussi à saisir. « Oh ! celle-là, mais regarde comme elle est belle ! On pourra la peindre ? » « Oh ! Eh ! Viens voir, vite, vite, viens voir, là, il y en a trois encore attachées à leur branche ! On les prend ? » Les sacs sont pleins. Les poches sont pleines. Un chapeau déborde de cailloux. Un ressac gigantesque amène une pluie drue et salée. On se réfugie dans le café d’à côté dont l’auvent donne sur la plage. A l’abri, on boit qui un café, qui un thé, qui un chocolat et on étale sur la table les trésors. « On a bien joué, hein ? »