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emily dickinson

  • Ne vient qu’une fois


    La fraîcheur de la fin de la nuit.
    L’aube qui point derrière la colline puis allume le jour en rose avant de laisser la part belle au bleu.
    Et c’est alors qu’il y a de la rosée sur les herbes,
    que le ressac se fait son sur le bord de la mer,
    et que le rouge-queue, réveillé, rappelle que le faîte du toit est son chez lui.
    Oui, voilà, c’est le matin,
    celui dont Emily Dickinson disait qu’il « ne vient qu’une fois ». (1)
    Oui encore :
    demain, fraîcheur de la fin de la nuit, aube qui point derrière la colline, rosée sur les herbes, ressac sur le bord de la mer, rouge-queue,
    et puis… quoi d’autre ? Autre chose. Ce sera un autre matin qui ne sera qu'une fois.


    (1) Emily Dickinson, Quatrains et autres poèmes brefs, NRF Poésie Gallimard, 2000, p. 197

  • « Pour donner grand air à l’existence… »


    Hier soir, en rentrant d’une très belle journée à Mandelieu, au Salon Vivons les mots, au cours de laquelle j’ai rencontré de grands amoureux des mots (lecteurs, éditeurs, auteurs, organisateurs), j’ai pris le temps de rester dans le silence et, avant de me remettre à écrire, car une journée sans écrire est une journée qui s’efface, j’ai lu un poème d’Emily Dickinson (1) à laquelle j’ai pensé très fort sur le chemin parce qu’il y avait de part et d’autre de très belles forêts.
    Je partage ce poème ici avec vous tous :

    « Il n’est besoin pour donner grand air à l’existence –
    Que de se souvenir
    Que le Gland par terre
    Est l’œuf dans lequel les forêts
    Préparent leurs Cimes ! »


    (1) Emily Dickinson, Poésies complètes, Edition bilingue, traduction Françoise Delphy, Flammarion, 2020, page 63.