Relecture de « Crime et Châtiment », de Dostoïevski, dans les deux tomes édités en Folio achetés il y a cinquante ans et déjà relu quatre fois. La traduction est de D. Ergaz. Les pages ont jauni. Certains passages, pour les retrouver plus facilement, sont marqués par des morceaux de fiches Bristol dépassant du livre :
la lecture de la résurrection de Lazare par Sonia à la demande de Raskolnikov
la longue conversation entre Porphyre Petrovitch et Raskolnikov au cours de laquelle Porphyre dit à Raskolnikov qu’il sait très bien que c’est lui le meurtrier
la scène de la dispute entre Amalia Ivanovna et Catherine Ivanovna (quelle splendeur dans l’écriture, l’utilisation magistrale du discours indirect),
celle où Svridigaïlov enferme Dounia puis la laisse partir...
D’autres passages sont marqués par des post-it, des soulignements au crayon 3B utilisé depuis toujours pour la lecture ou pour prendre des notes dans les petits carnets, des pages cornées.
Ces personnages si familiers, Raskolnikov en premier, qui croient donner un sens à leur vie en prenant des décisions terribles qu’ils s'imaginent raisonnables et qu'ils s'évertuent à justifier...
Sur une fiche Bristol bleue du format du livre, de l’écriture de ma jeunesse, la liste des personnages avec mention de leur rôle dans l’histoire ; des précisions ajoutées au fur et à mesure des relectures, ainsi pour Sonia dont je n’avais pas du tout perçu, à la première lecture (j’étais trop jeune), le rôle essentiel dans le roman : le mot compassion est accolé à son prénom.
Compagnonnage tout au long d’une vie avec "Crime et Châtiment"…
Bonheur du jour - Page 2
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Crime et Châtiment - compagnon
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Lumière intérieure
Une amie très chère cueille dans son jardin avant de partir une belle brassée de mimosa.
Elle l’apporte à la maison et l’offre avec un sourire.
Quel beau cadeau lumineux !
L’arbre commençant juste sa floraison, une partie du bouquet est constitué de petites boules non encore écloses.
Toute la journée, le bouquet, dans son vase bleu, participe discrètement aux repas, à l’après-midi couture, au dîner, au va-et-vient des habitants de la maison…
A chaque passage, il est admiré.
Et puis, durant la nuit, les pompons éclosent au point qu’on les trouve tout épanouis au matin.
Pour éclore, ils n’ont pas eu besoin d'autre lumière que celle qu'ils portaient chacun en eux-mêmes.
Et nous, quelle lumière intérieure portons-nous afin d'éclore au cœur profond de notre vie ?