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Bonheur du jour - Page 2

  • Dans la colline.

    Aller dans la colline, c’est quitter les habitations et la route goudronnée pour prendre un sentier bien souvent sinueux et irrémédiablement pierreux. C’est rencontrer des arbres. Beaucoup de chênes pubescents dont les feuilles tombent et fanent, des chênes verts dont les feuilles ne sont ni lobées ni jaunes, et des chênes kermès dont les dernières pluies ont avivé les épines ; des cades chevelus aux reflets bleus déjà alourdis par leurs nombreux fruits, petites boules vertes, mais bientôt noires ; des pistachiers térébinthes aux belles petites feuilles jaunes et rouges ; des arbousiers dont les fruits n’ont pas encore pris leur teinte de Noël. C’est rencontrer des pierres, de celles que le pied évite ou d’autres qu’on appelle rochers. C’est déboucher sur des clairières tapissées d’un thym si odorant qu’on en prend quelques brins pour la tisane du soir. C’est recevoir la pluie dont les gouttelettes éparses abreuvent le sillon du chemin creux puis, quand le mistral émet ses premiers souffles pour prévenir les nuages qu’il est temps de faire toute la place au bleu du ciel, recevoir une pluie de feuilles virevoltantes, quasi-joyeuses dont certaines, joueuses aussi, viennent se coller sur le bout du nez. Ce n’est pas grave qu’il fasse alors plus froid et que les doigts s’engourdissent un peu à la cueillette des pissacans, des coulemelles voire des girolles : il fait un grand soleil et on va et vient entre les taches de lumière et d’ombre. Puis, debout au milieu de la forêt, on se souvient de quelques passages de Pagnol évoquant l’automne en Provence dans Le château de ma mère.

  • La question du lundi. De la soupe.

    Le nouvel appareil à soupe fait beaucoup parler. D’abord, parce qu’il détonne dans la cuisine par son côté moderne. Il interpelle car il est neuf, aussi… On rassure en disant qu'on ne l'a pas acheté mais qu'on nous l'a offert... En plus, il bouleverse la façon de faire la soupe. Avant, on faisait la soupe pour plusieurs jours de suite, avec de nombreux légumes, comme on a appris à la faire quand on a une grande famille, soit plusieurs litres. Et d'ailleurs, on donnait souvent de la soupe ici ou là. Avec l'appareil à soupe, on peut aller jusqu’au litre. Ainsi, avant, on mettait une courge butternet intégralement, maintenant, il faut la partager en trois fois au moins. Avant, on coupait les légumes en morceaux, certes, mais pas minuscules, maintenant, il faut même couper les feuilles d’épinards. Avant, on utilisait la cocotte en fonte et maintenant… ce nouvel engin. Il faut convenir qu’il a des avantages : on n’a rien à surveiller (on n’a qu’à s’asseoir, dixit celle qui a fait entrer la modernité dans cette cuisine), on fait de la soupe « fraîche » plus souvent, on n’a plus à sortir le mixeur puisque ça se fait automatiquement, on n’a même plus besoin de regarder l’heure car le temps de cuisson est programmé. Et on peut choisir entre « creamed » ou « with pieces » en appuyant sur l’une ou l’autre touche (bien sûr, tout est écrit en anglais…) Creamed » veut dire ici bien mixée ; « with pieces », avec morceaux.

    D’où la question du lundi : préférez-vous la soupe mixée ou la soupe non mixée ?