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L'antan

Il y a des moments, comme ça, dans la vie, où comme dans une chute on ne sait plus où sont bras et jambes, haut et bas, devant derrière, le temps a chaviré sans rien nous avoir demandé. Quel jour sommes-nous ? Quelle heure est-il ? Où sommes-nous ? Qui est là ?
Certaines choses sont restées, comme un bruit de pas qu’on reconnaîtrait encore sans hésitation, si c’était encore l’heure du retour pour le dîner du soir ; ou, plus clair encore, le cliquètement des clés dans la serrure.
D’autres sont tapies dans un endroit tranquille, comme des chats au plus profond de leur sieste, abandonnés à un ailleurs flottant. Elles attendent simplement un signal qu’elles sont seules à connaître pour se réveiller, s’étirer, et rester là, dans ce qu’elles croient être le quotidien d’avant.
Comme, dans le magasin, ce nouveau rayon de paquets de café en grains devant lequel on s’arrête. Un paquet en main, on en tâte les grains, et on le rajoute au panier de courses.
A la maison, on ressort d’en haut du placard le moulin à café électrique qu’on avait acheté au tout début de sa vie d’adulte et dont on s’était servi quelque temps, jusqu’à ce qu’on pense plus judicieux d’utiliser du café déjà moulu. Il faut le nettoyer. Puis, on prend le paquet de café et on se souvient de ce geste d’antan qu’elle faisait, elle aussi, chaque matin.
Se servir du couvercle du moulin comme dose et le remplir de grains.
Verser ensuite les grains dans le moulin.
Moudre finement.
Faire quelques pauses pour remuer le moulin afin que tout le café soit bien moulu de la même façon.
Rouvrir le moulin et laisser le parfum du café se répandre dans la cuisine.
Verser le café tout juste moulu dans le filtre.
Mettre en route la cafetière.


Commentaires

  • Petits gestes à l'ancienne et le parfum incroyable du café...
    Le hasard peut être terrible et meurtrier, il peut aussi se nommer autrement, parfois grâce ou providence, il ne nomme comme l'on veut ou tout simplement poésie...

  • Et à la main? Je l'ai fait, ça... Avec un vieux moulin marque Peugeot...

  • Et ça sent délicieusement bon.... Bonne journée.

  • Oui tellement vrai! Les souvenirs, les bruits, les images, les atmosphères ressurgissent parfois on ne sait d'où et à l'improviste :) Et c'est si bon!

    L'odeur du café moulu est si agréable et me rappelle aussi les petits-déjeuners de mon enfance...

    Bon dimanche et merci pour ces petits bonheurs que nous partageons..

  • Tous ces souvenirs qui reviennent, qu'on aiment tant et dont parfois on ne voudrait plus se souvenir pour ne plus avoir mal. R'on ne voudraient plus avoir pour ne plus avoir mal.
    J'ai commencé à écrire mes souvenirs d'enfance pour ne pas oublier, pour l'offrir aussi plus tard à mes petits enfants.
    Le temps passe et il n'efface rien, surtout pas ceux qu'on a aimé. Chaque nuit encore mon mari est dans mes rêves, Ce sont des scènes du quotidien, comme si rien ne s'était passé; Au début cela m' a beaucoup inquiété parce que cela fait maintenant si longtemps qu'il n'est plus de ce monde, mais à présent je me dis que c'est une façon de me faire savoir qu'il est toujours là.
    Bonne journée à toi .

  • ce joli billet me rappelle le moulin à café de ma grand-mère, avec la manivelle qu'il fallait tourner et le petit tiroir dans lequel tombait le café moulu ...
    quel dommage que ma mère ait jeté tout ça au rebut!

  • Des grains d' amour à moudre et à re-moudre sans modération ...ils ne meurent jamais ...la preuve vos mots si plein de tendresse ...:-)

  • La présence des absents nous fait parfois glisser dans l'indécis du temps. Accueillir, attendre, entendre et puis rejoindre le jour présent...
    Billet qui me rappelle le moulin en bois de ma grand-mère et puis le moulin électrique de ma mère, l'arôme du moka. Merci pour le parfum du café fraîchement moulu.

  • Souvenirs qui surgissent parfois si douloureux, plus doux quand le temps atténue les chagrins. Je revois ma chère grande-mère assise, en train de moudre le café, nous étions trois enfants et nous avions le privilège de tourner chacun à notre tour la manivelle du moulin, nous n'aurions raté ce moment pour rien au monde...... le plus jeune d'entre nous est parti le premier bien avant grande-mère, toujours garder dans son coeur ces tendres souvenirs pour oublier un peu que la vie peux parfois être très cruelle. Amitiés.

  • Quel beau billet, plein d'odeurs de souvenirs qui surgissent sans crier gare, qui nous baignent et souvent ravissent.
    Bon dimanche, merci; je pense fort à ma grand-mère et à son moulin manuel...

  • Hummm, j'adore l'odeur du café, ça sent tellement bon mais je n'en bois pas... Bise et bon dimanche tout doux!

  • Ce moulin, nous l'avons conservé, utilisé pour moudre les graines d'anis ou de poivre. Le moulin mécanique à manivelle, que l'on coinçait entre les genoux, et le petit tiroir que l'on ouvrait avec précaution. Ce rajoute à ta description, les petits bouts de chicorée que l'on rajoutait au café moulu obtenu.
    Et les tartines de pain recouvertes du beurre fait maison, à partir du lait de ferme acheté, le soir après l'école.
    Heureusement que nous avons connu tout cela.

  • Parfois il suffit d'un petit détail pour que les souvenirs refassent surface. Merci de votre merveilleux billet, j'ai un souvenir de ma jeunesse où mon oncle, après le repas de midi, tournait le petit moulin en bois. Avec ma tante, nous le regardions faire et tout à coup, patatra... tous les grains étaient par terre. Tous les trois, nous étions pris d'un grand fou rire.
    Douce soirée Bonheur du jour.

  • Comme un bonheur du jour un peu oublié ...
    merci pour ce rappel de l'odeur du café en grains
    et des gestes que l'on peut qualifier de manuels !

    Comme ta visite qui m'a fait grand plaisir !

  • ce texte ! quelle émotion il soulève! merci

  • Enfant, seule réveillée un dimanche matin, j'avais eu envie de faire une surprise à mes parents en leur préparant le café.
    Je connaissais les gestes pour les avoir observés de nombreuses fois. Apparemment pourtant un détail important devait m'avoir échappé : il ne faut appuyer sur le bouton du moulin électrique qu'après avoir posé une main sur son couvercle sans quoi...
    L'opération s'est soldée par un envol circulaire de grains de café plus ou moins broyés dans la cuisine et une déconfiture imprimée dans ma mémoire en même temps que le bon geste pour les fois suivantes...
    Si ma maman a toujours ce moulin je vais aussi m'en resservir, merci Séraphine pour ce souvenir ressurgi.

  • J'hume l'arôme de son bon café.....

  • Tous ces souvenirs, douloureux parfois, qui resurgissent jusqu'à nous... par l' arôme d'écrin d'amour,... comme écrit si joliment Mathilde, .... maman est encore parmi nous.... mais l'odeur du son café provenant de sa cuisine revient jusqu'à moi. ce soir.. lorsque j'étais petite fille, la si bonne exhalation du café moulu... laisse une trace indélébile, forte... je me souviens..., assise sur une chaise, le moulin à café en bois calé entre les cuisses, on rajoute à la petite cuillère les grains si odorants, et on tourne, on tourne la poignée, si fortement que parfois on pince un peu de sa chair, aïe ça fait mal ! et en recommence de plus belle à tourner.... on vérifie de temps en temps le tiroir... il est presque plein.... il est plein maintenant.... plus tard, c'est avec un moulin électrique... que l'on pratiquait cette opération... ça allait plus vite évidemment... mais ce n'était pas pareil.... là on attaquait une autre ère, plus technique !!! il ne fallait surtout pas oublier de tenir fortement le couvercle des deux mains, sinon, catastrophe avec l'écrin d'amour.... ...
    Merci Bonheur du Jour d'avoir permis de nous remémorer ces belles choses, même si elles appartiennent au passé..
    Regarder, Entendre et Sentir.
    Bonne fin de soirée.
    Den

  • Je ne ferai qu'ajouter mes propres souvenirs au commentaires précédents. C'est fou de penser que l'on a pu vivre tout cela. Le petit Peugeot électrique chez mes parents, et le vieux moulin à manivelle chez mes grands-parents...Et aujourd'hui chez moi, la bécane de George, rutilante, avec ses petites capsules multicolores pas du tout écologiques ;-( Dommage, il est pourtant bien bon son café.

  • Les souvenirs liés aux objets, aux saveurs, aux odeurs sont d'une grande puissance et font naître les émotions de façons parfois impromptue

  • Je suis heureuse que ce souvenir là soit revenu ainsi, et surtout que j'ai pu le laisser revenir, tranquillement, sereinement.
    Bonne journée.

  • étonnant je suis allé acheter du café chez le torréfacteur de mon enfance, la boutique est toujours présente : l'odeur m'a assailli avec un tas énorme de souvenirs. aller u p'tit café @ +

  • Je comprends tout à fait. Ah, les brûleries de café, c'est tellement chouette.

  • j’avais oublié mon blog

  • Ces images me rappellent le film Les délices de Tokyo que je viens de voir et qui m’a beaucoup plu...
    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=235589.html

  • Je ne connais pas ce film, mais j'aime découvrir. Merci.

  • On a tous nos madeleines de Proust enfouies dans nos mémoires, il suffit parfois d'une odeur pour les faire remonter à la surface.

  • C'est important, d'ailleurs, d'accepter de les laisser revenir à la surface.
    Bonne journée !

  • ... et savourer une ou même deux tasses d'un bon café !!!
    Bisous

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