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Liste de contemplation : Hépatica triloba

Ici, quand on dit : « je monte à la Grotte », nul besoin de préciser de quoi il s’agit. Disons pourtant ce qu’il en est : il s’agit de la chapelle dédiée à Ste Marie Madeleine installée dans la grotte sur le chemin qui monte au sommet de la Sainte Baume. Pour l’atteindre, il faut marcher et, donc, monter. En partant de l’hôtellerie, on suit la sente forestière dont l’ombre se rafraîchit au fur et à mesure qu’on approche de la haute roche grise verticale. En pleine région méditerranéenne, on est au milieu de feuillus, des hêtres principalement, de houx, d’ifs, de lierre envahissant et de fleurs dont la plupart, allez savoir pourquoi, sont bleues. On est dans une forêt fossile. Les couleurs dominantes sont le vert et le marron des arbres, le mauve des fleurs, le gris foncé des pierres et de l’ombre. De part et d’autre du sentier, les violettes s’affichent en coussins : en voici un, puis un autre, et encore un autre ! C’est touchant de voir ces fleurs ayant poussé si rapprochées les unes des autres. La violette n’aime peut-être pas la solitude ? Pour sentir leur parfum, il est nécessaire de s’agenouiller puisque leur tige est courte et ne dépasse que de très peu le tapis de feuilles. Elles sont innombrables et font pétiller les yeux de joie à leur façon de s’incliner vers la terre d’un air coquin tout en pointant leurs pétales pour ne rien perdre de ce qui se passe. Innombrables, oui, ce ne sont pourtant pas les plus nombreuses sur le chemin de la Grotte : partout, les sereines anémones bleues dont le nom savant est hépatica triloba foisonnent et colorent le sol de leur jolie teinte lavande. Triloba car leurs feuilles ont chacune trois lobes. On fouille dans l’épaisseur de feuilles mortes qui deviendront de l’humus dans longtemps pour en sortir quelques feuilles et compter les lobes en les suivant du doigt : un, deux, trois. La fleur, elle, a six pétales. De nombreuses étamines blanches tranchent sur la belle corolle bleue ; ce blanc guidera bien les insectes vers le pistil. On laisse les fleurs, bien sûr. Pas question d’en cueillir. Pourtant, au retour, quand on aura longé la crête dans une garrigue blanche embaumant la thym et qu’on sera redescendu par la forêt, on trouvera au milieu du chemin deux fleurs qui ont été cueillies et jetées par terre. Déjà flétries, on les prendra pour les mettre dans le petit carnet noir.




Commentaires

  • Avec tes mots, quelle jolie montée printanière a la grotte tu nous offres... Je sentais les violettes ; j'aime tellement leur parfum. Moi quand j'y suis allée en début d'annee, c'était le houx le vrai et le faux qui égayait cette magnifique forêt http://chezlyne.canalblog.com/archives/2019/01/01/36984180.html
    Bonne semaine biz Lyne

  • Je ne connais pas cet endroit mais il m' a semblé le visiter et surtout le sentir à travers cette superbe description, ha le doux parfum des violettes ^^ bonne journée!

  • Comme elle m'est chère cette Ste Baume ! Durant des années , en Juillet-août, je logeais à l'Hotellerie et chaque matin je montais à la Grotte à travers cette forêt, miraculeuse sous ce climat ; on dirait une verdoyante végétation anglaise , épargnée par la hache des soldats de César , car ils craignaient les dieux qui l'habitaient ! Hélas , venant l'été , je n'ai jamais vu les violettes dont vous parlez ... un regret de plus pour moi de ce lieu qui tant me parlait !
    Merci d'en avoir ravivé le souvenir .

  • Comme j'aimerais la voir, faire cette montée, comme j'aurais aimé revoir Notre Dame de Paris telle qu'elle était, aussi ! La vie passe, trop vite et c'est cruel

  • La violette a un "truc" : quand on la sent, nos sens olfactifs sont paralysés et on ne peut pas la sentir une deuxième fois de suite; il faut attendre.... Cette fleur est décidément pleine de mystères et de personnalité.

    Bonne journée, Marie.

  • Sublime endroit inspiré et inspirant. Quand on se gare à droite de l'hostellerie, face à un champs splendide et à ce chêne qui a rendu l'âme il y a peu d'années, on aperçoit le monastère, la marche semble très longue, on se demande si on trouvera en soi l'énergie pour y grimper... et puis et puis on se retrouve dans cette incroyable grotte, presque sans effort, je suis toujours étonnée par cette "magie". Merci pour cette évocation Marie, bises, à bientôt. brigitte

  • Quel bonheur de te suivre sur ce beau chemin, dont tu nous détailles si soigneusement les replis ! Je les vois tout à fait, ces petites fleurs bleues ou violettes ; ici en cette saison nous en avons de jaunes et blanches (des anémones), moins spectaculaires c'est certain, beaucoup plus simples et innocentes, mais combien touchantes et adorables ! Dommage pour ces petites fleurs coupées, mais elles finiront dans un lit inspirant et plein d'amour.

  • J'espère monter à cette grotte un jour et je repenserai à ce billet de douce contemplation.

  • Merci Marie d'avoir ravivé le souvenir de cette belle montée !
    Je t'avoue n'avoir pas détaillé comme toi toute cette belle végétation qui nous avait accompagnés au cours de la promenade....Bises.

  • J'ai des violettes dans mon jardin qui m'ont été "transmises" par ma voisine, âgée et partie depuis longtemps vers un autre monde. Ces fleurettes fidèles renaissent chaque année.. Votre promenade est si émouvante .. Aujourd’hui, je suis triste avec ce désastre à Paris..

  • Beauté et fidélité des plantes quand elles ne sont pas malmenées par l'humanité!

  • les hyacinthes doivent être fleuries chez moi, les violettes (inodores) étaient déjà présentent avant ma venue à la mer, mon petit bois aime bien le violet des fleurs en cette saison ...
    quelle belle balade que la tienne !
    amitié .

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