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marguerite yourcenar - Page 4

  • Moisson.

    Aller à la librairie Charlemagne récupérer la commande de livres car Marguerite Yourcenar a donné envie de relire Tacite, Empédocle, ….
    Très tôt le matin, prendre le bateau pour traverser la rade et faire le marché au Cours Lafayette : aubergines, poivrons, courgettes, tomates, coriandre, persil, concombre, haricots verts, et, en bas, avant d’aller prendre un café au Reale avec une amie, plusieurs parts de pissaladière et de la cade, bien sûr.
    Faire une tarte aux herbes.
    Etre au milieu d’une grande tablée familiale et amicale, les discussions fusent, les rires aussi, et c’est le moment de découper le gâteau alors il faut compter combien faire de parts et veiller à ce qu’elles soient toutes égales.
    Lire Pays à vendre, d’André Bucher.
    Recevoir une jolie carte colorée, une lettre aussi et prendre le temps d’y répondre.
    Transformer une jolie boîte à thé reçue en cadeau à Noël, désormais vide, en boîte à boutons, en se servant des compartiments pour bien les ranger par catégories : les bleus, les blancs, les fantaisies, les petits, les gros, ….
    Passer un bon moment à la braderie d’Emmaüs et repartir avec une jolie nappe à carreaux blancs et bleus.

  • Retrouver le mot brimborion.

    En relisant, donc, Marguerite Yourcenar, on tombe sur ce mot qu’on avait presque oublié : brimborion. On l’avait remplacé par bricole, babiole, bidule, voire, les anglicismes étant de plus en plus répandus, gadget - quoiqu’il y ait dans le mot gadget le sens de nouveauté qui finit par devenir inutile, ce qui n’est pas le cas de brimborion. C’est un mot très joli et on pensera à l’utiliser.
    Pour le plaisir de la lecture, voici le passage de Souvenirs pieux dans lequel Marguerite Yourcenar utilise le mot brimborion, évoquant divers objets provenant de sa mère, décédée à sa naissance et conservés pour elle par son père :

    « La cassette scellée par Michel a rempli son office, qui était de me faire rêver sur tout cela. Ces pieux déchets font pourtant envier les animaux, qui ne possèdent rien, sinon leur vie, que si souvent nous leur prenons ; ils nous font aussi envier les saddhus et les anachorètes. Nous savons que ces brimborions ont été chers à quelqu’un, utiles parfois, précieux surtout en ce qu’ils ont aidé à définir ou à rehausser l’image que cette personne se faisait d’elle-même. Mais la mort de leur possesseur les rend vains comme ces accessoires-jouets qu’on trouve dans les tombes. Rien ne prouve mieux le peu qu’est cette individualité humaine, à laquelle nous tenons tant, que la rapidité avec laquelle les quelques objets qui en sont le support et parfois le symbole sont à leur tour périmés, détériorés ou perdus. »