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Le monde vain.

Pouvoir parler à une amie écoutée longuement en puisant dans sa propre expérience personnelle ce qui est peut-être un conseil : c’est mieux de laisser tomber. Quand elle part, on ne sait pas ce qu’elle en fera, mais peu importe.
Bien trop souvent dans la vie, on se sent obligé d’être parfait ou parfaite, c’est selon. Chaque matin, on a tout à prouver. Mais c’est ce qu’on croit. En fait, on est dans une logique du faire et de l’avoir – ne rien lâcher – et surtout, accumuler des compliments, des promotions, des charges, et renforcer un statut social.
Parfois, quelque chose arrive, ce qu’on peut appeler un grain de sable. On ne doit pas s’en réjouir, non, pas du tout, mais on doit arriver à se poser un instant pour y réfléchir : ce qui se passe, là, c’est le signe de quoi ? est-ce que cela ne m’aide pas à mettre les choses en perspectives, à remettre de l’ordre dans les obligations de ma vie ? C’est loin d’être facile d’accepter alors de changer de logique. Après la logique de l’accumulation, on entre dans celle de la perte : « je ne suis plus », « je n’ai plus », « je ne peux plus », « ce n’est plus moi qui… », « plus personne ne m’appelle », « je ne fais plus ceci ou cela ». Mais si on est patient, on vivra le moment où on pourra dire : « je suis » et on regardera enfin tout sereinement ceux et celles qui s’agitent et frétillent de se croire indispensables dans un monde vain.

Commentaires

  • Vous n'allez pas me croire, mais je me suis faite la même réflexion hier...J'ai la chance d'être dans le "Je suis" mais il y a tellement de gens qui frétillent autour de moi...que j'avoue parfois me sentir bien "seule" et douter (oui, toujours et encore...).Alors vous lire ce matin est un bonheur du jour délicieux. Une très belle journée à vous et en ce premier jour de l'été, je vous le souhaite joyeux...ainsi qu'à toutes celles qui liront ces mots.

  • Les gens courent pour paraître se qu'ils ne sont pas, ils en oublient tout simplement d'être, un statut social n'a aucune utilité pas plus que l'accumulation de richesses, un siècle de vie c'est très court et pourtant on y arrive pas tous, alors pourquoi perdre son temps avec des futilités qui nous seront d'aucun secours lorsque viendra l'heure de tirer sa révérence
    Passe une belle journée
    Amicalement
    Claude

  • Bonjour. J'ai couru pendant des années pour finalement oublier qui j'étais vraiment. Heureusement, je me suis arrêtée à temps. Merci pour cette belle réflexion matinale et bonne journée. Bises alpines.

  • "to be or not to be" ... la littérature m'a appris dès le plus jeune âge à choisir l'être sur l'avoir ...j'ai donc opté en connaissance de cause pour le "cultiver mon jardin" ...et sans l'avoir cherché, c'est fou ce que cela "impressionne" les autres ...chacun choisit la montagne qu'il aura à gravir ... et puis, il fait du mieux qu'il peut ...
    amitié .

  • La maladie peut être un révélateur, un juge de...paix !

    "Dans l'tourbillon de la vie", c'est souvent lorsqu'elle nous
    frappe que nous nous relevons en boxeur sonné .
    Quelques soins, quelques longues pauses plus tard, nous ne
    remontons plus sur le ring, nous refusons le combat en nous
    contentant d'admirer la nature, la beauté des choses et
    des gens qui arrêtent tout net "la commedia dell'arte" !...

    Arrêtons de jouer, soyons tout simplement,
    c'est la sagesse de Sido !

  • Ces petits grains de sable sont certainement là, sur notre chemin de vie, pour nous faire évoluer et nous rapprocher de ce que nous sommes vraiment. Ils sont parfois difficiles à "avaler" mais le temps les polit... Une très belle réflexion, merci Séraphine, douce journée estivale. brigitte

  • C'est difficile parfois de "laisser tomber" quand cela a tout représenté . C'est un long travail douloureux, une remise en question pleine de conséquences en chaines, pleine de renoncement et d'abandon , de solitude aussi .

  • Je crois que cela s'appelle "LA SAGESSE". J'essaye mais parfois je retombe dans mes travers.

  • décidément, vous racontez bien justement et en détails l'en-dedans… en accord bien sûr, avec vous, et avec dame Fiorenza, comme à chaque fois… j'en reste le cœur et les cellules grises bés !!

  • Merci pour ce questionnement... je crois qu'effectivement il faut aussi être patient et que l'on a toujours des moments où le "je suis" revient avec force.
    Passez une douce journée.

  • C'est très intéressant ce que tu écris. Je réfléchis beaucoup à ça et je tourne pas mal en rond.
    Nous sommes dans une société où être simplement soi, n'est plus suffisant. Et l'on s'épuise énormément à vouloir être toujours plus que simplement soi.

  • arrêtons avec la perfection !!! bien de le dire, mieux d'être plus authentique, même si un peu rugueuse.
    hier j'étais piquée par un moustique (humain). Et je méditais aussi sur la conduite à tenir.
    Bises et bonne soirée. (je lis l'arbre et l'éveil de J. Brosse, bien passionnant)

  • Merci. Il n'y a pas de lien sur votre prénom, donc je ne sais pas où vous rendre visite. Pourriez-vous me l'indiquer ?

  • Je n'ai plus rien à prouver. Je ne me compare plus aux autres. Je n'accumule plus les possessions……..Mais je suis loin d'être parfait !! Et j'assume !

  • Le moment du deuil est difficile. Deuil de ce qu'on a été aussi (jeune et en bonne santé). Mais je crois qu'on s'habitue (enfin, je devrais parler pour moi) assez vite à la nouvelle situation (pour la santé, là, on fait de son mieux). Pourtant, un moment, cela peut devenir difficile... Terminer sa quatrième année d'infographie, non sans mal, en se disant que de toute façon, il est trop tard... Que j'ai raté le "coche" (mais que de toute façon, quand j'avais vingt ans, ces études n'existaient pas)... Donc, me dire que malgré tout, j'ai de la chance de pouvoir les suivre. Qui plus est en même temps qu'une amie, elle aussi passionnée.

  • L'autre jour, j'étais justement à la recherche d'un passage de Lucrèce (De la Nature), qui exprime votre point de vue... Je ne me souvenais plus très bien de sa formulation. En réalité, c'est le début du Livre II.

    "Mais la plus grande douceur est d'occuper les hauts lieux fortifiés par la pensée des sages, ces régions sereines d'où s'aperçoit au loin le reste des hommes, qui errent çà et là en cherchant au hasard le chemin de la vie, qui luttent de génie ou se disputent la gloire de la naissance, qui s'épuisent en efforts de jour et de nuit pour s'élever au faîte des richesses ou s'emparer du pouvoir." (traduction, Remacle).

  • Comme certains à la retraite ont besoin d'être dans beaucoup d'associations et voudraient vous imposer la même chose. Et bien non...
    Bises

  • Merci, chère Marie, pour ce merveilleux billet. Tout est dit, c'est bien ainsi...
    Je t'embrasse en te souhaitant une paisible nuit.

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