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Chanson de Lorette, de Vaux-Douaumont, de Craonne, Sur le plateau...

A propos de gens courageux évoqués hier, en ce jour commémoratif, avoir envie de partager ici une des versions de la chanson de Craonne (cette chanson a été chantée dès 1914, sous plusieurs versions : Chanson de Lorette, Chanson de Vaux-Douaumont, Sur le plateau, …. )
Les paroles résonnent encore aujourd’hui.

Sur le plateau de Craonne
1er couplet
Lorsque au bout de huit jours
L’repos terminé
On va reprendre les tranchées
Notre place si utile
Car sans nous l’on n’est pas tranquille
Mais donc maintenant qu’on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros
Et dans un sanglot
On se dit adieu le repos
Même sans tambour
Même sans trompette
Nous partons hélas en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est pas fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés.

2e couplet
Nous voilà r’partis tous le sac au dos
On peut dire adieu le repos
Car pour nous la vie est dure
C’est terrible je vous l’assure
A peine là-haut on se fera descendre
Sans même pouvoir se défendre
Car si nous avons de très bons canons
Les Boches répondront à leurs sons
Forcés de se terrer là dans la tranchée
Attendant l’obus qui viendra nous tuer.
Au refrain

3e couplet
Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Cependant on a l’espérance
Car ce soir peut-être la relève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit avec le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre
Sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs viennent chercher leurs tombes.
Au refrain

4e couplet
C’est malheureux d’voir
Sur les grands boulevards
Des gens qui se payent de votre poire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous ce n’est pas la même chose
Au lieu de se cacher ces gros embusqués
F’rai[en]t mieux de monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens
Nous qui n’avons rien
Nous sommes les malheureux pantins
Tous nos pauvres frères sont étendus là-bas
Pour garder le bien de ces fumiers là.

2e refrain
Ceux qu’ont le pognon
Ceux là r’viendront
Puisqu’ c’est pour eux qu’on s’crève
Mais c’est fini car les troupiers
Vont se mettre tous en grève
C’est à votre tour M[ess]ieurs les gros
De monter sur l’plateau
Car si vous voulez la guerre
Payez-la d’votre peau.
(Fin)

Aux armées le 10 juillet 1917
R. Moignet
62e Régiment d’infanterie
10e Compagnie
(Source : http://www.chansondecraonne.fr/versions/Craonne-17-07-10/Craonne-17-07-10-transcription.html)

Commentaires

  • Céline l'a décrite cette putain de guerre, Vian ne voulait pas la faire ... mais dans nos cours d'Histoire et de littérature dans les années cinquante, on ne cessait de nous la faire voir belle ...
    amitié .

  • Merci pour cet hommage Marie en ce jour de mémoire. Le frère de ma grand mère a "disparu" comme beaucoup au chemin des Dames. Il n'a pas de tombe mais est inscrit au monument aux morts du village. Elle avait 7 ans et m'en parlait très souvent. Une génération sacrifiée, une vraie boucherie comme le décrivent tes chansons.
    Je t'embrasse, belle journée. Claudie.

  • Je pense aussi à mon grand oncle mort d'un coup de baionnette. Sa femme n'a jamais voulu se remarier, restant ainsi sur un rêve brisé net, et a élevé seule ses deux enfants. Sa petite-fille, ma cousine, qui ne l'a jamais connu puisque sa mère avait 10 ans à la mort de ce grand-oncle Fritz (Belge, malgré son nom mais on connait le sort des villages et villes de frontière!), porte le manque de ce grand-père depuis toujours. C'est très curieux comme on porte le deuil d'aïeux qui ont brisé la chaîne familiale trop tôt... Ils sont là, mais en absents depuis toujours...

  • Merci pour cet hommage.
    Toutes les guerres sont horribles mais celle-là l'a été particulièrement. Ce sont des malades qui nous gouvernent, il faut être un malade mental pour envoyer des millions de personnes au casse-pipe.

  • Très bel hommage aux Poilus !
    Mon grand-père maternel en a fait parti et a eu la chance de revenir (sinon, je ne serais pas là pour avoir une pensée en ce 100ème anniversaire pour tous ces jeunes gens qui sont tombés).
    Bon dimanche, bisous, câlins

  • Merci de faire revivre cette chanson où tout est dit!
    Toutes mes pensées attristées en ce jour de commémoration .

  • j'ai entendu ce matin un groupe qui chante dans les cabarets les chansons de la grande guerre et cela m'a beaucoup émue car j'ai entendu un morceau d'une chanson que chantait ma grand-mère dont j'avais oubliée les paroles et dont je ne savais pas qu'elle venait de ce temps là
    je fais un copier coller pour mon livre de poésie

  • Je ne connaissais pas cette chanson qui nous fait prendre conscience de ce qu'ont vécu nos pauvres soldats

  • Cette chanson, je l'ai toujours dans la tête, et chaque année je la passe à mes élèves de 3e, en regardant par la fenêtre pour ne pas qu'ils voient que j'ai les larmes aux yeux....

    En réponse, ce "poème 14_18 de Raymond Prunier, que j'aime :

    "Danse clament-ils danse sur les ombres très obliques de nos croix qui prennent la terre entière
    Rougis les radis jaunis les blés
    Croque les pommes du temps
    Explose de joie simple
    Vis
    Et ton hommage de novembre vaudra toutes les fleurs"

  • C'est un bel hommage et les paroles valent grandement un cours d'histoire...tout est dit...

  • Quelques jours dans la région de Verdun à chercher la tombe d'un grand oncle m'ont fait toucher du doigt à quel point ces jeunes morts sont présents dans nos esprits et nos généalogies. Il en faut du temps pour regarder les évènements comme ils ont été et non comme l'histoire officielle nous les a "vendus".

  • Une chanson réaliste. Mon grand père maternel a fait cette guerre et n'en parlait jamais. Il a ramené un pommier planté dans un pré pas loin de le maison. Bises

  • C'est un bel hommage. Je sais combien cela a été dur dans toutes les familles, je m'en suis rendu compte beaucoup en lisant le Journal de guerre de mon grand-père paternel, né en 1893 et qui a perdu un de ses frères le 16 avril 1917. Ils étaient 5 garçons, partis tous à la guerre, un seul n'est pas revenu... j'imagine la douleur des parents de mon grand-père.

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