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Odysseus/Ulysse. 3.

Odysséus/Ulysse, c’est depuis toujours qu’on l’aime. Sachant tout juste lire, on avait reçu en cadeau un livre d’images racontant ses aventures. Banco : Odysseus/Ulysse, c’est un héros sur lequel on peut s’appuyer : confronté aux pires difficultés, il a toujours une solution, il sait quoi faire et donc, il s’en sort. Et Vivant.

C’est ainsi qu’en le prenant comme modèle, on s’est toujours méfié du chant des Sirènes qui disent toujours ce qu’on voudrait bien entendre, ce qui est une solution de facilité à laquelle il est préférable de ne pas se laisser aller parce qu’on risquerait de le regretter.

« Par ici, viens par ici, le bel Ulysse ! Gloire au joyau des Achéens !
Personne qui n’ai croisé par ici, non, pas un noir vaisseau,
Avant d’avoir senti le miel de notre voix couler de notre bouche :
Tout le monde s’en va ravi et rempli de savoir. »
(L’Odyssée, trad. E. Lascoux, Chant XII, vers 184/188).
« le miel de notre voix »… Tu parles !...
« Viens, Ulysse fameux, gloire éternelle de la Grèce,
Arrête ton navire afin d’écouter notre voix !
Jamais aucun navire noir n’est passé par là
Sans écouter de notre bouche de doux chants. »
(L’Odyssée, trad. P. Jaccottet, Chant XII, vers 184/188)
« Viens ici ! viens à nous ! Ulysse tant vanté ! l’honneur de l’Achaïe! … Arrête ton croiseur : viens écouter nos voix ! Jamais un noir vaisseau n’a doublé notre cap, sans ouïr les doux airs qui sortent de nos lèvres ; puis on s’en va content et plus riche en savoir, car nous savons les maux, tous les maux… »
(L’Odyssée, trad. V. Bérard, Chant XII, lignes 184/189).
« Viens, ô illustre Odysseus, grande gloire des Akhaiens. Arrête ta nef, afin d’écouter notre voix. Aucun homme n’a dépassé notre île sur sa nef noire sans écouter notre douce voix ; puis il s’éloigne, plein de joie, et sachant de nombreuses choses. »
(L’Odyssée, trad. Leconte de l’Isle, Rhapsodie XII, p. 207)
Vaisseau, navire, croiseur, nef… On opte pour navire.

De même, des Cyclopes prêts à tout dévorer, ces tyrans qui fonctionnent à la peur sous prétexte qu’ils sont forts, ceux pour qui tout gentil est une possible proie, eh bien, à chaque fois qu’on en a rencontré un, on lui a dit qu’on n’était personne. Non non non ! On a déjà fait demi-tour ! Il n’y a personne à dévorer !

« Personne, c’est mon nom : oui, c’est Personne que m’appellent
Ma mère, mon père, et tout le monde, tous mes compagnons. »
(L’Odyssée, trad. E. Lascoux, Chant IX, vers 366/368)
« Je m’appelle Personne, et Personne est le nom
Que mes parents et tous mes autres compagnons me donnent. »
(L’Odyssée, trad. P. Jaccottet, Chant IX, vers 366/367)
« C’est Personne, mon nom : oui ! mon père et ma mère
et tous mes compagnons m’ont surnommé Personne. »
(L’Odyssée, trad. V. Bérard, Chant IX, lignes 366/368)
« Mon nom est Personne. Mon père et ma mère
et tous mes compagnons me nomment Personne. »
(L’Odyssée, trad. Leconte de l’Isle, Rhapsodie IX, page 154).

Croyez-le, enfant confronté à une situation familiale chaotique, être personne, on aurait bien aimé. Le joli volume illustré dans lequel on lisait, relisait, relisait sans cesse l'Iliade et l'Odyssée, on le garda longtemps. Il disparut un jour. Mais on le reconnaîtrait entre mille. Non, entre des millions de livres. Et même, car nul doute que ce livre héroïque a survécu à toutes les bennes du monde et qu’il est possiblement quelque part, entre des milliards de livres.

Commentaires

  • Mais quel beau billet, merci Marie, bonne journée.
    Pour aujourd'hui aussi: se méfier des Sirenes....

  • Aujourd'hui, ne serions-nous pas comme Ulysse
    attaché au mât du navire ?
    les Sirènes pourtant ont perdu de leurs charmes ...
    restent les oiseaux, la nature et surtout, surtout,
    la POÉSIE d'Homère et de ses magnifiques émules !

    Belles heures dans votre Ithaque, Marie,
    à la recherche de votre livre perdu...mais pas oublié !

  • Peut-être un jour, ce livre fera son apparition.. en tout cas, j'ai aimé lire ce billet superbe

  • et en ces temps qui troublent le monde, les sirènes entonnent à voix hautes leurs chants ... beaucoup y succombent ...
    amitié .

  • N'est-ce pas la belle édition illustrée des Deux Coqs d'Or ? Un grand album marron et noir aux si belles illustrations - avec aussi l'Iliade ! C'est ma maman, férue de grec ancien, qui me récitait par cœur des vers de L'Odyssée qu'elle avait appris lorsqu'elle était lycéenne et affectionnait particulièrement, tant ils sont encore très proches de notre sensibilité : il s'agit de ceux où Nausicaa prie son père de lui atteler le grand char pour pouvoir aller faire la lessive au bord de la mer... où elle découvrira Ulysse tapi dans un buisson.

  • Merci pour ce commentaire, mais non, ce n'était pas cette édition-là. Je vois donc que nous avons chacun et chacune notre édition d'enfance.
    Bonne journée.

  • C'est un livre que j'ai adoré... mais j'avoue ne pas l'avoir relu depuis longtemps.
    Merci pour cette magnifique page.
    Bises et douce journée.

  • La nostalgie du livre perdu. J ai remonté ai.nsi toutes la collection de mes livres de lecture du CP au CM2.
    Je comprends.
    Bonnechaude jpurnee

  • je lis ce billet avec beaucoup d'émotion car il fait remonter pour moi des périodes douloureuses mais qui permirent la plongée dans l'océan des livres
    Ulysse je l'ai découvert tardivement car je n'ai pas eu la chance d'aller au lycée très tôt, mais plus tard par le jeu de tests qui me permirent de rattraper le temps perdu je fis connaissance avec lui et c'est un souvenir inéffaçable : Nausicaa et Ulysse pendant des jours j'ai lu et relu les passages et je me suis laissée emportée

  • L'épisode avec Nausicaa est court dans l'Odyssée mais pourtant il est intense. On voit bien cette toute jeune fille se tenir bien droite face à cet inconnu et montrer ainsi beaucoup de courage et de fierté.
    Bonne journée.

  • Que de sirènes aujourd'hui, chantent pour faire dévier ce monde !!!
    Il faut vraiment comme Ulysse et ses hommes se boucher les oreilles.
    Belle journée

  • Ah je veux (enfin!) découvrir l'Iliade.
    Avez vous lu le livre de Mendelsohn, une Odyssée, autour de l'Odyssée (et son propre père)?

  • Oui, bien sûr ! Je l'ai lu avec une grande joie. Emprunté à la médiathèque, je l'ai acheté pour qu'il soit avec les autres livres sur la Grèce et sur Homère et tous les grands Grecs.
    Bonne journée !

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