Page 91 de l’ouvrage de Frances Theodora Parsons, il est question des oxalis à propos desquelles elle indique qu’il « n’est guère étonnant que l’oxalis ait été une des plantes favorites des vieux maîtres italiens. » Et elle ajoute, ce qui va encore interrompre ma lecture : « Sa fine symétrie a beaucoup séduit Fra Angelico. » (1)
La note 183 sise au bas de la même page indique : « Allusion probable au célèbre tableau « Noli me tangere » ou à d’autres peintures, car Fra Angelico a souvent représenté des oxalis dans ses œuvres. »
Fra Angelico ! Fra Angelico a peint des oxalis…
Alors, je vais regarder « Noli me tangere » et observe les fleurs blanches aux pieds de Madeleine et de Jésus.
Puis je prends « L’Annonciation » où je retrouve les mêmes fleurs.
Puis, « Le Jugement dernier », un retable de Sainte Trinité, déposition de la Croix, La mise au tombeau… Sont-ce des oxalis sur le Retable d’Annalena, Vierge en trône…
Je suis presqu’émue…
Merci, Frances Theodora Parsons… Je n’ai pas encore terminé votre livre mais je suis sûre qu’il va encore me faire voyager.
(1) Frances Theodora Parsons, Nos saisons, Promenades d’une botaniste, Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bertrand Fillaudeau, Editions Corti, Avril 2026, page 91
Gourmandise de mots - Page 5
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Lire lentement à cause des oxalis
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Chalamov
Lecture en cours : « Tout ou rien », de Varlam Chalamov, l’auteur de « Récits de la Kolyma » (immense livre). Chalamov a passé dix-sept ans au Goulag.
Ce livre présente des notes à propos du sens de l’écriture, la façon d’écrire et en particulier d’écrire de la poésie. C’est toujours intéressant de voir comment un écrivain écrit.
Comme j'aime recopier des passages de livres, j'en ai recopié plusieurs sur un cahier.
En voici quelques uns : « Depuis longtemps j’ai pris l’habitude de noter le vers et la strophe, à peine ont-ils pris corps dans mon cerveau sur le premier objet qui me tombe sous la main : boîte d’allumette, morceau de journal… L’important c’est : tout de suite. Qui sait s’il n’y a pas quelque part dans le cerveau une sorte d’entrepôt pour poésies ébauchées, en voie d’achèvement ou achevées. » (1)
Il avait toujours un crayon et un bout de papier sur lui.
Ce qui comptait pour lui, c’était « l’effet de présence » (2)
Je citerai également ici aujourd'hui deux phrases de la préface, signée Christiane Loré : « L’art est l’instrument du bien. L’œuvre d’art n’est pas seulement un verdict, elle est une résurrection. » (3)
(1) Varlam Chalamov : Tout ou rien, traduit du russe et présenté par Christiane Loré, Collection Slovo, Editions Verdier, 1993, p. 112
(2) Id, p. 13
(3) Id, p. 18