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contempler - Page 5

  • Les traces de lumière.


    Dans le ciel de la fin de la nuit, la lune brille intensément. Tout près d’elle, des nuages. Ils l’entourent. C’est certain qu’ils trouvent là une lumière comme celle du jour dont ils se languissent maintenant qu’elle ne va plus tarder.
    Comment dire ce qu’on croit ? Qu’au fil du temps la nuit est plus courte. Pas seulement à cause de la belle saison que le printemps va prochainement s’affairer de préparer mais parce que si on vit comme il se doit, c’est-à-dire en suivant son propre pas, on n’a plus de nuit, sauf si on persiste à la porter en soi-même par peur de lui tourner le dos.
    Soyons comme ces nuages blancs, tout près de la lumière. On vous dira : mais c’est la nuit ! mais on a mal ! mais on est seul ! On répondra : mais ces nuages, là, ne l’ont-ils pas trouvée, la lumière, dans cette immensité du ciel, cette nuit ? Nous-même, dans l’immensité de notre moi, nous les avons, ces traces claires. Cherchons-les.

  • Les pétales de l’amandier.

    Sur la route qui redescend du Sanctuaire, c’est d’ailleurs plus un chemin qu’une route car deux voitures ne peuvent s’y croiser, admirer l’amandier qui, juste à cette courbe, étire ses branches avec joie pour que ses fleurs nouvellement nées ce printemps fassent connaissance avec le monde.
    Certaines d’entre elles sont largement ouvertes bien qu’un pétale ou deux soient encore fripés d’être restés tout repliés le temps de la gestation de la fleur ; il y avait eu d’abord, on l’avait regardé, ce léger renflement sur la branche, puis cette rondeur qui avait pointé, puis ce bouton rose et de plus en plus blanc et de plus en plus rond qui s’était enfin déployé.
    Comme ils semblent fragiles, ces pétales froissés que le vent de ce jour vient parfois frapper d’une bourrasque inattendue.
    Avaient-ils été prévenus qu’il y aurait ces bourrasques durant leur vie de fleurs ? C’est fort possible, mais comment ?
    On le sait pourtant car, on le voit chaque année, ce sera plus tard que les pétales s’envoleront dans le vent.
    Peut-être quand l’amande sera certaine, ou alors quand les fleurs se lasseront de leurs branches ?