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ipomée - Page 5

  • Des nouvelles de l'ipomée.

    Le petit bout d’ipomée trouvé dans un coin de la cour, desséché et poussiéreux, a été replanté à l’entrée, au pied de la canisse blanche, dans l’espoir qu’un jour ici aussi on pourra admirer un vaste haie de fleurs bleues.
    Il a tenu. Il va bien. Il pousse.
    De trois feuillettes, il est passé à ….. une bonne vingtaine de feuilles. On a pu accrocher une liane à la canisse, et deux autres lianes commencent à se faufiler de part et d’autre : bientôt, on les attachera souplement elles-aussi pour guider leur pousse vers le haut. Les voisins ont été prévenus qu’à cet endroit, un dispensaire pour ipomée desséchée a été installé, le temps que ladite ipomée se fortifie. Pour bien leur faire comprendre l’importance de la chose, on leur a décrit ce qu’elle deviendra, en s’extasiant à l’avance sur les corolles et le feuillage de l’année prochaine.
    Ils n’ont fait aucun commentaire : on leur avait déjà demandé l'autre jour de faire attention, au tournant de la cour vers l’escalier, au bébé gazania qui avait surgi à l’improviste.


  • Moisson.

    En se levant le matin, se réjouir de ce qu’on verra tout à l’heure sur la route : les champs de blé et ceux de coquelicots, les vignes, la Ste Baume, le soleil rasant du matin clair ; et le voir, cela, avec en plus quelques foulards de brume légère qui virevolte entre les arbres.
    Poursuivre l’écoute des partitas et, quelle joie, entendre à la radio qu'on vient d'allumer, la n°2 interprétée par Martha Argerich – merci Frédéric Lodéon.
    Etre là, avec des personnes qui sont très chères, pour attendre dans une salle d’attente, la fin d’une opération, quelques nouvelles peut-être.
    A La Criée, prendre plusieurs bottes d’asperges car on sait que la saison se termine.
    Faire goûter du petit épeautre à quelqu’un qui trouve cela très bon.
    Décider de passer l’été avec les Sœurs Brontë dont on vient de terminer la correspondance.
    Passer voir une vieille amie, oui, c’est une amie maintenant, pour lui apporter quelques pivoines, et discuter près du vieux rosier Papa Meilland de l’importance des fleurs dans la vie.
    Mettre de l’ordre dans les chaussures ; jeter les plus abîmées ; sur chaque boîte de celles qu’on garde, mettre une photo pour mieux les retrouver.
    Replanter, contre les canisses, une ipomée qu’on a trouvée, rabougrie et toute desséchée, dans un coin de la cour.
    Se baigner dans la mer, et penser à Camus.
    Manger les premiers abricots de la saison.
    Entendre les cigales. Enfin.