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la bastide

  • Loto au village.

    En fin d’après-midi, il est temps de se préparer pour partir au loto. En arrivant à la salle communale, il y a déjà du monde, et il faut faire la queue pour prendre les cartons. On parle des numéros qu’on veut avoir : le 7 parce qu’on l’aime bien, le 90 parce qu’il sort tout le temps, le 21 pourquoi pas. On fouille dans le tas et, muni des trésors en carton, on s’installe aux longues tables et on approche les petits cailloux qui serviront à marquer les numéros sortants. Certains ont leurs jetons. A chaque fois, on se dit qu’il faudrait qu’on en ait aussi. Des bleus.
    Le jeu commence. La salle est bondée. On a repéré sur la liste des lots ce qu’on aimerait bien gagner.
    Le 26 !
    Ah, je l’ai ! Et trois fois, dis-donc.
    Je l’ai pas. Il faudrait que le 56 sorte, j’aurais une quine.
    Et bien moi, j’en suis loin.
    Le 32 !
    Je l’ai aussi !
    Mais j’ai rien, moi… Je vais perdre.
    Fais voir ? Ah oui, tu n’en as pas beaucoup…. Hé hé, moi, je vais gagner, tu vas voir.
    Quine !
    Qui c’est ? Qui c’est qui a une quine déjà ?
    Il gagne quoi ? Une valisette ?
    Ah, moi, j’aurais bien aimé la gagner, la valisette.
    Et tout ceci se poursuit jusqu’à l’anti-loto, puis on reste là, on papote, on salue les uns et les autres jusqu’à ce qu’on dise : « Bon allez, on rentre, il est temps de dîner ».

  • Arbres.

    « Ici, en fait, on peut pas compter les arbres tellement y’en a », dit la petite fille à qui on vient de beurrer ses tartines du matin.
    On parle des arbres du village, en particulier les beaux tilleuls dont on attend la floraison pour bientôt ; ceux de la montagne, les pins fiers et droits ; ceux qui sont là tout près, les chênes centenaires qui offrent à la maison un écrin protecteur. On lui raconte qu’il y a longtemps longtemps, on avait voulu avec quelqu’un parti trop tôt planter des belles-de-nuit au Paradis mesurer le tour des troncs des chênes et on s’était mis contre l’écorce bras tendus. A deux, on avait à peine réussi parfois, mais on avait bien ri. Dans les yeux de celle qu’on aimerait bien voir rester si jeune car c’est l’âge de l’espérance et du jeu, l’envie s’affiche de tenter l’expérience.
    - On essaie, si tu veux.
    Pieds nus, on enlace alors les chênes, en allant de l’un à l’autre, en poussant parfois de petits cris quand un caillou nous pique, mais en riant toujours, jusqu’à ce qu’on soit essoufflé et qu’on retourne, les joues rouges, vers la table du petit déjeuner. Le café a refroidi et une abeille se délecte de la confiture d’abricots.