Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

patti smith

  • La tasse de thé.

    On n’a pu écouter que le tout début d’Allegretto, l’émission de la délicieuse Denisa Kerschova l’autre jour, mais on a bien entendu que le tableau du jour était La tasse de thé, d’André Derain.

    André Derain est un peintre qu’on aime infiniment car il ne peut être dissocié des paysages du midi pour la peinture desquels on a longtemps cru que le Fauvisme avait été créé. Mais non.

    Que voit-on sur ce tableau ? Une femme, assise sur une chaise au haut dossier sur lequel elle semble avoir posé son manteau rouge ; près d’elle, une théière et une tasse ; elle lit mais, dans l’instant où le peintre a capté son image, elle a cessé de lire et son regard se perd.

    On aime ce tableau qui évoque des instants familiers quand, au café, on s’installe pour lire ou écrire. Bien souvent, n’est-ce pas, on s’arrête pour lever la tête et regarder au dehors les passants mais, au bout d’un instant, un court instant, on ne les regarde plus, on est loin. Est-on dans le livre ? Oui, dans les mots écrits, lus, et tous ceux dont on rêve ; dans les images ; dans les ailleurs. Puis, on revient à l’instant présent, on se redresse, on boit une gorgée de thé et on reprend le livre ou le carnet sur lequel on écrit.

    Sur la couverture de M Train, de Patti Smith, on la voit ainsi au café, avec ce même geste d’une main qui soutient le visage, et le regard tourné vers l’ailleurs.

  • La question du lundi : tout lire ?

    La lecture de M Train, de Patti Smith est une délectation puisque, les livres jouant un rôle important dans la vie de l’auteur, elle en parle comme on aime le faire ici aussi : comme d’êtres vivants. Elle lit beaucoup, relit tout autant, prend des notes sur des carnets, marque les pages. Sa lecture n’est pas superficielle. Elle se souvient bien de ce qu’elle a lu, s’immerge totalement dans les histoires, aime faire un bout de chemin avec les personnages. Se préparant à partir au Japon, elle ressort un carton, « J – 1983 », « mon année de littérature japonaise » (p. 177). Dans une librairie, remarquant un titre de Murakami, La course au mouton sauvage, elle ne peut résister : « un biscuit en forme de mouton à tremper dans mon chocolat chaud » (p. 101). Puis elle enchaîne : Danse, danse, danse, Kafka sur le rivage, Chroniques de l’oiseau à ressort.

    D’où cette question (ces questions, n’hésitons pas, le sujet est sérieux) du lundi : quand vous découvrez un auteur qui vous plait beaucoup, faites-vous ainsi : lisez-vous tous ses écrits, livre après livre, dans une sorte d’exclusivité d’un temps ? ou quand vous découvrez la littérature d’un pays, tentez-vous de lire tout ce que vous pouvez en trouver ?

    Ainsi, par exemple, on a décidé de lire tous les livres de Patti Smith. On a déjà lu M Train, donc, Glaneurs de rêves, Devotion. En projet : La mer de corail, Présages d'innocence, et tout ce qu'on pourra trouver en français.
    A une époque, on avait lu tous les romans de Barbara Pym... Ils sont tous là, sur l'étagère Littérature, à la lettre P.