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Les cyclamens.

On s’est posé la question de savoir depuis quand on voit des petits cyclamens, tout mini, qu’on peut mettre à plusieurs dans une jardinière. De tout temps à jamais, jusqu’à il y a peu, donc, on n’avait de cyclamens que des plantes d’une taille respectable afin de pouvoir les poser au centre de la table, une fois les couverts débarrassés, la nappe secouée et pliée, et le napperon en dentelle remis. De même, les pots étaient en terre, tous de ce brun rouge qui pouvait laisser sur le bout des doigts une légère poussière. D’ailleurs, elle qui aima les cyclamens jusqu’au bout, rempota elle-même le plus longtemps possible tous ceux qui arrivèrent chez elle en pot de plastique. Puis elle demanda qu’on le fasse pour elle ; elle expliquait que le cyclamen a besoin d’eau et que dans le plastique, il est vite en manque d’humidité. Et oui, même les plantes il fallait les faire durer, comme on le faisait pour un vêtement ou un objet – quant aux meubles, n’en parlons pas, quand on en avait un, on le gardait pour toujours. Toutefois, elle se fit très bien aux petits cyclamens et cela lui faisait plaisir d’en avoir un dès qu’ils apparaissaient sur les étals des fleuristes. Mais il fut un autre point sur lequel elle ne changea pas : la couleur. Rien ne valait les cyclamens roses. Elle en eut des blancs magnifiques, des rouges somptueux, des fuchsias intenses. La remarque : « Ah, celui-là, il est vraiment beau », qui accompagnait l’arrivée d’un rose tendre dans sa cuisine, montrait que dans l’échelle des cyclamens, c’était bien celui-ci qui avait le prix d’excellence.
On a gardé le dernier qu’elle eut tout près d’elle. L’an dernier, il fit au jour dit une seule fleur, rose comme l’était ses joues qu’on aimait embrasser. Cette année, il est là encore mais la fleur est en bouton. Elle prend son temps. Sans doute n’aime-t-elle pas, finalement, les anniversaires et montre-elle ainsi qu’elle fait comme elle veut, quand elle veut, si elle veut. Ah ! cette liberté….

Commentaires

  • J'adore ton billet et aussi le cyclamen, de ce fait j'irai chez le fleuriste aujourd'hui!
    amitiés,
    Janou

  • savoir honorer ceux qu'on a aimé et qui s'en sont allés par la vie d'une fleur qu'on entretient pour l'amour d'eux ... qu'est-il de plus noble, de plus beau ?
    amitié .

  • Bonjour. Un joli billet un peu nostalgique. Mais vous savez parler le langage des fleurs. ;-) Bises alpines et belle journée.

  • faire durer, oui, c'est ainsi qu'on vit de tout temps à la campagne.....et faire durer le souvenir de ceux qu'on aime va de soi.....chez ma fille, faire manger sa famille tous les jours dans les belles assiettes de sa grand-mère, c'est l'aimer au jour et le jour et le transmettre à ses enfants.....
    merci douce séraphine, merci et belle journée à toi dans la beauté scintillante des échos du passé

  • Les fleurs participent à la transmission comme la cuisine. J'ai beaucoup aimé ce billet.

  • Au travers de vos jolis mots, on sent bien que le cyclamen représente ici plus un symbole qu'une fleur. Sans doute ferai-je de même avec ma propre mère lorsqu'elle ne sera plus, mais j'aurai du mal car elle avoue aimer toutes les fleurs de son jardin, comme les membres d'une famille nombreuse, sans en privilégier aucune !
    Personnellement j'adore les mini végétaux, par manque de place sûrement, et je trouve les petits cyclamens blancs particulièrement élégants.
    Belle journée !
    Dominique

  • Certaines fleurs prennent plus de temps que d'autres pour s'épanouir...
    J'aime beaucoup les cyclamens... et votre page. :)
    Merci pour ce partage.

  • Les fleurs, les plantes, les arbres, sont un lien d'une force
    inouïe entre les êtres :
    A chaque promenade dans mon jardin, les visages et les manières
    de tous ceux qui m'ont accompagnée surgissent tour à tour
    par la simple observation .

    J'aime voir un skimmia sauvé par ma maman, élevé dans
    un grand pot et transporté difficilement jusqu'ici .
    Aujourd'hui, il est somptueux et fait ma joie !
    Je ne peux m'empêcher de l'effleurer à chaque passage
    car derrière ses grappes rouges, se cache le sourire
    de celle qui m'a donné le goût des jardins...

    Fiorenza, très sensible également au charme discret ...
    des cyclamens

  • Quel beau billet tendre, Marie - une page rose. Ma belle-mère les aimait aussi.
    En appartement, les cyclamens ne tiennent pas bien, je préfère les mettre dehors. A la Brafa visitée lundi, ces petits cyclamens formaient de véritables tapis dans les décorations florales, c'était très beau. Bonne journée.

  • très beau billet.... un bel hommage à celle qui aimait tant les cyclamens.

  • Merci Marie pour ce billet d’une nostalgie paradoxalement apaisante.
    Avoir près de toi ce cyclamen rose qui refleurit chaque année, c'est matérialiser au creux de tes mains tant de douceur et de tendresse... Je t'embrasse.

  • Merci Bonheur du jour pour votre magnifique billet très touchant!
    Douce fin de journée.

  • "comme, quand, si elle veut" !!... une chouette devise... longue vie à la fleur insoumise !!

  • les cuillères en bois, les bouteilles en verre, les plats et pots en terre... le bel ordinaire.......

  • Un texte sublime, tout le long du récit, le cyclamen gambade en héros, il était aimé jusqu'à ce qu'il lui pousse des boutons. Il était temps qu'il rejoigne la terre d'où il venait..

  • Comme un renouveau de couleur , une façon de mieux vivre les jours

  • ma fille m'avait offert un dendronium qui ne refleurit pas durant plusieurs années, et il y a deux ans, une fleur pour la naissance de ma petite fille, puis une autre fleur, l'an dernier deux fleurs pour l'arrivée des jumeaux et cette année, au moins six fleurs se préparent.
    Les fleurs nous parlent aussi.
    Bises

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