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La question du lundi : l’âge du traumatisme.

Un magnifique film sur Marceline Loridan-Ivens, La vie balagan, accompagne une soirée. Quelle force avait cette femme ! Quelle leçon elle donne sur la puissance de la vie ! A un moment, elle dit (elle a alors 86 ans lors du tournage) avec un sourire grave :

« Toute sa vie, on a l’âge du traumatisme, donc toute ma vie j’aurai 15 ans »
- c’est à 15 ans qu’elle fût arrêtée avec son père et déportée à Auschwitz ; lui ne reviendra pas…

Que pensez-vous de ce qu’elle dit à propos de l’âge du traumatisme ?

Commentaires

  • La vie est une suite de choses agréables et de traumatismes, les traumatismes ont différentes causes et chacun de nous est confronté à un moment ou à un autre à toutes les formes de traumatismes. On peut certes fixer sa vie sur une période donnée, mais on peut aussi choisir de vivre, sans rien renier bien sur, mais en continuant de mordre dans ce que la vie offre.
    Amicalement
    Claude

  • Elle a vécu un énorme traumatisme, en effet et je comprends sa phrase. Même si elle continue sa vie de façon dynamique, elle aura toujours, enfouie en elle, ce moment de ses 15 ans où elle a vu et subi des choses hors normes. On n'oublie jamais ce qui nous a marqué à vie.

  • Ce serait intéressant d'avoir le point de vue de l'"inventeur" du principe de résilience.
    Bien sûr, "Nul ne guérit de son enfance", mais nous ne sommes pas égaux devant les traumatismes subis.
    Marceline Loridan-Ivans devait avoir engrangé un formidable capital vitalité avant ses quinze ans pour avoir été capable de surmonter de telles épreuves (tout comme son amie hors-normes Simone Veil)...

  • On grandit avec ses souffrances et je pense qu'on ne peut effacer un tel traumatisme.

  • Soyons honnêtes, nous gardons tous la cicatrice de notre ou nos traumatismes. Quelqu'ils soient . Ils font partie intégrante de nous.
    Maintenant est ce que je continue à avoir 9 ans, 30 ans ou 59 ans ? Temps de réflexion.... oui parfois et non le plus souvent. Bises

  • J'ai envie de dire qu'elle a raison... mais c'est personnel, évidemment.
    Passez une douce journée.

  • On garde en soi tous les âges qui nous ont marqué, alors les traumatismes les plus forts, on n'est par près de les laisser entre les griffes du temps, non ? Cette dame irrésistible, qui s'est toujours placé du côté de la vie parle d'or... Belle journée à toi.

  • J'admire aussi sa force. Sur le traumatisme de ses quinze ans, je pense qu'il est sans mesure : voir et ressentir à cet âge (à un autre aussi, sans doute) l'inhumanité inouïe de la Shoah a de quoi bouleverser à jamais tout ce que l'on pensait savoir de l'être humain. Marceline Loridan-Ivens est une grande figure de la résilience.

  • Je dirais bien, quand je pense à la Shoah, que j'ai l'âge de la Shoah, de ces vies brisées si pleines de promesse. De cette civilisation anéantie. Mais cela n'a rien de commun avec ce que les survivants ont dû traverser... Je pense aussi que le travail de mémoire accroît la conscience, la compréhension et la connaissance des drames.

    Mais personnellement, n'ayant pas vécu de drame hors norme (que les deuils inévitables et les couacs propres à notre époque, divorce pertes d' emplois... etc.) Qu'on ne peut comparer... J'ai donc l'âge que j'ai (hélas), mais aussi l'âge des moments heureux...

    Avec tout de même la conscience aiguë de certains drames que j'ai frôlés.. et l'inquiétude face à ce dont les êtres humains sont capables.
    Et de l'espoir malgré tout.

  • Je pense qu'elle a raison. Elle a vécu une cassure dont nous n'avons pas idée, par son ampleur. Ce qui ne l'a d'ailleurs pas empêchée de vivre pleinement ensuite, mais la blessure était là, en profondeur.

  • Les traumatismes de mon enfance sont bien légers comparés aux siens, mais je comprends ce qu'elle veut dire. J'ai vu cette émission il y a quelques temps déjà, et ai été fascinée par l'énergie, la drôlerie, la force de caractère de cette femme. Une grande battante, une grande amoureuse, un bel exemple pour toutes (tous ?)

  • Nietzsche nous dit que ce qui ne te tue pas te rend fort, alors oui, le fait d'avoir survécu à la mort parmi tant et trop de ses semblables, lui a insufflé cette force vitale née de ce traumatisme horrible qu'est un génocide, que jamais on ne peut oublier ...
    amitié .

  • A lire ses livres, oui, il y a eu traumatisme profond (et cela se comprend), on n'a rien à côté, franchement. Après, quelle énergie, quelle vie, pour cette femme! (que j'associe volontiers à Simone Veil)

  • Pour moi j'ai eu la grande chance de ne jamais être traumatisée de ma vie. Du reste je trouve qu'à notre époque ce mot est trop galvaudé.

    Par contre je connais une dame qui quand elle faisait "un régime", ne pouvait jamais descendre en-dessous du poids de 66 kg... et ensuite elle regrossissait. Un jour, elle a avoué avoir été "abusée" en 1966... cela m'avait beaucoup frappé.

  • Un traumatisme tel que celui qu'elle a vécu...je comprends qu'elle soit marquée à vie...Et cependant quelle ardeur à vivre, c'est extraordinaire

  • J'ai vu cette émission et ce film : une femme extraordinaire !
    Je pense qu'elle a raison .

  • A 15 ans, on est encore une enfant...et avec un tel traumatisme, quelque chose est à jamais brisé. Mais admiration sans bornes pour Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens sa grande amie qui ont su se relever avec toujours beaucoup de dignité et d'humanité. D'autres hélas n'ont pas pu...Et qu'est-ce qui fait la différence (la génétique, la petite enfance, les rencontres....) ?
    Merci Marie pour cette question du lundi, qui me questionne de nouveau !

  • Bonsoir
    Je ne connaissais ni cette femme ni le film .Mais je me suis régalée à lire toutes les réponses et mon petit bonheur du soir c'est d'aller vite combler ce vide ....
    Bonne soirée !

  • Les traumatismes profonds marquent toute une vie mais ils n'empêchent pas de vivre pleinement comme le montre cette dame. Ils peuvent même parfois constituer une force

  • Bien d'accord avec elle...je n'ai pas vu ce film seulement lu son livre et écouté son interview...

  • "Il y a des événements qui vous transforment en profondeur et rendent impossible l'emploi du mot bonheur" disait Raymond Aron, qui continuait ainsi "Il est possible de vivre, il est possible de surmonter les souvenirs, mais il y a quelque chose qui une fois pour toutes est frappé"... "Mais ça n'empêche pas les satisfactions..."
    Je n'ai pas mieux...

  • Je ne sais pas si je peux vraiment comprendre. Son traumatisme fut tellement horrible, violent, inhumain, à des années lumières de mes traumatismes si anodins en comparaison. Je crois que mes traumatismes m'ont construites, tricotées parfois à l'endroit, parfois à l'envers …..
    J'ai lu tous ses livres et pourtant il m'est toujours vraiment difficile de saisir toute l'horreur de son expérience. Je ne sais pas si j'aurai eu sa force, sa combativité . C'est une femme que je respecte infiniment.

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