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Lentisques.


En entrant dans le grand jardin qui donne sur le Mai, on sent dès le portail en fer forgé qu’il faut pousser pour aller à l’arrière de la maison le parfum âcre des lentisques. Les feuilles sont toutes petites, toutes légères, innombrables, d’un vert nostalgique du printemps surtout qu’à ce moment le soleil les inonde de sa belle lumière de fin septembre tout autant que les grappes de petites baies rouges. Elles, on dirait bien, à avoir surgi ainsi un peu partout dans un grand désordre écarlate de ce bois miraculeux, qu’elles aimeraient être tout aussi nombreuses que les jolies feuilles qui vont toujours par deux se tenant la main par-delà le pétiole. Et cette senteur ! Cette senteur ! Ah ! L’incomparable senteur du pistacia lentiscus ! On est venu couper une belle branche. Il faut forcer car le bois des rameaux s’est épaissi. Mais on veut en apporter à celui qui les a plantés là. Il ne peut plus être dehors dans son grand jardin. Il dira, c’est certain, en attrapant la branche et en en observant et le bois qu’il fera rouler entre le pouce et l’index : « Ah ! ils ont profité, on dirait. La branche est un peu grosse maintenant. » Puis : « Ça y est, il y a des fruits. Eh oui, c’est septembre. » Puis : « Et ça sent toujours aussi fort, ce lentisque ! Ça me rappelle l’essence de térébenthine. » Et il la posera d’un geste vif sur la tablette. Le temps de l’après-midi, il remarquera plusieurs fois que ça sent fort, quand même. Et quand, au moment de partir, on lui proposera de la reprendre, cette branche, pour ne pas qu’il en soit incommodé, il dira : « Penses-tu ! Je la garde, pardi. » Et d’un geste de la main, il la repositionnera sur la tablette, bien au milieu.

Commentaires

  • C'est étrange mais vrai: des lentisques il y en a partout ici, plante délicate et si belle, mais je n'en ai jamais coupé et surtout je n'ai jamais remarqué leur odeur qui a éveillé tant de plaisir et de souvenirs à ce monsieur, Tu lui as fait grand plaisir, durable...

    Merci, tu vois bien ce que je vais faire aujourd'hui !

  • je ne connais pas vraiment cette plante mais votre billet est délicieux de tendresse

  • En été et lors des chaleurs de l'automne il a vraiment de l'odeur dans notre garrigue, le lentisque. Quelle belle pensée que de l'amener ainsi à celui qui ne peut plus en profiter dans son jardin. Tu es très généreuse, ce sont ces petites choses qui me touchent aussi, celles qui prouvent que tu te mets à la place des autres dans leur cœur. Merci pour cette belle page

  • Oui, je me souviens bien de cette plante quand je me promenais dans les vieilles rues à Hyères, sous le château mais je n'ai jamais senti.

  • pas de lentisque par ci ... mais la tendre lumière du soleil de septembre qui caresse le jardin et transfigure les couleurs semant un peu de nostalgie.
    belle journée d'automne Marie
    amitiés

  • Je partage vos impressions, Andrée, et imagine la scène
    à travers le gracieux geste de Marie ...

  • Dommage : il manque la senteur sur ta page, mais tes mots et le spectacle sont si bien racontés, que l'on si voit dans ce beau jardin ! merci Marie. Ton billet est ravissant et j'adore ton attitude et celle du monsieur qui est à l'origine de la plantation de l'arbre au mastic, ou pistachier lentisque !
    merci à toi.
    Doux week-end à venir.

  • L'odeur de mon adolescence dans les ruines d'un vieux château entouré de douves .
    Belle journée!

  • Apporter le dehors au dedans, créer un lien. Tu as fait plaisir. Bises

  • l'odeur des lentisques c'est mon enfance qui revient, la fin de l'été dans le vaucluse, l'odeur qui monte quand on approche du fond du jardin

  • J'aime vos mots Bonheur du jour et j'imagine le plaisir que vous avez fait à ce monsieur qui ne peut plus sortir. Vous avez eu le beau geste.

  • Je ne connais pas les lentisques, j'ai été donc sur internet pour avoir une idée de ce que c'est et je trouve très beau, mais...je n'en ai pas eu le parfum.
    Belle journée

  • Lentisque : j'ai dû fouiner sur internet, on n'a pas ça dans mon 'nord'

  • .. l'on s'y voit.... pardon, Marie...
    Doux week-end.

  • Je ne connais pas cette plante. J'ai lu avec attention. La lumière de l'arrière saison est toujours très belle.

  • Que dire de plus? Je rentre du sud; j'ai pensé aux bonheurs de Marie, vu Zaou Wou Ki dont tu avais parlé, adoré cette expo, pour moi la 2° de ce GRAND monsieur...Mais je suis heureuse aussi de retrouver le calme de mon jardin, de ma maison....

  • Nous n'avons pas chez nous de lentisque, mais je sens d'ici la garrigue d'automne. J'en aurais volontiers placé une branche sur la table.

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