Sur les bords d’un grand lac, au niveau d’un petite anse, tout près de l’eau et de l’embarcadère pour s’en aller en bateau sur la rive opposée afin de faire quelques courses et de poster le courrier, prendre le temps de regarder un couple de cygne avec ses deux petits.
Ils se promènent. L’eau clapote. Le soleil brille. Le ciel est ouvragé de nuages blancs et gris qui s’entremêlent au gré du vent et des sommets plus ou moins proches. La brise est douce.
Tout est calme.
Tout est paisible.
Les cygnes majestueux et leurs deux petits qui ont encore leur plumage cendré et que leurs parents ne quittent pas des yeux, participent à cette sérénité.
C’est beau.
Ailleurs, dans le monde, rien de cela, hélas ; et dans certaines vies non plus. Pas plus la vision de ce moment enchanté que la possibilité ou même le goût de le voir s’il passait par là …
Mais cet instant-là a été là pour moi. Je vais l’emporter comme le bouquet de dahlias, la visite à l’apiculteur, les mûres, les somptueux châtaigniers, …
Cet instant a été un soutien ; son souvenir en sera un ; cela m’appartient ; je le partage volontiers car je suis persuadée que c’est une graine de paix. Et nous avons tant besoin de paix.
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Du dahlia
Il reste heureusement certains jardins dont les grilles permettent encore d’en admirer les fleurs. Ce sont souvent des jardins simples et particulièrement fleuri que leurs propriétaires bichonnent non seulement pour leur plaisir mais pour la beauté des fleurs elles-mêmes et ils apprécient qu’on puisse admirer tout cela.
Ainsi, sur les flancs d’une montagne italienne, au cours d’une promenade m’entraînant vers une forêt de châtaigniers, mon chemin a longé un jardin magnifique qui semblait dédié aux dahlias. Alors que je m’étais appuyée sur le muret pour un moment de contemplation, une dame est sortie et s’est approchée. Elle souriait. Je lui ai dit que j’admirais ses magnifiques dahlias. Cela l’a mise en joie.
Nous avons papoté et elle me les a présentés. Les blancs près desquels elle était, quasiment aussi grands qu’elle, étaient de la variété « fleurel ». Leurs fleurs blanches étaient énormes et de très nombreuses abeilles jouaient comme au toboggan dans les pétales. Et puis il y avait des jaunes, de la variété yellow symphony. Effectivement, c’était une symphonie de jaune ! Ceux-ci étaient plus du genre « pompon » que les précédents, quelque peu échevelés, mais tout aussi sublimes et tout aussi visités par les abeilles et les bourdons.
Toujours charmante, la dame me proposa de m’en faire un bouquet mais mes pas m’emmenaient plus loin et au retour je ne prendrais pas le même chemin. Les fleurs sont donc restées là où elles étaient le mieux, finalement : dans leur jardin, avec leur jardinière passionnée et leurs butineurs joueurs.
Mais le bouquet est dans mon cœur.