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bonheur du jour - Page 5

  • Moisson.

    Aller à la ferme, comme tous les quinze jours, récupérer poulet, fromages de chèvre et œufs. Ces derniers sont si gros que la boite à œufs ne ferme plus. La chevrière confirme : « Et oui, en ce moment, les poules, elles pondent bien. »
    Sur le marché, prendre de belles asperges du Gard, des artichauts, de la salade, des cébettes. Le panier devient une belle variation de verts.
    A Sanary, admirer une exposition d’orchidées toutes plus magnifiques les unes que les autres. Certaines sont parfumées. On voit aussi des bonsaïs qui sont des petits pommiers en fleurs. On n’en avait jamais vu des comme ça.
    Passer un peu de temps à la librairie Baba Yaga et repartir avec quelques livres ; des policiers, et Dans la forêt, de Jean Hegland dont on a beaucoup entendu parler et au sujet duquel la libraire est dithyrambique. Laisser une commande.
    Poster deux lettres.
    Installer sur une étagère de la bibliothèque plusieurs reproductions de Rik Wouters.
    Ecrire quatre pages.
    Rater le bateau parce qu’on a trainé en chemin et donc avoir du temps pour lire en attendant le prochain.

  • Les pages du ciel.

    Lundi. Le ciel dans la colline. Il pare les amandiers en fleurs, les oliviers dansants et les restanques claires. Il s’allonge vers la mer et c’est un festival de bleus.
    Mardi. Ciel de vent. Les nuages font la course dans le mistral, mais ils ne rattrapent pas les oiseaux heureux de ces courants d’air qui les portent.
    Mercredi. C’est le ciel à la plage : immense et profond et bien plus large que tout décolleté. On s’y offre.
    Jeudi. Le gris du ciel est sans relief. Il a envahi tout autant les collines que la mer. Les gabians, eux, restent blancs, signes brefs que la clarté existe encore.
    Vendredi. On le regarde à l’est, car on se lève et on ouvre les volets. L’horizon est encore bouché de nuages soit gris soit violets, comme s’ils s’étaient couchés tard et voulaient retarder l’aube. Mais celle-ci est vaillante : elle pousse les nuages sombres de part et d’autre de la lumière du soleil qui s’avance, encore enveloppé d’une gangue de gaze blanche.
    Samedi. Ciel de l’après-midi à la fin du mois de février : pas un nuage, un azur impeccable du nord au sud et de l’est à l’ouest. Cette sobriété rassure, car elle annonce les ciels d’été qui sont assez semblables.