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stendhal - Page 2

  • La question du lundi : Lire le crayon à la main.


    Relire a toujours été un bonheur, surtout quand il s’agit de relire de bons et grands livres, en particulier de vrais romans qui ne cessent, à chaque lecture, de nous épater par leur brio, d’approfondir notre connaissance de l’humanité et de nous régaler d’une histoire plus réelle que la réalité-même et de personnages dont on est sûr qu’on va pouvoir les croiser un jour prochain, si ce n’est déjà fait. Ainsi de la relecture de La chartreuse de Parme, de Stendhal.
    On a toujours gardé le même volume qu’à la première lecture qui remonte à …. plusieurs dizaines d’années. C’est une édition Garnier-Flammarion sur la couverture de laquelle le héros porte un vêtement parme, justement. Il comporte 509 pages, dont une chronologie et une préface. Rien qu’en le regardant, des souvenirs reviennent. Cet automne où on l’a lu pour la première fois : sur les bancs de la cour du lycée pendant les récréations pour ne pas perdre de temps, dans le bus du retour pour les mêmes raisons, dans le fauteuil du salon près de la fenêtre quelques débuts de soirée en se penchant progressivement vers la vitre au fur et à mesure que le jour baissait jusqu’à ce qu’il faille se lever pour allumer la lampe et ainsi voler quelques secondes à la lecture, dans le lit le soir et jusqu’à une heure avancée de la nuit. Le genre de livre inlâchable. On se souvient aussi des autres relectures, un été en Toscane (La chartreuse de Parme se termine sur le mot Toscane), un été à Rome car on avait perdu Promenades dans Rome, laissé sans doute dans un autobus et on n’avait plus que La chartreuse à portée de main. Au fur et à mesure des pages, des signets, des astérisques – souvent le prénom Fabrice souligné.
    Contre le livre, sur l’étagère, il y avait un petit carnet. Il datait de la première lecture. Les noms des personnages, une petite carte de l’Italie tracée grossièrement sur laquelle étaient situées quelques villes italiennes, quelques mots italiens et leur traduction, des numéros de pages. Cela ne date donc pas d’hier cette habitude de lire un crayon à la main.

    D’où la question du lundi : Lisez-vous, vous aussi, un crayon à la main ?

  • Nouvelles provisions : « et sans songer au devoir de voir ».

    Comme il est bon, en voyage, de ne rien faire ! Voyager, ce n’est pas seulement visiter, visiter, visiter… Partir tôt le matin, rentrer tard le soir, avoir vu tout ce qu’il fallait voir, être allé là où il fallait aller… On l’a appris, cela, il y a longtemps quand, lors d’un premier voyage à Rome, on avait lu les Promenades dans Rome, de Stendhal. On se permet ici de l’imiter, car on sait qu’il ne nous en voudra pas : « Nous avons goûté le bonheur d’être sur les bords du lac de Côme en toute liberté, et sans songer au devoir de voir ».
    Ainsi, on a ouvert les volets et on a regardé le lac. On a rendu visite aux familles canards juste en bas. On a discuté météo avec Marco mais on n’a pas pris de bateau. On est allé chercher quelques enveloppes à en-tête de l’hôtel. On a fait le tour de Torno. (C’était rapide.) On a salué la religieuse qui ouvre et ferme l’église. On a pris un café au Bar Italia. On a discuté avec la patronne en mélangeant le français, l’anglais et l’italien. On a parcouru les journaux. On a bu de l’aqua frizzante. On a mangé une pizza. On a bu encore un café. On a regardé le lac. On a fait la sieste. On a lu. On a regardé les bateaux passer. On a écrit. On est resté sur un banc, à l’ombre, mais toujours face au lac. Quand la soirée fut bien avancée et que les habitants du lieu semblaient avoir tous quitté leur maison pour se retrouver sur la place, et bien, on y est allé aussi.