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Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour - Page 1195

  • C’est dimanche matin, en mai.


    Avant d’aller déjeuner en famille, aller chercher un Opéra à La Praline, la pâtisserie des Lônes, car c’est là qu’il est le meilleur.
    Pour cela, traverser le port de Sanary et acheter un bouquet de pivoines roses. Traverser aussi le marché bien ombragé et prendre chez l’Italien de quoi faire de la panna cotta dans la semaine.
    Au bout du marché, tourner à gauche et passer le pont au dessus de la Reppe. Avec d’autres, grands et petits, regarder les canards.
    Rejoindre le marché des Lônes. Prendre quelques asperges et de jolis abricots. Regarder les vêtements d’été, si légers. Hésiter devant un joli chapeau de paille.
    Arriver à la pâtisserie.
    Faire la queue. Il y a toujours du monde.
    Dire bonjour, parler du temps, du vent, mais il fait bon quand même.
    Prendre l’Opéra. Du pain.
    Repartir en longeant la plage, le gâteau au bout des doigts dans sa boîte en carton.
    Il fait un temps parfait : du soleil, une légère brise. La mer est d’un joli vert.
    Arriver là où on doit aller : dès l’entrée, cela embaume le poulet rôti.

  • C’est moi qui l’ai fait.


    Arriver plus tôt à l’Amap pour avoir le temps de cueillir des fraises avant la distribution des paniers.
    Se retrouver dans le champ, au soleil.
    Cueillir des fraises, mais seulement les plus avancées, celle qu’on ne peut mettre dans les petites barquettes du panier.
    Bien veiller à couper net la tige de la fraise ; nettoyer le plan aussi en enlevant les feuilles mortes.
    Rentrer à la maison, chargée du panier et de la grande boîte de fraises qui embaume.
    La poser sur le plan de travail.
    Peser.
    Sortir la grande bassine.
    Equeuter les fraises en écoutant Alain Duhaut.
    Peser.
    Mettre le même poids de sucre.
    Ajouter quelques fleurs de badiane, un peu de vanille.
    Faire cuire tout de suite.
    Remuer constamment tout en continuant à écouter de la musique.
    Répondre : « Je fais de la confiture de fraises » au voisin qui passe, s’arrête près de la fenêtre et dit : « Mais ça sent encore bon par ici ! ».
    Quand la confiture est cuite, mettre en pots.
    8 pots.
    Savoir qu’on aura le bonheur d’offrir ses confitures en disant : j’ai aussi cueilli les fraises !