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Sur le bureau de Patti Smith.

Glaneurs de rêves est un des livres emmenés pour passer la journée. Beaucoup de délicatesse dans ces pages douces et quelques illustrations qu’on a bien le temps de regarder en laissant ensuite l’esprit vagabonder.
On s’arrête sur la description du dessus du bureau de l’auteur, Patti Smith car on aime voir les bureaux des écrivains, comme on aime d’ailleurs aussi lire leurs correspondances :

« Au-dessus de mon bureau est accroché un portrait de petite taille – du XV° siècle flamand. Il ne manque jamais, quand j’y pose les yeux, de me faire sursauter, sursaut suivi d’une étrange bouffée de chaleur, d’une reconnaissance. Peut-être est-ce la sérénité de l’expression, ou peut-être sa coiffe – un tissu fragile qui encadre le visage comme les ailes d’un énorme phalène diaphane. »

On reconnait ce portrait, familier des livres de peintures flamandes, même si sur l’instant on ne peut nommer son auteur. C'est une jeune femme ; sa taille est fermée par une large ceinture ; les cheveux sont sous une coiffe recouverte de gaze blanche, soigneusement fixée par des épingles dorées qui créent aussi des plis délicats. Ses mains sont jointes, l’une sur l’autre, une bague pour chacune et les doigts se crispent ; elle ne semble pourtant pas avoir froid ; plutôt réfléchir. Elle a encore les yeux baissés mais on peut imaginer qu’elle est prête, une fois sa décision prise, à s’élancer d’un pas léger qui fera voleter les pans de sa coiffe blanche.
C’est peut-être à cette reconnaissance-là que Patti Smith fait allusion : quand une femme est songeuse, avant d’agir.
Et, comme maintenant on peut en plus d’un petit livre en papier emporter avec soi aussi des bibliothèques, on peut retrouver l’identité du tableau : c’est un portrait de femme, de Rogier Van Der Weyden, qui date de 1460. On se souvenait du rouge de la ceinture, du noir du vêtement, du rosé de la peau.

Commentaires

  • Glaneurs de rêves... une belle lecture, Une belle lecture du sens de ce tableau, cette femme qui réfléchit avant d'agir, qui se sent prête à danser sa vie... oui, ce moment là est puissant. Douce journée à toi Séraphine, à bientôt. brigitte

  • Dignité de la pose, concentration, ai-je lu sur le site de la National Gallery où j'ai retrouvé ce portrait avant de relire ton beau billet. Tu me donnes fort envie de lire ces "Glaneurs de rêves", d'autant plus que je n'ai jamais rien lu de Patti Smith. Bonne journée, Marie, tout en douceur.

  • Je lis que les "glaneurs de rêve" sont des créatures étranges parées d’une cape, de bottes et vivant dans les nuages.
    Pause; fermer les yeux et les "voir"!
    Merci beaucoup, mes amitiés.

  • Je ne sais pas pourquoi mais le temps n'etait pas à la lecture de ce livre. J'ai pris poussière d'etoile ensuite de thomas Merton. Je vais attendre et le relire. Tes mots m'y incitent. Bises.

  • Très beau , en effet , le portrait de la jeune flamande, de Van der Weyden !
    On pense que cette jolie anonyme est la fille bâtarde de Philippe le Bon , Duc de Bourgogne , des Flandres , de Frise et autres lieux ... , lequel avait de nombreux bâtards . J'admire tout ce qu'a réalisé ce peintre sublime . Comme quoi, avec Patti Smith, , et vous même, on voyage au XVe siècle !

  • Merci pour cette belle évocation d'une peinture de chez nous. Il y a quelques années, je suis allée le voir à Leuven. Cette finesse est obtenue grâce à la technique des 'glacis en peinture. De fines couches de pigments et de médium que l'on laisse chaque fois sécher. Avec de l'acrylique... c'est jouable. L'huile met longtemps à sécher. Parfois 15 jours. Il faut donc travailler sur plusieurs tableaux. J'ai eu un mari qui était très calé... dans l emploi de cette technique. J'ai beaucoup appris en le regardant travailler. Et j'aimais ça.

    Les Primitifs flamands font partie de mes peintres préférés... puis les impressionnistes. Puis Winterhalter.
    Mais aussi les peintres du Siècle d'or hollandais...

  • Je dirais même que la peinture flamande... c'est un morceau de mon coeur... Je ne peux pas l'expliquer. Être devant un tableau que j'aime peut me rendre profondément heureuse.
    Et c'est encore mieux quand on peut le partager...

  • Même si à l'austérité d'un Rogier Van Der Weyden, je préfère la sensualité d'un Vermeer, je trouve ce portrait fascinant. Tout est dit dans le contraste de la crispation des mains et la légèreté de papillon de la coiffe de gaze. A quoi pensait-elle ?
    Si un film devait l'illustrer, Laura Smet pourrait tenir le rôle, la structure de son visage est totalement médiéval.

  • "quand un être cher nous donne un livre à lire, c'est lui que nous cherchons d'abord dans les lignes, ses goûts, les raisons qui l'ont poussé à nous flanquer ce bouquin dans les mains, les signes d'une fraternité" Daniel Pennac

  • J'aime la chanteuse mais si je n'étais vraiment pas vieille à ses heures de gloire, mais je ne connais pas encore l'écrivain. Je vais remédier à cette lacune.

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