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Humanités.

Ce poème d’Aragon, Un jour, un jour, déjà publié ici par deux fois. Jean Ferrat l’a merveilleusement chanté.

Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au-dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l'avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages

Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Commentaires

  • La chanson a beaucoup aidé à diffuser la poésie. surtout celles de Ferrat, Ferré.
    J'habite tout près du Moulin d'Elsa Triolet ( et d'Aragon) déjà visité 3 fois.... où ils reposent dans le jardin tous les deux.

  • Lorca, la dictature, tous à genoux, tu sais que tout cela me touche de près.
    Mais cette couleur d'orange, sans" baillons pour la bouche", cet espoir.
    Merci à toi, `à Aragon.

  • "Le massacre toujours justifié d'idoles"...
    Magnifique poème qui relate toute la violence et toute l'espérance.

    Bonne et douce journée, Marie !

  • Magnifique !
    Douce journée Marie, bisous, gros câlins à tes Félins

  • Ah ! Si tu mets Aragon, alors je craque... Quelle beauté, quelle merveille !!! Merci Marie de ce rappel qui touche si profondément notre actualité et qui pourtant, sait encore demeurer espérance !

  • Superbement dit, mais rêver qu'un jour cela puisse aller mieux.....Hélas!! C'est à chacun de nous de donner l'exemple de l'humanité; en espérant que cela fasse tache d'huile........Cette grave crise que nous traversons est sans doute le signe d'une réaction, de voir enfin ce que nous devons changer, le gouvernement mais nous aussi, chacun à notre niveau.

  • J'ai adoré ces poèmes... mis en chanson ou non. J'avais dix sept ans :-) ça compte !

  • Magnifique ! Je vais chercher la version chantée par Jean Ferrat, je ne la connais pas.

  • Il n'y a plus qu'à espérer que le jour couleur orange viendra!
    Bonne journée

  • Oh , merci à vous d'avoir publié ce poème devenu si belle chanson et qui reste malheureusement intemporel .
    ;Dans cette période , il faut vraiment que notre cœur s'efforce de ne pas se résigner et garde l'espoir de voir un jour ce fameux jour couleur d'orange.
    Mon cœur a été doublement touché , car cette chanson ainsi que toutes les autres de l'album de Marc Ogeret chante Aragon ont accompagné les derniers jours passés dans une chambre d 'USLD à tenir la main de ma mère qui s'en allait début septembre après 12 ans d'un féroce Alzheimer . Quand j'étais petite , ma mère écoutait en boucle les poèmes d' Aragon chantés par Jean Ferrat ou Marc Ogeret ( elle aimait sa belle voix grave ) , ce disque s'est imposé alors qu'il y en'avait de nombreux autres qu'elle aimait et que j'aurais pu mettre aussi , La chanson " j'entends , j'entends " a pris un sens différent , elle ne parle pas d’Alzheimer et pourtant j' y trouve nombreuses phrases qui disent bien mieux que moi ce que j'ai pu ressentir au cœur de cette chambre , main dans la main à vivre ce moment si particulier d'une vie .
    Je sais que dans quelques temps , j'aurai plaisir à lire votre livre .
    Lectrice timide de l'ombre de votre blog que j'aime beaucoup , Louis Aragon me permet aujourd'hui de vous remercier au grand jour : merci à vous Marie et merci aussi à Louis Aragon !

  • Merci. C'est la voix de Jean Ferrat qui m'arriva à l;esprit, en relisant ce poème d'Aragon.(l'adolescence). Je pense aller dans le grenier rechercher le vinyle de Jean Ferrat , et en même temps est-ce que je ne me dirige pas vers un moment trop nostalgique?....

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