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Pistes pour le mois d’octobre.

S’aimer comme on est : imparfait.
Voici une piste difficile à suivre, comme celle qu’on a suivi ces derniers jours dans un massif forestier touffu. Elle était à peine visible car depuis fort longtemps sans doute aucun marcheur ne l’avait empruntée et que pour les chèvres seules elle était devenue familière. Pourtant, en regardant bien où on mettait les pieds, en n’hésitant pas à s’égarer en se dirigeant parfois trop à droite ou trop à gauche ou trop tout droit ce qui obligeait à revenir en arrière pour la retrouver, cette trace sinueuse et imparfaite, a mené à une belle clairière baignée de soleil où il fut bon de rester dans un calme d’oiseaux et de ramures chantants.
Ce chemin, il n’était « pas ». Pas droit, pas clair. Il était « trop ». Trop pentu, trop glissant, trop pierreux. Il n’était « pas assez ». Pas assez précis, pas assez lisible, pas assez large. On pouvait se demander si, tout compte fait, il se connaissait lui-même car comment cela pouvait-il se faire qu’un chemin n’en soit pas vraiment un puisqu’on ne voyait pas toujours vers où il voulait aller ? C’est quand on a accepté ce qu’il était, une trace, une ébauche de trace même, qu’on l’a mieux compris et qu’on l’a mieux suivi. D’ailleurs, après la clairière, allez savoir pourquoi, on pouvait le suivre sans le chercher pour monter au sommet et regarder l’horizon.
C’est peut-être ce que nous devons faire pour être nous-mêmes : ne pas être suffisamment précis quand on ne sait pas tout à fait encore qui on est ni où on va ni comment, ne pas s’astreindre à être sûr de soi, à être irréprochable, inaltérable, inoxydable, quelqu’un qui va bien droit devant, qui répond aux attentes, si fortes, trop fortes. Nous avons tous nos pierres qui ralentissent notre marche et qui nous font glisser, nos pentes qui nous essoufflent, nos indécisions pour savoir s’il faut faire comme ci ou comme ça, nos limites parce qu’on ne peut pas ou qu’on ne sait pas…
La petite trace dans la forêt ne pouvait pas être à la fois cette piste parfois illisible et un grand chemin bien net balisé de temps en temps par une marque sur un arbre, de ces chemins que tout le monde connaît, fixés sur des cartes. Immuables ? Peut-être qu’elle avait rêvé d’être un chemin parfait ? Comment connaître les rêves d’une trace dans la colline ? Mais on veut croire que quand elle a vu autour d’elle pousser les herbes folles, cavaler les pierres, se dessiner sur sa terre les sillons de la pluie, elle s’est trouvé sacrément belle.


Commentaires

  • Joli sujet de réflexion ,…qui nécessite un peu de temps ! Choisir, gérer ce qui vient, avancer, penser et voir le creux entre la pensée et l’action, douter, reprendre pied…Vieillir me réserve beaucoup de surprises , de remises en question et d’apprentissages, d’adaptations.

  • En vivant, oui, c'est comme si on devait chaque jour prendre son bâton de pèlerin ....
    Merci pour ce commentaire.
    Bonne journée.

  • Un très beau texte pour une réflexion constructive... Merci à toi. Quelque soit l'imprécision du chemin c'est lui qui est intéressant et qui charpente une vie. Belle journée à toi.

  • Que j'aime ce mot "charpente" !
    Merci pour ton commentaire.

  • ta forêt ressemble à mon terril où j'allais hier encore, à la recherche des sentiers effacés par manque de promeneurs, où les ronces ont pris le pouvoir ... mais à force j'arrivais à la pointe fière de mes errances ... demain peut-être le ferais-je encore ...
    amitié .

  • Forêt, terrils, bois, montagnes, déserts, il y a partout des chemins. En ville aussi. Ils nous apprennent beaucoup si nous les regardons bien.
    Merci pour ton commentaire.

  • Il serait bon que je relise ce texte chaque matin en me levant... Merci beaucoup, Marie.
    Gros bisous et belle journée à toi.

  • Heureuse de constater que ce texte peut t'inspirer !
    Merci pour ton commentaire.

  • continuons à marcher dans de beaux chemins, voilà un billet très poétique à lire et relire

  • Je suis heureuse à l'idée que ce texte puisse être relu. Merci pour ce commentaire.

  • Extraordinaire écriture digne d'un Grand Ecrivain...., Marie. Ecrivaine tu es. J'affirme. J'adore.... tu vas si loin dans la réflexion..... et tes images tellement parlantes. Si symboliques !
    merci à toi.
    Doux week-end à venir, ...avec le sourire ce vendredi 1er jour d'octobre... car c'est sa journée internationale qui mérite qu'on y réfléchisse et l'adopte...du bonheur qui se lit sur les lèvres et qui illumine notre visage !

  • Je suis très touchée par ce compliment qui me va droit au cœur ! Ecrire est essentiel pour moi, une façon de vivre. Et je le fais souvent après avoir suivi des petits chemins.
    Je t'envoie un sourire ! Merci pour ton commentaire.

  • Je garde surtout cela :"S’aimer comme on est : imparfait."
    Cela m'occupera déjà pas mal en octobre...
    Et aussi le faire comprendre à d'autres personnes.

  • Tout pareil... Même si toute ta page est magnifique et mérite d'être lue et relue.
    Merci pour ces pistes de réflexion.
    Bises et douce journée.

  • S'aimer comme on est : un programme quasiment pour toute une vie !
    Merci pour ton commentaire.

  • Bonjour. C'est un texte parfait. :-) Un très beau texte qui nous rappelle que nous avons le droit à l'erreur et nous avons le droit de nous pardonner. J'ai été éduquée pour être la plus performante possible, partout et on m'a souvent dit plus tard que j'étais perfectionniste. Etre perfectionniste, c'est bien mais parfois, ça l'est moins. Combien d'employeurs profitent de ces collaborateurs qui veulent toujours en faire plus? Et combien d'entre eux terminent avec un burn out. Allez, venant d'un pays de glisse, je m'autorise maintenant à glisser et à tomber un peu plus qu'il fut un temps. Bises alpines.

  • C'est tout à fait cela qui arrive à bon nombre d'entre nous : le désir d'être parfait qui fait tout oublier des creux et des bosses du chemin. Or, en tombant, on apprend aussi...
    Merci pour ton commentaire.

  • Une belle réflexion . Ce chemin devient vraiment trés difficile quand on vieillit , à l'imperfection s'ajoute beaucoup de difficultés supplémentaires.
    Belle journée !

  • L'imperfection n'est pas une difficulté pour moi. C'est un fait. Cela devient une difficulté quand on est sous pression parce que l'entourage ou la société nous veut parfait. Ce qui n'est pas possible. Et en plus, oui, si la maladie s'installe, les épreuves s'ajoutent aux épreuves, on a l'impression qu'on ne peut plus que se laisser tomber. Or, se lever le matin en se disant qu'on fera simplement le mieux qu'on pourra, je trouve que c'est un beau projet.
    Merci pour ton commentaire.

  • Une trace, qui zigzague, pas nette, pas vraiment réelle, mais...qui débouche sur la beauté, dans la colline ou dans la vie, il faut la suivre envers et contre tout !
    Belle journée

  • Oui ! Surtout, ne pas la perdre de vue, cette trace !
    Merci pour ce commentaire.

  • Découvrir ces petits sentiers si pleins de charme, pas parfaits mais si charmants, cela vaut quelques ronces et des épines !
    Je me souviens de ces nouveaux itinéraires dont je revenais joyeuse d'avoir trouvé le passage...
    Avec les ans on n'a plus la force d'aller ainsi à l'aventure et puis la vie se charge de nous apporter des épreuves...

  • Oui, c'est vrai. Mais on peut aller à la découverte d'un chemin plus aisé à pratiquer, en ville ou même dans un parc. Il y a toujours à regarder autour de soi.
    Merci pour ce commentaire.

  • Je pensais bien sûr à d'autres chemins qui avec le temps deviennent difficiles à franchir même si on doit aller de l'avant malgré tout...

  • Une fois de plus, la métaphore du chemin illustre votre manière
    de penser et donc de vivre, Marie !

    Commencer octobre sous le signe de l’humilité,
    vertu de moins en moins pratiquée, voilà un rappel
    qui me va droit au cœur en me remettant….
    sur le droit chemin !

    Chaque matin, dans ma salle de bains, je m’imprègne
    du contenu d’une sentence affichée en bonne place :
    « Avance sur ta route car elle n’existe que par ta marche » .
    Offerte comme marque-pages, elle s’inscrit dans le prolongement
    de votre texte si agréable à approfondir et donc, chère amie,
    vous voilà à égalité avec…Saint-Augustin !
    Votre humilité va être mise à rude épreuve !

  • Bigre.... Saint Augustin... Alors là, je ne sais plus quoi dire...
    Merci pour ce commentaire.
    J'ai gardé en mémoire une phrase de Faulkner, dans Sartoris, je crois : l'important est d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu'on les poursuit.

  • Merci beaucoup. Chaque commentaire me touche.

  • Merci pour ce très beau texte qui amène à réfléchir sur notre vie. A relire et relire

  • Merci pour ce commentaire. Je suis très touchée que ce texte puisse être relu... C'est important dans notre monde où la vitesse est reine.

  • Il est difficile de se défaire de ces éducations où l'on devait être parfaites, performantes dans tous les domaines, opérationnelles sur tous les fronts.... Oui, ton très bel écrit nous aide à trouver un chemin plus humble, plus vivable, et infiniment plus humain.
    Mille Mercis Marie, et bises.

  • Merci pour ton commentaire. Si nous pouvions, oui, remettre l'humain au centre de notre monde, ce serait magnifique.

  • De rien ! C'est un plaisir pour moi d'écrire et... d'être lue !

  • Comme on se rejoint, je viens de publier un article qui se termine sur ce thème ( l'antan- le remaillage)

  • Eh bien, j'irai le lire, promis !
    Merci pour ce commentaire.

  • Je suis touchée qu'on ait envie de relire ce texte plusieurs fois peut-être... Donc, prendre du temps.
    Merci pour ton commentaire.

  • En te lisant, je pense à ces mots de Borgès dans son plus grand livre Le labyrinthe :
    "N'attends pas de la rigueur du chemin
    Qui, obstiné, bifurque dans un autre, qu'il ait de fin. N'attends pas de la rigueur du chemin
    Qui, obstiné, bifurque dans un autre,
    Qui, obstiné, bifurque dans un autre, qu'il ait de fin. N'attends rien.."
    Trace ton chemin même s'il semble se perdre dans la broussaille. Tu nous amènes à méditer. A partir d'une réalité, recomposer la sienne ou sa propre leçon de vie. La nôtre mais bâtie sur un échange avec d'autres. comme tu le fais!

  • Comme je suis émue de cette citation de Borgès, un écrivain que j'admire. Elle est magnifique. Et je suis touchée qu'on puisse, en me lisant ici, penser à Borgès !
    Merci pour ce commentaire.

  • Savoir s'accepter tel que l'on est avec ses qualités et ses défauts. Cela n'implique pas du laisser aller. Au contraire !!

  • Tout à fait ! Cela demande aussi de la vigilance.
    Merci pour ce commentaire.

  • Une piste est un chemin peu ou mal tracé, où il faut tâtonner, bifurquer, revenir sur ses pas et humer l'air. laisser faire son intuition. Et avancer.
    Merci pour ce magnifique texte que je reviendrai lire durant ce mois.

  • Je suis contente que tu viennes ici le relire...

  • C'est tout à fait vrai. On ne peut pas tout avoir. Comme on ne peut pas tout. Parfois, les choix sont difficiles mais ensuite l'esprit est libéré.
    Merci pour ce commentaire.

  • merci pour ce beau texte qui fait réfléchir . Accepter son imperfection demande lucidité et humilité et prend du temps ...et conduit vers la tolérance et la bienveillance .
    J'aime beaucoup les expressions "rester dans un calme d' oiseaux et de ramures chantants" et "les rêves d'une trace dans la colline"

  • Surtout que la tolérance et la bienveillance sont devenues bien rares dans notre société si agressive et si difficile.
    Merci pour ce commentaire.

  • Bravo Marie pour ce très beau texte riche d'un enseignement précieux. Oui, se comparer à ce petit chemin fait vraiment du bien.

  • Merci beaucoup !
    Oui, un tout petit petit petit chemin !

  • Moi aussi je t'embrasse et je ne t'oublie pas. Je sais que tu es là.

  • et je vais partager
    ce magnifique texte
    encore merci

  • Vous êtes vraiment très gentille d'aimer tellement ce que j'écris !
    Merci !

  • mais non Marie
    c'est moi (nous) qui vous remercie bonne journée

  • Cette petite sente a dû être frayée par un animal. En la suivant, vous avez emprunté une voie sauvage, peut-être celle de votre propre sauvagerie!

  • Un commentaire qui me fait réfléchir... Dans un sens, oui.
    Merci !

  • Merci infiniment Bonheur du jour pour ce magnifique texte ce qui me fait dire que dans la vie, nous devons avancer même si parfois le chemin se perd. Avec patience, nous le retrouverons pour aller plus loin. Je vais le relire plusieurs fois. Merci.
    Belle journée

  • Je suis touchée que mon texte vous plaise. Oui, avancer. Tant qu'on le peut, comme on le peut, du mieux qu'on le peut.
    Merci pour votre commentaire.

  • Quel joli texte, je le relirai, car il reflète tout à fait mon état d'esprit depuis quelques temps. C'est si bien écrit Bonheur du Jour. Merci !
    Amitiés du Berry

  • Merci pour ce gentil compliment et je suis touchée que mon texte puisse être relu.

  • Très beau texte, philosophie d'une bienveillance avec soi que je fais mienne !

  • Alors, je suis comblée !
    Merci pour ce commentaire.

  • Merci, chère amie. La délicatesse compte pour moi dans ce monde où la violence se répand si vite.

  • merci, Marie, de ce très beau texte. A propos...je viens de lire "avec la vieille dame", très dur mais très vrai, j' y retrouve beaucoup de mon expérience d' infirmière et de mes colères devant certaines situations vécues par les personnes "âgées"...alors que cela pourrait et devrait être différent. Je vous connais par l' intermédiaire de ma fille qui vous a rencontrée et viens de m' abonner à la Newsletter. A bientôt

  • Merci infiniment d'avoir lu Avec la vieille dame. Alors là, cela me touche tellement ! Je voulais tellement que ce livre puisse simplement aider.
    Merci aussi pour votre inscription à la newsletter qui me montre votre intérêt pour mon blog. Je ne connais pas votre fille personnellement mais les amitiés via les blogs comptent aussi beaucoup.

  • Bel éloge de l'imperfection, merci de nous montrer ce chemin d'acceptation de soi, Marie.

  • S'accepter imparfait. Tout un programme !

  • Merci pour ce commentaire. Oui, il faut faire, chaque jour, du mieux qu'on peut.

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